Rameau de croton portant une rosette de grandes feuilles coriaces vert foncé, veinées et marbrées de jaune, d’orange et de rouge, sur fond sombre.
Photo : SAplants — CC BY-SA 4.0

Famille · Euphorbiaceae

Croton

Codiaeum variegatum (L.) Rumph. ex A.Juss.

Codiaeum

Synonymes : Croton variegatus, Codiaeum chrysosticton, Oxydectes variegata, Phyllaurea variegata

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de 4 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Intermédiaire
Températures confortables
16–29 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
61 cm – 2,4 m
Rusticité
Jusqu’à 4 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur

Arbuste tropical du Sud-Est asiatique et du Pacifique occidental, le croton est cultivé pour ses feuilles coriaces aux couleurs vives. Il réclame beaucoup de lumière, un arrosage régulier, de la chaleur et surtout de la stabilité : il perd facilement ses feuilles au moindre changement. Sa sève laiteuse est irritante.

Identification et origine

Codiaeum variegatum appartient à la famille des Euphorbiaceae, comme les euphorbes. C’est un arbuste persistant à base ligneuse, originaire d’une vaste zone insulaire : Bornéo, Java, Sulawesi, les Moluques, les Philippines et les petites îles de la Sonde, la Nouvelle-Guinée et l’archipel Bismarck, les îles Salomon, le Vanuatu, les Fidji, jusqu’au Queensland, dans le nord-est de l’Australie. Le nom de genre vient de kodiho, son nom vernaculaire sur l’île de Ternate ; l’épithète variegatum signifie « panaché ».

À l’état sauvage, ses feuilles sont simplement vertes et luisantes. Les plantes vendues sont des cultivars sélectionnés pour leur panachure : jaune, rose, orange, rouge, bronze, pourpre et vert, en taches, en veines colorées ou en rayures, et les couleurs évoluent à mesure que la feuille vieillit. Les feuilles sont alternes, épaisses et coriaces, longues de 5–30 cm (parfois jusqu’à 45 cm), étroites et rubanées ou ovales, entières ou profondément lobées, parfois ondulées ou tordues en spirale. Une sève laiteuse s’écoule dès qu’on casse une feuille ou une tige.

Parmi les cultivars courants : ‘Petra’, le plus répandu, vert foncé à nervures jaunes, roses et rouge orangé ; ‘Gold Dust’, vert moucheté d’or ; ‘Spirale’, aux feuilles rouges et vertes tordues. En intérieur, il fleurit rarement ; ses fleurs, en grappes grêles, sont insignifiantes.

Dans son milieu naturel, il atteint 2,4–3 m. En pot, il reste généralement entre 60 cm – 1,2 m.

Lumière

C’est la clé de ses couleurs. Donnez-lui une lumière vive, avec un peu de soleil direct : plus la lumière est forte, plus le feuillage est coloré et la plante compacte. Trop peu de lumière, et les nouvelles feuilles redeviennent vertes tandis que les feuilles du bas tombent. À l’inverse, un soleil trop brutal peut ternir le feuillage, qui prend un aspect grisâtre. En été, dehors, il supporte la mi-ombre ou le plein soleil à condition d’y être habitué progressivement et de ne jamais manquer d’eau.

Arrosage

Le croton a des besoins moyens mais réguliers. Arrosez quand les 1–3 cm supérieurs du substrat sont secs au toucher, puis laissez s’écouler l’excédent. Pendant la croissance, du printemps à l’automne, le substrat doit rester frais sans être détrempé. De l’automne à la fin de l’hiver, la plante apprécie un repos relatif : espacez les arrosages en vérifiant toujours le substrat avant de verser.

Ce qu’il faut surveiller : un substrat resté trop humide ou trop sec pendant longtemps provoque une chute de feuilles. Il aime aussi une humidité de l’air moyenne à élevée ; en appartement chauffé, posez le pot sur un lit de graviers humides.

Substrat

Un terreau fertile, riche en matière organique et bien drainant, qui garde un peu de fraîcheur. Le drainage compte autant que la fertilité : des racines qui baignent finissent par pourrir. Pendant la croissance, un engrais liquide pour plantes vertes à demi-dose soutient la vigueur du feuillage.

Températures

Il se plaît entre 16–29 °C. Une journée autour de 21 °C et des nuits de 13–16 °C lui conviennent bien. En dessous de 10 °C, il perd ses feuilles. Il redoute surtout les courants d’air et les variations brusques de température, qui le mettent en état de choc.

Il peut passer la belle saison dehors une fois que les températures restent durablement au-dessus de 10 °C, en l’habituant peu à peu à la lumière. Rentrez-le avant que les nuits d’automne ne passent sous ce seuil. En pleine terre toute l’année, il n’est rustique qu’en zones USDA 11 et 12, sans aucun gel.

Rempotage

Rempotez quand la plante a rempli son pot, dans un contenant plus large de 3–5 cm seulement. Comme tout changement brusque, l’opération peut provoquer une petite perte de feuilles : replacez la plante à son emplacement habituel.

Taille

Si la plante s’est dégarnie et allongée, taillez-la franchement au début du printemps, avant la reprise de végétation : cela stimule la ramification et de nouvelles pousses. Portez des gants : la sève irrite la peau et tache définitivement les tissus.

Multiplication

Le marcottage aérien au printemps et le bouturage de tiges semi-aoûtées en été fonctionnent bien. Prélevez des boutures de 10–15 cm, retirez les feuilles du bas, puis plantez-les directement dans un substrat pour boutures ou laissez-les s’enraciner d’abord dans l’eau. Les semis ne reproduisent pas les couleurs de la plante mère : seuls les procédés végétatifs conservent un cultivar.

Problèmes fréquents

  • Chute de feuilles : le problème le plus courant. Elle suit un déménagement, un rempotage, un courant d’air, un coup de froid sous 10 °C ou un substrat trop sec ou trop humide pendant longtemps. Stabilisez les conditions et attendez la reprise.
  • Feuilles qui verdissent et chute des feuilles du bas : manque de lumière.
  • Feuillage terne, grisâtre : soleil direct trop fort pour une plante non habituée.
  • Ravageurs : tétranyques (araignées rouges), cochenilles farineuses, cochenilles à carapace et thrips. Inspectez le revers des feuilles ; savon insecticide ou huile horticole en viennent à bout.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : avant d’agir, vérifiez la lumière, le substrat, la température et la présence d’insectes.

Toxicité

Toutes les parties du croton sont toxiques : sa sève laiteuse contient des esters de diterpènes. Chez l’humain, l’ingestion provoque nausées, vomissements et diarrhée, et le contact de la sève irrite la peau ; des contacts répétés peuvent déclencher une dermatite allergique. Chez le chien et le chat, mâchonner la plante entraîne une irritation légère de la bouche et du tube digestif : salivation, vomissements, diarrhée, et parfois une irritation cutanée. La toxicité reste faible sauf ingestion importante, mais tenez-le hors de portée des enfants et des animaux, portez des gants pour la taille et, en cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 septembre 2026.

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