Pins noirs du Japon aux troncs élancés et aux ramures étagées couronnant un îlot rocheux, au-dessus d’une mer bleu turquoise et sous un ciel sans nuage.
Photo : Yuniko (recadrage : MPF) — CC BY-SA 3.0

Famille · Pinaceae

Pin noir du Japon

Pinus thunbergii Parl.

Pin de Thunberg

Synonymes : Pinus thunbergiana, Pinus thunbergii var. oculus-draconis, Pinus thunbergii var. pendula, Pinus thunbergii f. multicaulis

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -29 °C
Lumière
Soleil direct
Eau
Arrosage rare
Difficulté
Intermédiaire
Hauteur en culture
6,1–18,3 m
Rusticité
Jusqu’à -29 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens
Guide de culture en bonsaï →Emplacement, substrat, ligature et soins saisonniers

Dans les sélectionsPlantes d’extérieur

Pin des côtes du Japon et de Corée, le pin noir du Japon se reconnaît à ses aiguilles rigides groupées par deux, vert sombre, et à ses gros bourgeons blanc argenté en forme de chandelle. Il supporte le vent, le sel et la sécheresse, se plie à la taille japonaise des jardins et compte parmi les pins les plus cultivés en bonsaï.

Identification et origine

Pinus thunbergii appartient à la famille des Pinaceae. Originaire du Japon et de Corée, il pousse en bosquets le long des côtes et jusque sur les falaises rocheuses. Il s’est naturalisé localement dans l’est des États-Unis.

Dans son aire d’origine, ce grand conifère persistant peut atteindre 30 m, avec une couronne étalée en parasol. En culture, il reste en général entre 6,1–18,3 m de haut pour 3,7–6,1 m de large, avec une croissance moyenne. Jeune, il prend une forme pyramidale aplatie, sans flèche bien marquée ; avec l’âge, il devient irrégulier et asymétrique, souvent tordu, avec une couronne large aux branches retombantes et un tronc courbé.

Les aiguilles, groupées par deux, mesurent 7–12 cm. Vert foncé, raides, légèrement tordues et très pointues, elles sont serrées à la base dans une gaine argentée et restent sur l’arbre quatre à cinq ans. Le meilleur critère d’identification est le bourgeon terminal : une « chandelle » blanc argenté, soyeuse, longue d’environ 2 cm, qui tranche sur le feuillage sombre. Les cônes, ovoïdes, brun clair et luisants, mesurent 4–7 cm et mettent deux ans à mûrir ; ils restent décoratifs en automne et en hiver. L’écorce gris-noir, épaisse, se creuse de sillons et se divise en plaques.

Parmi les cultivars : ‘Thunderhead’, compact, à la silhouette en nuage ; ‘Majestic Beauty’, vigoureux ; ‘Oculus Draconis’, aux aiguilles panachées.

Lumière

Le pin noir du Japon réclame le plein soleil, soit au moins six heures de soleil direct par jour. Évitez de l’ombrager : quand la lumière manque, les aiguilles s’allongent et des branches finissent par dépérir. Il supporte les sites exposés comme abrités, y compris en bord de mer.

Arrosage

Une fois bien enraciné en pleine terre, il tolère la sécheresse et se contente d’un sol frais à parfois sec, voire très sec. Il demande surtout un sol qui ne reste pas gorgé d’eau.

En bac, vérifiez le substrat au doigt et arrosez abondamment, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous, quand il commence à sécher en profondeur. Le pin noir consomme beaucoup d’eau, mais n’aime pas un substrat détrempé en permanence : laissez-le se ressuyer entre deux arrosages, et abritez-le des longues périodes de pluie si l’eau stagne dans le pot. Un pin assoiffé sur une longue période est aussi plus exposé aux insectes qui recherchent les arbres affaiblis.

Substrat

En pleine terre, il accepte les sols argileux, limoneux ou sableux, acides, neutres ou calcaires, même pauvres, à condition qu’ils soient bien drainés. Il tolère la chaleur, le sable et les embruns, ce qui en fait un arbre de choix pour fixer les dunes et border les côtes.

En bac, utilisez un mélange très drainant à base de matériaux minéraux grossiers, par exemple de l’akadama et de la pierre ponce à parts égales, dans un contenant largement percé : les racines pourrissent dans un substrat qui reste humide.

Températures

Il est rustique dans les zones USDA 5a à 8b et supporte très bien la chaleur, au-delà de 38 °C lorsque l’air est humide. Un arbre en pot reste plus exposé au froid qu’un sujet en pleine terre : protégez le contenant, en l’emballant ou en l’abritant, dès que les gelées approchent -4 °C, et rentrez-le dans un abri froid si le froid se prolonge sous ce seuil. Abritez-le aussi des vents glacials quand la motte est gelée.

Rempotage

Les jeunes sujets cultivés en bac se rempotent environ tous les deux ans, au printemps, quand les bourgeons commencent à gonfler ; les sujets âgés, tous les trois à cinq ans seulement. Les racines du pin vivent associées à des champignons bénéfiques, les mycorhizes : ne mettez jamais les racines à nu et conservez une partie de l’ancien substrat. Ne retirez pas plus de la moitié de la masse racinaire. Après le rempotage, abritez l’arbre du plein soleil brûlant et du vent pendant quelques semaines, sans engrais.

Taille

Au jardin, il n’a besoin d’aucune taille pour bien pousser.

Il se prête en revanche très bien à la taille de mise en forme des jardins japonais (niwaki) et au bonsaï. L’essentiel du travail se fait sur les « chandelles », les jeunes pousses de printemps. Les raccourcir ou les supprimer au bon moment densifie la ramure et réduit la longueur des aiguilles ; éclaircir les pousses et retirer une partie des vieilles aiguilles en automne équilibre la vigueur entre le haut et le bas de l’arbre. Les grosses coupes se font de préférence pendant les saisons fraîches, quand la sève circule moins et que la résine coule peu.

Multiplication

L’espèce se multiplie surtout par semis. Les graines se sèment au printemps, dans un mélange léger et sableux, en pleine lumière. Avant le semis, plongez les graines dans l’eau : celles qui coulent sont viables, celles qui flottent sont généralement vides. La levée peut prendre de deux semaines à trois mois. Repiquez les semis quand une seconde série d’aiguilles est apparue. Les cultivars, eux, se multiplient par greffage en fin d’hiver.

Problèmes fréquents

Jeune, il est en général sans problème ; les ennuis apparaissent surtout sur les arbres âgés, souvent après une vingtaine d’années.

  • Nématode du pin : la maladie la plus grave. Ce minuscule ver est transmis par des longicornes qui pondent dans les pins affaiblis ou mourants. L’arbre jaunit, flétrit puis brunit entièrement, et ne laisse plus couler de résine quand on l’entaille ; il meurt souvent en trente à quarante jours, et une plantation entière peut disparaître en une saison. Sans traitement possible, éliminez les arbres atteints et évitez les stress qui attirent ces insectes.
  • Dessèchement des pousses (Diplodia) : il commence souvent par défeuiller les branches basses des arbres âgés. D’autres champignons provoquent la chute des aiguilles, des rouilles et des chancres ; l’armillaire peut s’attaquer aux racines.
  • Ravageurs : pucerons et adelges des conifères, cochenilles, larves de tenthrèdes et chenilles, tordeuse des pousses du pin, charançons et insectes foreurs. Surveillez aussi les acariens, qui laissent de petites taches rougeâtres sur les aiguilles.

Un jaunissement ou une chute d’aiguilles peut avoir plusieurs causes : les aiguilles ne vivent que quatre à cinq ans et les plus anciennes finissent par tomber, mais un excès d’eau, une pourriture des racines, une sécheresse ou un parasite donnent des symptômes proches.

Toxicité

Le pin noir du Japon est faiblement toxique pour les chiens et les chats. Mâcher ou avaler des aiguilles, des cônes ou de la sève provoque une irritation de la bouche et du tube digestif, avec bave et vomissements, en général légers et passagers ; les huiles essentielles qu’il contient sont trop peu concentrées pour causer une intoxication sérieuse. Consultez un vétérinaire si un animal en a mangé beaucoup ou présente des symptômes persistants.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 3 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 3 octobre 2026.

Guide de culture en bonsaï

Pin noir du Japon en bonsaï — Cultiver Pinus thunbergii en bonsaï : plein soleil, hiver dehors, substrat minéral, engrais, suppression des chandelles, ligature et rempotage.

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