Massif d'estragon dense aux tiges dressées et aux feuilles vert vif, longues, étroites et lisses.
Photo : KENPEI — CC BY-SA 3.0

Famille · Asteraceae

Estragon

Artemisia dracunculus L.

Estragon français

Synonymes : Artemisia dracunculus subsp. typica, Draconia dracunculus, Oligosporus dracunculus

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -40 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage rare
Difficulté
Intermédiaire
Températures confortables
18–21 °C
À éviter en dessous de
-5 °C
Hauteur en culture
30–90 cm
Rusticité
Jusqu’à -40 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur

Vivace aromatique aux feuilles étroites, l'estragon parfume volailles, poissons, œufs et sauce béarnaise. Il exige du soleil et un sol qui ne reste jamais détrempé ; l'estragon français, le meilleur en cuisine, ne se multiplie que par division ou bouturage.

Identification et origine

Artemisia dracunculus appartient à la famille des Asteraceae. Son aire naturelle est immense : elle couvre une grande partie de l’Europe de l’Est et de la Russie, l’Asie centrale, la Sibérie, la Mongolie, la Chine, l’Himalaya, l’Iran et la Turquie, ainsi que l’ouest et le centre de l’Amérique du Nord, du Yukon au Mexique. À l’état sauvage, elle pousse dans des lieux secs et ouverts.

C’est une vivace herbacée à base un peu ligneuse, aux tiges dressées et ramifiées, qui s’étend lentement par ses racines traçantes. Elle mesure en général 30–90 cm de haut. Les feuilles, étroites et lancéolées, mesurent 2–8 cm de long sur 1–1 cm de large et dégagent un parfum aromatique. En été, de petits capitules arrondis, jaune pâle à jaune verdâtre, s’alignent en panicules ramifiées.

En cuisine, il faut bien distinguer deux types, qui appartiennent tous deux à l’espèce :

  • L’estragon français (‘Sativa’) forme une plante fine de 50–75 cm de haut, aux feuilles vert foncé, étroites et légèrement tordues, au goût puissant d’anis et de réglisse. Il fleurit rarement et ses fleurs sont stériles : il ne donne pas de graines.
  • L’estragon de Russie est bien plus vigoureux, atteint environ 1 m, résiste mieux au froid et à l’humidité, mais sa saveur est plus herbacée, légèrement amère. Les graines vendues sous le nom d’« estragon » sont presque toujours les siennes.

Achetez vos plants en personne et froissez une feuille avant de choisir.

Lumière

L’estragon veut le plein soleil, au moins six heures de lumière directe par jour, dans un endroit chaud et abrité, exposé au sud ou à l’ouest. Il tolère une ombre légère, mais là où l’été dépasse régulièrement 32 °C, un peu d’ombre l’après-midi améliore sa survie.

À l’intérieur, il ne prospère que devant une fenêtre très lumineuse orientée au sud ou sous des lampes horticoles allumées douze à seize heures par jour. Une plante qui manque de lumière s’étiole, fait de petites feuilles et perd son arôme ; même bien éclairée, elle reste moins savoureuse qu’en plein air.

Arrosage

Laissez le sol sécher entre deux arrosages : l’excès d’eau est la première cause d’échec. Arrosez régulièrement une jeune plantation jusqu’à son installation ; ensuite, en pleine terre, l’estragon résiste bien à la sécheresse. Ses racines restent superficielles : un paillis aide à garder un peu de fraîcheur en surface.

En pot, le substrat sèche vite en été : contrôlez-le souvent du doigt et arrosez s’il est sec, puis videz la soucoupe. Par temps frais, espacez nettement les arrosages. À l’intérieur, gardez le terreau plutôt sec. Les engrais sont superflus : un sol pauvre concentre la saveur des feuilles, et un apport à la plantation suffit.

Substrat

Il lui faut un sol chaud, léger, aéré et parfaitement drainé, sableux ou limoneux, au pH proche de la neutralité (6,5 à 7,5), voire légèrement acide. Il ne supporte pas les sols lourds qui restent mouillés, surtout en hiver. Dans ce cas, cultivez-le en bac surélevé ou en pot. Le contenant doit mesurer au moins 20 cm de large et de profondeur, avec de nombreux trous de drainage ; remplissez-le d’un terreau à base de terre sans tourbe, mélangé à un quart de gravillons horticoles.

Températures

L’estragon aime la chaleur sans excès. À l’intérieur, comme la plupart des aromatiques, il se plaît à 18–21 °C le jour et 13–16 °C la nuit.

Dehors, c’est une plante rustique qui disparaît en hiver et repart du pied au printemps ; il se cultive dans les zones USDA 3a à 8b. Ce n’est pas le froid seul qui le tue, mais l’association du froid et de l’humidité. L’estragon de Russie passe l’hiver dehors sans difficulté, sauf en sol détrempé. L’estragon français, plus fragile, se cultive de préférence en pot, que l’on abrite pour l’hiver dans une serre froide, sous un porche ou au pied d’un mur, à l’abri de la pluie. En pleine terre, laissez les tiges sèches en place pour l’hiver, paillez abondamment ou couvrez le pied d’une cloche.

Rempotage

Plantez ou rempotez au printemps, après les dernières gelées, en espaçant les plants de 20 cm pour l’estragon français et d’au moins 30 cm pour celui de Russie. En pot, rempotez quand les racines sortent par le trou de drainage, de préférence au début du printemps. Habituez progressivement au plein air une plante élevée à l’intérieur, en commençant par la mi-ombre.

L’estragon est une vivace de courte durée : divisez les touffes tous les deux à quatre ans pour garder des plantes vigoureuses et parfumées.

Taille

Au printemps, quand la nouvelle végétation apparaît, coupez les tiges de l’année précédente jusqu’aux jeunes pousses de la base. Pendant la saison, récoltez régulièrement l’extrémité des tiges : cela entretient une production de feuilles tendres. Pincez les tiges qui portent des boutons floraux pour prolonger la récolte, et une taille en milieu ou fin d’été rajeunit la plante.

L’estragon se consomme surtout frais, car il perd vite son arôme au séchage. Pour le conserver, séchez-le dans un endroit sombre et aéré, ou congelez les feuilles hachées.

Multiplication

L’estragon français ne se multiplie que végétativement :

  • Division : au printemps, au moment où les nouvelles pousses sortent de terre. Les racines sont cassantes : tranchez la souche au couteau plutôt qu’à la bêche. Une touffe donne trois à cinq plants.
  • Bouturage : prélevez tôt le matin des tiges jeunes de 10–15 cm, coupez sous un nœud, retirez le tiers inférieur des feuilles, trempez la base dans une hormone de bouturage et piquez-la dans un substrat chaud et humide, en brumisant régulièrement. On bouture des tiges tendres en été ou semi-ligneuses en fin d’été.

L’estragon de Russie se sème au printemps, en surface, à peine recouvert, dans un endroit chaud et lumineux, ou directement dehors en milieu de printemps.

Problèmes fréquents

  • Plante qui disparaît en hiver : sol détrempé, ou estragon français resté dehors sous la pluie.
  • Feuilles qui jaunissent, pied qui pourrit : pourriture des racines ou du collet due à un excès d’eau ou à un mauvais drainage.
  • Feutrage blanc sur les feuilles : oïdium.
  • Pustules orangées ou brunes : rouille.
  • Plante qui dépérit : un champignon du sol, l’armillaire, peut parfois l’attaquer.
  • Saveur fade : plant d’estragon de Russie ou issu de semis, manque de soleil, ou sol trop riche.
  • Petites mouches au-dessus du pot : sciarides favorisées par un terreau trop humide.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : observez ensemble l’humidité du sol, la lumière et l’état des racines.

Toxicité

L’estragon est toxique pour les chiens, les chats et les chevaux : ses huiles essentielles provoquent de légers vomissements et de la diarrhée. Évitez donc d’en cultiver à portée d’animaux. Pour l’humain, une consommation occasionnelle en quantité culinaire est considérée comme sûre. Les huiles essentielles, surtout celles des racines, peuvent provoquer une dermatite de contact chez les personnes sensibles.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 26 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 26 octobre 2026.

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