Deux inflorescences d’Anthurium andraeanum, aux spathes blanches et aux spadices rose et jaune, devant des feuilles vertes en cœur.
Photo : Diego Delso — CC BY-SA 3.0

Famille · Araceae

Anthurium

Anthurium andraeanum Linden ex André

Synonymes : Anthurium andraeanum album Pynaert, Anthurium andraeanum delicatissimum Pynaert, Anthurium andraeanum var. album (Pynaert) W.Bull, Anthurium andraeanum var. amoenum Pynaert, Anthurium andraeanum var. atrosanguineum Pynaert, Anthurium andraeanum var. divergens Sodiro, Anthurium andraeanum var. louisae Pynaert, Anthurium andraeanum var. roseum W.Bull, Anthurium andraeanum var. salmoneus W.Bull, Anthurium andraeanum var. sanguineum W.Bull, Anthurium venustum Sodiro

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de 4 °C
Lumière
Lumière vive indirecte
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Intermédiaire
Températures confortables
18–27 °C
À éviter en dessous de
15 °C
Hauteur en culture
30–60 cm
Rusticité
Jusqu’à 4 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur

Anthurium andraeanum est l’anthurium à fleurs classique, reconnaissable à ses spathes cireuses portées au-dessus d’un feuillage vert sombre. Originaire des forêts humides de Colombie et d’Équateur, il demande un substrat très aéré, une lumière vive sans soleil direct et une chaleur régulière.

Identification et origine

Anthurium andraeanum appartient à la famille des Araceae. Cette vivace persistante est native de Colombie et d’Équateur, dans le biome tropical humide. Elle y vit comme un sous-arbrisseau épiphyte : ses racines profitent d’un support et d’une matière organique aérée plutôt que d’un sol compact. Le nom accepté, publié en 1877, porte l’autorité Linden ex André ; Anthurium venustum est notamment un ancien synonyme.

En intérieur, la touffe dressée atteint 30–60 cm de haut. Ses feuilles alternes, vert sombre et brillantes ont une base en cœur et mesurent jusqu’à 30 cm. La « fleur » est en réalité une inflorescence : une large spathe brillante entoure un spadice droit couvert de minuscules fleurs. La forme classique est rouge à spadice crème ou jaune pâle, mais les cultivars offrent aussi du rose, du blanc et du vert.

Chaque inflorescence peut rester décorative plusieurs semaines, et une plante bien installée peut refleurir plusieurs fois. Des baies charnues allongées peuvent suivre, bien que la fructification soit rare dans la maison. Ne confondez pas cette espèce au spadice droit avec Anthurium scherzerianum, plus petit et généralement doté d’un spadice courbé ou spiralé.

Lumière

Offrez une lumière vive et indirecte. Une fenêtre orientée à l’est ou à l’ouest convient, tout comme une fenêtre au sud tamisée par un voilage. Le soleil direct intense peut brûler le limbe, tandis qu’une place trop sombre ralentit la croissance et réduit fortement la floraison.

Observez les nouvelles feuilles et les fleurs. Des brûlures sèches sur la face exposée invitent à filtrer le soleil. Une plante saine qui ne refleurit pas peut manquer de lumière ou de nutriments. Déplacez-la progressivement et tournez le pot afin d’équilibrer la touffe.

Arrosage

Enfoncez un doigt à environ 2–5 cm dans le mélange. Arrosez lorsqu’il approche de la sécheresse à cette profondeur, avec une eau de pluie ou filtrée revenue à température ambiante. Humidifiez toute la motte, laissez l’excédent sortir, puis videz la soucoupe. L’anthurium apprécie une humidité régulière mais ses racines épiphytes ne supportent pas de rester privées d’air.

En période de croissance, vérifiez plus souvent la motte sans imposer de calendrier. En automne et en hiver, la lumière baisse et l’eau est consommée plus lentement : attendez davantage entre deux apports. Une feuille jaune peut traduire un excès d’eau, un mauvais drainage ou un manque de nutriments ; contrôlez la motte avant de conclure.

Maintenez un air humide en regroupant des plantes ou en utilisant un plateau de graviers humides dont l’eau ne touche pas le fond du pot. Un bord brun peut signaler un air trop sec. Évitez toutefois de laisser longtemps le feuillage mouillé dans un air stagnant, situation favorable aux taches foliaires.

Substrat

Préparez un mélange acide, ouvert, capable de retenir un peu d’humidité tout en drainant vivement. Une base de deux parts de terreau sans tourbe pour plantes acidophiles, une part de matériau minéral aérant et une part d’écorce d’orchidée reproduit ces qualités. Le pot doit être percé.

Pendant la croissance, utilisez avec mesure un engrais pour orchidées. En automne et en hiver, réduisez les apports avec le ralentissement de la plante. Un engrais ne corrige jamais des racines asphyxiées ; si l’eau reste longtemps dans le pot, améliorez d’abord la structure du mélange.

Températures

La plage confortable se situe autour de 18–27 °C. Gardez la plante au-dessus de 15 °C et loin des courants d’air froid, des radiateurs et des changements soudains. À 10 °C ou moins, le feuillage peut subir de sérieux dégâts. L’eau très froide crée également un choc aux racines.

Elle peut séjourner dehors en été, à l’ombre lumineuse, après une acclimatation progressive et tant que les nuits restent chaudes. Rentrez-la avant le refroidissement. La culture permanente en pleine terre se limite aux zones USDA 11a à 12b, dans une situation abritée sans gel.

Rempotage

Gardez une plante récemment achetée dans son pot tant que les racines ont de la place et que le drainage fonctionne. Rempotez ensuite au printemps, généralement tous les deux ou trois ans ou dès que la motte devient serrée. Choisissez seulement la taille supérieure : un volume excessif demeure humide trop longtemps et augmente le risque de pourriture.

Placez la plante à sa profondeur précédente sans tasser fortement le mélange. Profitez de l’opération pour vérifier les racines et retirer uniquement les parties mortes avec un outil propre. Les racines aériennes saines peuvent rester visibles.

Taille

Aucune taille de formation n’est nécessaire. Coupez les feuilles mortes et les hampes fanées à leur base afin de garder la touffe propre. Essuyez délicatement les grandes feuilles lorsqu’elles sont poussiéreuses, sans appliquer de produit lustrant. Portez des gants, car la sève est irritante.

Multiplication

Au printemps ou en été, divisez une plante à plusieurs tiges en séparant des portions possédant chacune leurs propres racines. Rempotez-les individuellement dans un mélange aéré et gardez-les au chaud sous une lumière indirecte.

Une bouture de tige ou de rhizome portant un bourgeon peut aussi s’enraciner dans un terreau acide maintenu humide, sous atmosphère chaude. Un segment muni de feuilles et de racines aériennes peut commencer son enracinement dans l’eau avant la mise en pot. Le semis de graines fraîches est possible à 24–27 °C, mais la division et le bouturage sont plus directs pour reproduire un cultivar.

Problèmes fréquents

  • Peu ou pas de fleurs : lumière insuffisante, nutrition trop faible ou plante encore en reprise.
  • Feuilles jaunes : excès d’eau, drainage déficient ou carence ; inspectez la motte avant d’ajouter eau ou engrais.
  • Bords bruns : air trop sec, froid ou stress racinaire.
  • Zones sèches et décolorées : soleil direct trop fort, surtout derrière une vitre.
  • Taches sur les feuilles : feuillage longtemps humide et circulation d’air insuffisante peuvent les favoriser.
  • Racines molles et sombres : pourriture provoquée par une humidité persistante.
  • Ravageurs : recherchez pucerons, acariens, cochenilles farineuses et cochenilles à bouclier sous les feuilles et le long des pétioles.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes. Croisez toujours lumière, température, état des racines, humidité du mélange et présence de ravageurs avant de modifier les soins.

Toxicité

Toutes les parties contiennent des cristaux insolubles d’oxalate de calcium. Lorsqu’une personne, un chien ou un chat mâche la plante, ces aiguilles microscopiques provoquent douleur et irritation de la bouche, gonflement des lèvres ou de la langue, salivation, nausées, vomissements et difficulté à avaler. Un gonflement important de la gorge reste rare mais peut gêner la respiration.

La sève peut aussi rougir et piquer la peau ou les yeux. Placez la plante hors de portée des enfants et animaux, portez des gants pour la tailler et lavez-vous les mains ensuite. En cas d’ingestion ou de difficulté respiratoire, contactez rapidement un vétérinaire ou un centre antipoison.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 septembre 2026.

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