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Pin noir du Japon en bonsaï

Pinus thunbergii

Fiche botanique de l’espèce : Pin noir du Japon →
Emplacement
Extérieur
Protéger les racines en dessous de
-4 °C
Bonsaï de pin noir du Japon au tronc épais, sinueux et couvert d’une écorce crevassée, penché en arc vers la gauche, aux aiguilles vert foncé en touffes, dans une coupe ovale brune.
Photo : Sarah Stierch — CC BY 4.0

Le pin noir du Japon est le pin classique du bonsaï : écorce épaisse et crevassée, aiguilles sombres et raides, silhouette puissante. Vigoureux et résistant, il pardonne bien des erreurs d’arrosage, mais sa technique propre, la suppression des chandelles qui provoque une seconde pousse en été, demande de la précision et un arbre en pleine santé. C’est un projet de long terme pour amateur averti.

Emplacement

Le pin noir du Japon est un arbre d’extérieur. À l’intérieur, il ne survit durablement qu’en serre. Donnez-lui le plein soleil toute la saison de croissance, le plus longtemps possible dans la journée : à l’ombre, les aiguilles s’allongent, la ramure intérieure dépérit et l’arbre perd sa vigueur. Il supporte très bien la chaleur, au-delà de 38 °C quand l’air est humide. En plein été, protégez seulement le pot du soleil direct, car les racines peuvent chauffer dans un contenant exposé.

L’arbre est rustique, mais ses racines, en pot, sont exposées au froid. Emballez le contenant dès que le gel approche -4 °C, même brièvement ; si le froid se prolonge sous ce seuil, abritez l’arbre dans une serre froide. Quand la motte est gelée, mettez-le aussi à l’abri des vents glacials.

Un pin cultivé correctement reste en général sain. Surveillez pucerons, adelges cotonneux, cochenilles et chenilles ; les acariens laissent de petites taches rougeâtres sous les aiguilles et se délogent au jet d’eau. Les champignons provoquent le dessèchement des pousses et la chute des aiguilles, et un substrat détrempé fait pourrir les racines. Le nématode du pin, transmis par des longicornes attirés par les arbres affaiblis, fait jaunir puis brunir l’arbre entier en quelques semaines : il n’a pas de traitement. Une même chute d’aiguilles peut avoir plusieurs causes : observez avant de traiter.

Substrat

Le pin noir exige un substrat très drainant. Un mélange d’akadama et de pierre ponce à parts égales lui convient bien. Les jeunes arbres en formation apprécient une part plus importante de matériau grossier ; les sujets âgés, davantage d’akadama.

Arrosage

Ce pin boit beaucoup, plus que le pin blanc du Japon, mais il déteste un substrat humide en permanence. N’arrosez pas à heure fixe : quand le substrat commence à sécher, arrosez à fond jusqu’à ce que l’eau ruisselle par les trous de drainage, puis laissez-le se ressuyer avant l’arrosage suivant, sans le laisser se dessécher complètement. Pendant la seconde pousse estivale, abritez l’arbre des longues périodes de pluie : trop d’eau à ce moment allonge les nouvelles aiguilles. Après la suppression des chandelles, gardez malgré tout une humidité régulière, même si l’arbre porte moins de feuillage.

Engrais : nourrissez abondamment au printemps, dès que les chandelles s’allongent, avec un engrais organique solide renouvelé au moins trois fois, à quatre semaines d’intervalle. Arrêtez au moment de la suppression des chandelles, puis reprenez quatre semaines plus tard, jusqu’au début de l’automne. Un arbre en développement peut être nourri plus largement, en marquant une pause pendant les semaines les plus chaudes.

Taille

La taille du pin noir repose sur la suppression des chandelles, qui déclenche une seconde pousse estivale aux aiguilles plus courtes, densifie la ramure, favorise de nouveaux bourgeons sur le vieux bois et équilibre la vigueur.

  • Quand : au début ou au milieu de l’été, sur des arbres sains. La date dépend du climat : plus tôt là où l’été est frais, plus tard dans les régions chaudes. Ne supprimez pas les chandelles d’un arbre faible, mal nourri ou rempoté au printemps, ni d’un arbre dont on veut encore épaissir le tronc.
  • Comment : coupez net chaque pousse de printemps à sa base, en laissant un court chicot avec quelques paires d’aiguilles, sans couper les aiguilles voisines. Laissez un chicot plus long sur les pousses vigoureuses, plus court sur les faibles. Sur un arbre déséquilibré, procédez en trois temps à une dizaine de jours d’intervalle : pousses faibles, moyennes, puis fortes.
  • En automne : ne gardez que deux pousses à l’extrémité de chaque rameau. Retirez les vieilles aiguilles et éclaircissez les nouvelles : gardez environ trois à sept paires sur les zones vigoureuses, sept à douze sur les zones faibles.
  • Grosses coupes : faites-les en automne ou en hiver, quand la sève circule moins. Réduisez la hauteur d’un arbre de pépinière progressivement, jamais plus de la moitié de la pousse par an ; un vieux pin ne supporte qu’une intervention lourde par saison de végétation.

Styles : il se prête à tous les styles sauf le balai : droit informel, penché, battu par les vents, lettré, semi-cascade ou planté sur roche.

Multiplication : semis au début du printemps, en ne gardant que les graines qui coulent dans l’eau ; les cultivars se greffent en fin d’hiver.

Ligature

Ligaturez du début de l’automne au début du printemps, avant le débourrement, ou juste après la suppression des chandelles, avant l’apparition des nouveaux bourgeons. Choisissez un fil d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche, enroulé à environ 45° : de l’aluminium sur les jeunes arbres, du cuivre recuit sur les branches et troncs épais. Surveillez-le et retirez-le avant qu’il ne s’incruste, en le coupant à chaque spire plutôt qu’en le déroulant. Pour une branche trop forte, utilisez un hauban, en protégeant l’écorce au point d’attache.

Rempotage

Rempotez au printemps, quand les bourgeons commencent à gonfler, et seulement lorsque les racines remplissent le pot : environ tous les deux ans pour un jeune arbre, tous les trois à cinq ans pour un arbre établi. Les racines vivent en association avec des champignons bénéfiques, les mycorhizes : ne mettez jamais la motte à nu, conservez au moins la moitié des racines et ne remplacez pas plus d’un tiers de l’ancien substrat à la fois. Couvrez les trous du pot d’une grille, tassez le substrat entre les racines avec une baguette, puis placez l’arbre trois à quatre semaines à l’abri du soleil fort et du vent, sans engrais. Un arbre rempoté au printemps ne subit pas de suppression des chandelles la même année.

La fiche du pin noir du Japon détaille sa culture au jardin.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Les chandelles s’allongent : nourrissez généreusement, à l’engrais organique solide, au moins trois fois à quatre semaines d’intervalle. Rempotez au début de la saison, quand les bourgeons gonflent, seulement si les racines remplissent le pot. Pleine exposition au soleil dès le débourrement.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Au début ou au milieu de l’été, supprimez les chandelles des arbres sains et bien nourris, jamais sur un arbre faible ou rempoté au printemps. Cessez l’engrais quatre semaines, gardez le substrat régulièrement humide et l’arbre en plein soleil. Abritez des longues pluies pendant la seconde pousse.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Reprenez l’engrais jusqu’au début de l’automne. Ne gardez que deux pousses au bout de chaque rameau et retirez les vieilles aiguilles en en laissant davantage sur les zones faibles. Saison favorable aux grosses coupes et à la ligature de structure.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

L’arbre reste dehors. Emballez le pot dès que le gel approche -4 °C et rentrez-le dans une serre froide si le froid dure ; abritez-le des vents glacials quand la motte est gelée. Ligaturez si nécessaire avant le débourrement, et arrosez seulement quand le substrat sèche.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 3 octobre 2026

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