Niveau · Intermédiaire

Genévrier de Chine en bonsaï

Juniperus chinensis

Fiche botanique de l’espèce : Genévrier de Chine →
Emplacement
Extérieur
Protéger les racines en dessous de
-10 °C
Bonsaï de genévrier de Chine au tronc incliné strié de bois mort blanc argenté, portant une couronne dense de feuillage vert sombre, dans une coupe rectangulaire brune devant un mur blanc.
Photo : Peter coxhead — CC0 1.0

Du ‘Shimpaku’ aux vieux sujets sculptés de bois mort, le genévrier de Chine est l’un des grands classiques du bonsaï. Il pardonne une ligature énergique mais pas une taille qui le prive de feuillage : son feuillage est le moteur de l’arbre. Il convient aux débutants attentifs comme aux amateurs avancés.

Emplacement

Le genévrier de Chine est un arbre d’extérieur, en toute saison. Placez-le en pleine lumière toute l’année, dans un endroit ensoleillé. Il ne peut pas vivre durablement à l’intérieur ; vous pouvez l’exposer un jour ou deux dans la maison pour une présentation, puis il doit retourner dehors. En plein été, si le pot est peu profond, abritez-le des heures de soleil les plus brutales.

En hiver, il reste dehors pour profiter de son repos, mais ses racines, en pot, gèlent bien plus vite qu’en pleine terre. Protégez-les quand les températures descendent sous -10 °C environ, par exemple dans un châssis froid, et évitez-lui les gels prolongés. Il arrive que le feuillage prenne une teinte brun violacé pendant les froids : il reverdit au printemps.

Substrat

Les racines du genévrier sont très fines : elles demandent un substrat à petits grains, aéré et très drainant. Un mélange à parts égales d’akadama et de kiryu convient bien ; un mélange de base pour bonsaï associant akadama, pierre ponce et pouzzolane, à parts égales, fonctionne aussi, en ajoutant un peu plus de pouzzolane sous un climat humide. Un peu de charbon de bois dans le mélange aide à adoucir l’effet d’une eau calcaire.

Arrosage

Arrosez à l’observation : laissez la surface sécher légèrement, puis arrosez à fond jusqu’à ce que l’eau ressorte par les trous de drainage. Le genévrier de Chine supporte un peu de sécheresse, mieux que le genévrier rigide, mais la motte doit rester légèrement humide toute l’année et ne jamais sécher complètement. Évitez surtout l’excès d’eau. Une brumisation régulière du feuillage lui fait du bien, en particulier après un rempotage.

Engrais : pendant la saison de croissance, des granulés organiques une fois par mois ou un engrais liquide une fois par semaine. Au printemps, une formule plus riche en azote stimule la pousse ; n’en donnez pas à un arbre fraîchement rempoté.

Taille

Le feuillage est le moteur du genévrier : ne retirez jamais trop de végétation en une fois. Il ne repart pas du bois nu : gardez toujours du feuillage sur chaque branche que vous voulez conserver.

Pendant la croissance, coupez à leur base, avec des ciseaux fins et bien affûtés, les pousses longues qui dépassent de la silhouette. Laissez d’abord la pousse s’allonger un peu, et ne raccourcissez la plus vigoureuse que s’il reste assez de pousses vertes. Ne le tondez jamais comme une haie : supprimer toutes les extrémités en croissance l’affaiblit et fait brunir le feuillage. Si des aiguilles juvéniles, piquantes, réapparaissent, c’est le signe d’une taille trop forte.

Éclaircissez à la base les coussinets devenus trop denses : la lumière et l’air doivent atteindre l’intérieur, sinon le feuillage intérieur meurt et les ravageurs s’installent. Un arbre sain supporte bien une taille de structure importante, à condition de garder du feuillage sur chaque branche.

Le bois mort est l’une des signatures du genévrier : jin sur les branches, shari le long du tronc. Les veines vivantes qui alimentaient une branche morte sèchent et deviennent un bois blanc argenté, qui évoque la lutte de l’arbre contre un milieu rude, comme l’arbre « Omiya », un genévrier de Chine de quelque deux cent cinquante ans conservé dans la collection nationale britannique de bonsaïs.

Ligature

Ligaturez de l’automne à la fin de l’hiver. Au printemps, la sève circule fort et l’écorce se détache facilement : évitez cette saison. Les jeunes branches se plient très bien, et l’espèce accepte des courbes marquées ; protégez les branches épaisses avec du raphia humide ou du ruban avant de les plier. Le cuivre convient aux conifères ; l’aluminium est plus facile à manier pour débuter.

Choisissez un fil d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche, enroulé à 45° environ, et câblez tout l’arbre avant de plier. Après l’éclaircissage, étalez les coussinets en éventail pour que chaque rameau reçoive la lumière : l’arbre ne doit pas ressembler à un brocoli. Méfiez-vous du bois mort, qui casse net ; sur une grosse branche ancienne, on peut fendre le bois mort pour plier la partie vivante, plus souple. Retirez le fil avant qu’il ne s’incruste, en le coupant à chaque spire. Les branches trop rigides se descendent avec un hauban. Ne ligaturez pas un arbre faible ou fraîchement rempoté.

Rempotage

Rempotez environ tous les deux ans au début du printemps, plus rarement pour un vieux sujet. Sortez l’arbre du pot : si les racines tournent autour de la motte, il est temps ; sinon, attendez l’année suivante. Démêlez les racines avec une baguette, sans retirer plus d’un tiers environ du chevelu, puis installez l’arbre dans un substrat frais. Ensuite, gardez-le à l’abri du vent, du soleil brûlant et du gel, et brumisez le feuillage.

Styles : le genévrier se prête aux formes tourmentées, au style incliné à bois mort, à la cascade, aux troncs multiples et à la forêt. Multiplication : boutures de bois de l’année précédente au printemps, avec une hormone de bouturage ; semis ; marcottage aérien au début du printemps, en attendant parfois deux saisons avant de sevrer. Le marcottage permet aussi d’améliorer un sujet de pépinière.

Ravageurs et maladies : un arbre sain, bien exposé, résiste bien. Surveillez, même en hiver, les acariens, les cochenilles et les pucerons du genévrier, les mineuses des aiguilles et les chenilles tisseuses. La rouille est la menace la plus sérieuse : elle forme des galles sur le genévrier et alterne avec poiriers, aubépines et pommetiers. Elle ne se soigne pas et un bonsaï atteint dépérit souvent ; ne compostez pas un arbre contaminé. Les genévriers au feuillage bleu-vert y résistent mieux que ceux au feuillage jaunâtre.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Au début du printemps, rempotez les sujets qui en ont besoin, environ tous les deux ans, sans tailler trop de racines. Reprenez l’engrais avec la croissance, plus riche en azote pour stimuler l’arbre. Bouturez le bois de l’an passé et posez les marcottes. Évitez la ligature : la sève monte fort et l’écorce se décolle facilement.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil, mais un pot peu profond se protège du soleil le plus brûlant. Arrosez dès que la surface commence à sécher et brumisez le feuillage. Pincez ou coupez à leur base les pousses qui dépassent de la silhouette, sans jamais tondre l’arbre. Inspectez les coussinets denses à la recherche d’acariens.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Saison de la ligature, qui se poursuit jusqu’à la fin de l’hiver : écartez les branches, étalez les coussinets éclaircis et protégez l’écorce avant de plier les grosses branches. Poursuivez l’engrais tant que l’arbre pousse et arrosez toujours selon le séchage du substrat.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Dehors, en repos. Protégez les racines sous -10 °C environ, dans un châssis froid, et tenez l’arbre à l’écart des gels prolongés. Un feuillage brun violacé est normal. Surveillez l’humidité du substrat, cherchez cochenilles et galles de rouille, et vérifiez que les fils ne marquent pas l’écorce.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 12 octobre 2026

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