Tapis de genévrier rampant « Nana » entre des rochers, avec son étiquette botanique, dans un arboretum.
Photo : SEWilco — CC BY-SA 3.0

Famille · Cupressaceae

Genévrier rampant du Japon

Juniperus procumbens (Siebold ex Endl.) Miq.

Genévrier couché

Synonymes : Juniperus japonica, Sabina procumbens, Juniperus chinensis var. japonica

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -34 °C
Lumière
Soleil direct
Eau
Arrosage rare
Difficulté
Facile
Hauteur en culture
15–45 cm
Rusticité
Jusqu’à -34 °C
Toxicité
Irritante / toxique pour l’humain
Guide de culture en bonsaï →Emplacement, substrat, ligature et soins saisonniers

Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes faciles

Conifère nain et rampant, Juniperus procumbens forme avec le temps un tapis dense et piquant, idéal sur un talus, une rocaille ou un muret en plein soleil. Il demande peu d’entretien si le sol draine bien, et le cultivar ‘Nana’ est l’un des genévriers les plus vendus comme bonsaï d’extérieur.

Identification et origine

Juniperus procumbens appartient à la famille des Cupressaceae. Il est originaire du Japon, de Corée et de l’archipel Nansei (Ryūkyū), et a longtemps été rattaché au genévrier de Chine sous le nom de Juniperus chinensis var. procumbens. Son épithète signifie « couché » : ses rameaux longs et raides s’étalent parallèlement au sol, juste au-dessus de lui.

C’est un arbuste persistant de 15–45 cm de haut, dont les rameaux traînants forment peu à peu un tapis dense de 3–4,5 m de large. La croissance est lente : il faut une dizaine d’années pour qu’il couvre environ 3 m. Ses aiguilles courtes (jusqu’à 1 cm environ), raides et piquantes, groupées par trois, sont vert bleuté à vert grisâtre et peuvent se teinter de pourpre en hiver. Les cônes charnus, petites baies noirâtres à maturité, sont rares sur les plantes cultivées.

Le cultivar ‘Nana’, introduit en 1922, est une forme naine et moins vigoureuse : un coussin compact de 15–30 cm de haut sur 1,2–1,8 m de large, aux rameaux entremêlés, qui vire au vert pourpré en hiver.

Couvre-sol des situations chaudes et sèches, il habille talus (qu’il aide à stabiliser), rocailles, bordures et pieds de façade, ou retombe d’un muret. Il se cultive aussi en bac, parfois greffé sur tige.

Lumière

Plein soleil, au moins six heures de soleil direct par jour, dans un endroit aéré. À l’ombre, la végétation s’éclaircit, l’intérieur se dégarnit et les maladies des pousses progressent.

Arrosage

Après la plantation, gardez le sol régulièrement frais jusqu’à ce que la plante soit installée : un jeune couvre-sol ne doit jamais flétrir. Vérifiez l’humidité du sol autour de la motte plutôt que de suivre un calendrier, et arrosez quand la terre commence à sécher en profondeur, pas seulement en surface.

Une fois installé, il supporte la chaleur et la sécheresse et n’a besoin d’eau que lors des sécheresses prolongées. L’excès d’eau est bien plus dangereux que le manque : un sol détrempé provoque la pourriture des racines. Arrosez au pied, de préférence tôt le matin ; évitez l’aspersion et les arrosages du soir, qui entretiennent les brûlures des pousses. En pot ou en bonsaï, le substrat sèche beaucoup plus vite : voir le guide bonsaï.

Substrat

Un sol bien drainé avant tout. Il s’adapte aux sols argileux, limoneux, sableux ou caillouteux et peu profonds, acides, neutres ou calcaires, et tolère les sols pauvres, la pollution urbaine et le sel. Il préfère un sol plutôt sec et sableux ; seuls les sols gorgés d’eau lui sont fatals.

Avant de planter un couvre-sol, éliminez les mauvaises herbes vivaces et ameublissez la terre en profondeur, puis paillez sur 5 cm environ jusqu’à ce que le tapis se referme ; sur un talus pentu, un filet à grosses mailles retient le sol. Une fois installé, il n’a presque pas besoin d’engrais : un excès d’engrais ou d’eau favorise les brûlures des pousses en fin de saison.

Températures

Très rustique, en zones USDA 4a à 9b, soit des minimales hivernales jusqu’à environ -34 °C en pleine terre. En pot, les racines sont beaucoup plus exposées au gel qu’en pleine terre.

Les printemps pluvieux et le temps doux et humide, autour de 21–27 °C, favorisent les brûlures des pousses, tandis que les acariens des conifères sont actifs pendant les saisons fraîches, au printemps et en automne.

Rempotage

En pleine terre, il se transplante facilement. L’automne est la meilleure saison pour planter, grâce à la fraîcheur et aux pluies. Espacez les plants selon leur étalement adulte, en quinconce : l’air circule mieux et les tailles répétées deviennent inutiles.

En bac, utilisez un contenant percé et un mélange très drainant, et rempotez au début du printemps quand les racines remplissent le contenant.

Taille

Chez les genévriers, la nouvelle végétation ne part que des extrémités garnies d’aiguilles : un rameau rabattu jusqu’au vieux bois dénudé ne repousse pas et laisse un trou définitif. Il supporte une taille importante tant que chaque rameau raccourci garde de la verdure à son extrémité.

  • Quand : au début du printemps, avant le départ de la végétation. Évitez les fortes gelées et la fin de l’été.
  • Comment : plutôt que de cisailler, raccourcissez les rameaux un par un jusqu’à une ramification latérale. Le cisaillage répété crée une coque dense qui prive l’intérieur de lumière.
  • Précautions : taillez par temps sec et sans excès ; certaines maladies entrent par les plaies. Éclaircissez les touffes qui se rejoignent.

Un sujet trop grand et dégarni se récupère mal : mieux vaut souvent le remplacer par une forme compacte comme ‘Nana’.

Multiplication

L’espèce se multiplie par semis. Pour conserver un cultivar comme ‘Nana’, on le bouture du milieu de l’automne au milieu de l’hiver :

  1. Prélevez sur une plante saine des tiges de 10–15 cm, jeunes, encore vertes mais un peu fermes.
  2. Retirez les ramifications du tiers inférieur et trempez la base dans une hormone de bouturage.
  3. Enfoncez-les d’un tiers à la moitié de leur longueur dans un pot percé rempli à parts égales de tourbe et d’écorce finement broyée.
  4. Gardez le substrat humide sans excès, sous un sac plastique fendu, en lumière vive sans soleil direct.

Les racines se forment à la fin de l’hiver, mais les nouvelles pousses n’apparaissent souvent qu’au début de l’été ; repiquez alors chaque bouture en godet individuel.

Problèmes fréquents

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : un rameau qui brunit peut trahir une maladie, des acariens, des cochenilles ou des racines asphyxiées. Examinez le feuillage et le drainage avant de traiter.

  • Brûlure des pousses (Phomopsis) : les jeunes pousses virent au rouge terne ou au brun, puis au gris cendré, et meurent ; de minuscules points noirs apparaissent ensuite. Elle frappe surtout au printemps, par temps humide. Par temps sec, coupez bien en dessous de la partie morte, désinfectez la lame entre deux coupes et détruisez les déchets.
  • Brûlure à Kabatina : elle touche les rameaux d’un an ou plus, n’entre que par des blessures et se manifeste à la fin de l’hiver. Même traitement.
  • Pourriture des racines : sol mal drainé ou détrempé.
  • Acariens des conifères : fines ponctuations jaune verdâtre, puis bronzage et chute des aiguilles, parfois une fine toile. Secouez un rameau au-dessus d’une feuille blanche : de minuscules points mobiles trahissent leur présence. Un jet d’eau puissant, répété plusieurs jours de suite, les déloge.
  • Cochenille du genévrier : minuscules boucliers blancs ; en forte attaque, la plante semble saupoudrée de neige et s’affaiblit. Une huile horticole à la fin du printemps, à l’éclosion des larves, la limite bien.
  • Autres ravageurs : pucerons, psychés (chenilles à fourreau), foreurs de rameaux et chenilles tisseuses.
  • Rouilles : la rouille du pommier et d’autres rouilles passent une partie de leur cycle sur les genévriers.
  • Centre qui se dégarnit : chez les sujets âgés, le feuillage meurt parfois au centre du tapis.

Toxicité

Le contact avec le feuillage peut provoquer une dermatite : ses aiguilles raides et piquantes irritent la peau. Portez des gants et des manches longues pour le tailler, le ligaturer, le bouturer ou le rempoter. Comme pour toute plante d’ornement, évitez que les enfants ou les animaux en mâchent des parties.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 22 septembre 2026.

Guide de culture en bonsaï

Genévrier rampant du Japon en bonsaï — Cultiver Juniperus procumbens ‘Nana’ en bonsaï : dehors toute l’année, plein soleil, arrosage, taille des coussinets, ligature, rempotage et hiver.

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