Niveau · Intermédiaire

Abricotier du Japon (ume) en bonsaï

Prunus mume

Fiche botanique de l’espèce : Abricotier du Japon →
Emplacement
Extérieur
Bonsaï d’abricotier du Japon en pleine floraison, au tronc couché et sculpté de bois mort, dont les rameaux nus se couvrent de fleurs blanches, dans un pot hexagonal brun foncé posé sur un socle en bois.
Photo : サフィル — CC BY-SA 4.0

L’ume, ou abricotier du Japon, est l’un des grands bonsaïs à fleurs : ses rameaux nus se couvrent à la fin de l’hiver de fleurs blanches, roses ou rouges au parfum de clou de girofle. Les vieux sujets, à l’écorce profondément crevassée, prennent un aspect austère très recherché. Tout se joue sur le calendrier : les boutons se forment pendant l’été qui précède, et une taille au mauvais moment supprime la floraison.

Emplacement

Prunus mume est un arbre caduc d’Asie orientale, cultivé dehors toute l’année. Pendant la saison de croissance, il lui faut le plein soleil, au moins cinq à six heures de lumière directe par jour : c’est pendant la belle saison que se forment les boutons de la floraison suivante.

L’hiver demande plus d’attention. L’ume supporte un peu de gel, mais ses racines, à l’étroit dans un pot peu profond, craignent le gel prolongé, et le froid vif fait sécher les jeunes rameaux et abîme les boutons qui s’apprêtent à s’ouvrir. Laissez-le dehors jusqu’aux premières gelées pour qu’il entre en dormance, puis abritez-le dans une serre froide, un châssis ou un abri non chauffé. Aérez les jours de soleil : un redoux prolongé réveille l’arbre trop tôt. Au printemps, quand il repart, protégez-le des gelées tardives.

La floraison s’ouvre sur bois nu à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps, souvent avant les feuilles. Les fleurs, blanches ou roses, parfois rouges suivant les variétés, sont très parfumées ; de petits fruits jaunâtres, comestibles mais acides, peuvent suivre.

Substrat

Utilisez un substrat minéral pour bonsaï qui draine bien : l’ume ne supporte ni l’eau stagnante ni les sols pauvres et secs. Un mélange courant pour les feuillus associe 50 % d’akadama, 25 % de pierre ponce et 25 % de pouzzolane ; tamisez l’akadama pour en retirer la poussière. Si vous ne pouvez pas surveiller l’arrosage souvent, augmentez un peu la part d’akadama.

Arrosage

Gardez le substrat modérément humide, jamais détrempé, et laissez la surface sécher légèrement entre deux arrosages. Les besoins varient beaucoup : en plein été, l’arbre feuillu boit beaucoup plus qu’en hiver, quand il est au repos. Touchez le substrat plutôt que de suivre un calendrier. Ne laissez jamais la motte sécher complètement, surtout au printemps pendant le gonflement des boutons : un manque d’eau à ce moment fait tomber boutons et fleurs. À l’inverse, l’excès d’eau et un substrat mal drainé provoquent la pourriture des racines.

Engrais : fertilisez du printemps au début de l’automne avec un engrais organique solide équilibré, renouvelé toutes les quatre à six semaines suivant le produit. Une alimentation régulière en été favorise la floraison suivante, mais l’excès d’engrais donne surtout des feuilles et des rameaux faibles. Ne fertilisez pas en hiver ; un léger apport en fin d’hiver, avant le départ de la végétation, peut favoriser une floraison précoce.

Taille

Tout part d’une règle : l’ume fleurit sur le bois de l’année précédente. Les boutons se forment pendant la saison de croissance ; une taille sévère en automne, en hiver ou juste avant la floraison supprime donc les fleurs.

La taille principale a lieu juste après la floraison : raccourcissez fortement les rameaux qui ont fleuri, supprimez le bois mort, les branches malades ou qui se croisent et celles qui alourdissent la silhouette. Pendant la saison, pincez les nouvelles pousses pour garder une ramure compacte : en début d’été, ramenez-les à cinq ou six feuilles, puis à environ trois feuilles lors de la seconde taille, quand la pousse estivale est lignifiée à l’automne. Les rameaux latéraux se raccourcissent d’une feuille. Évitez de tailler en hiver, car les plaies s’infectent alors facilement, et supprimez sans tarder les parties qui sèchent.

Le caractère de l’ume tient à son tronc : avec l’âge, l’écorce se crevasse profondément et donne aux vieux arbres un aspect austère ; on rencontre aussi des troncs creusés et sculptés. Il se cultive aussi en petit format, dans la catégorie shohin.

Ligature

Mettez en forme au débourrement, quand les bourgeons éclatent au printemps, après la floraison. Choisissez un fil d’aluminium, plus facile à manier sur un feuillu, d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche, enroulé à environ 45°. Ancrez-le en faisant un ou deux tours autour du tronc, ligaturez toutes les branches prévues avant de plier, et pliez en soutenant l’extérieur de la courbe avec les doigts. Évitez de plier plusieurs fois la même branche et protégez les branches épaisses avec du raphia mouillé.

Les rameaux mettent quelques mois à garder leur position, mais pendant la croissance l’écorce peut être marquée en un à quatre mois : surveillez le fil et retirez-le en le coupant à chaque spire, sans le dérouler.

Rempotage

Rempotez un jeune arbre tous les deux ou trois ans, un sujet âgé tous les trois à cinq ans ; un arbre vigoureux et bien établi peut demander un rempotage annuel. Intervenez au début du printemps, juste après la floraison et avant le départ de la végétation. Démêlez les racines avec douceur, supprimez celles qui sont mortes ou pourries et ne retirez pas plus de 30 % de la masse racinaire. Replantez dans un substrat drainant, arrosez copieusement, puis gardez l’arbre à l’abri du soleil direct quelques semaines et attendez avant de fertiliser.

Multiplication : le bouturage est plus rapide et plus fiable que le semis. Prélevez des boutures semi-ligneuses en fin d’été, trempez leur base dans une hormone de bouturage et gardez-les à l’étouffée ; l’enracinement prend de quelques semaines à quelques mois. Les boutures de bois sec se font en fin d’hiver, le marcottage en été et le greffage en hiver ou au printemps. Pour semer, faites tremper les noyaux quelques jours dans l’eau froide ; la germination demande plusieurs semaines.

Ravageurs et maladies : pucerons, cochenilles et acariens peuvent s’installer ; un savon insecticide ou l’huile de neem en viennent à bout. Par temps humide, l’oïdium et d’autres champignons apparaissent : espacez les arbres pour que l’air circule. L’espèce est aussi sensible au chancre bactérien, au plomb parasitaire, à l’armillaire et au flétrissement des fleurs. Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez toujours l’arrosage et le drainage.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Dès la chute des fleurs, faites la taille principale et rempotez si besoin, avant que les feuilles ne s’ouvrent. Ligaturez au débourrement. Gardez la motte humide pendant le gonflement des bourgeons, protégez les jeunes pousses des gelées tardives et reprenez l’engrais.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil, au moins cinq à six heures par jour. Arrosez dès que la surface sèche, sans détremper. Fertilisez régulièrement : les boutons de l’an prochain se forment maintenant. Ramenez les pousses à cinq ou six feuilles en début d’été et surveillez pucerons et acariens.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Seconde taille quand la pousse estivale est lignifiée, en ramenant les pousses à environ trois feuilles. Cessez l’engrais au début de l’automne. Laissez l’arbre dehors subir les premières gelées pour qu’il entre en dormance avant de l’abriter.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

La floraison arrive à la fin de l’hiver. Abritez l’arbre du gel prolongé dans une serre froide ou un abri ventilé, arrosez quand le substrat sèche et ne taillez pas : en hiver, les plaies s’infectent facilement. Évitez les redoux qui réveillent l’arbre trop tôt.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 17 octobre 2026

Raccourci : touche « / »