
Famille · Rosaceae
Abricotier du Japon
Prunus mume
Ume · Mei
Synonymes : Armeniaca mume, Prunopsis mume
L’essentiel
- Culture
- ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -23 °C
- Lumière
- Lumière vive indirecte – Soleil direct
- Eau
- Arrosage modéré
- Difficulté
- Intermédiaire
- À éviter en dessous de
- -10 °C
- Hauteur en culture
- 4,6–6,1 m
- Rusticité
- Jusqu’à -23 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’extérieur
Petit arbre caduc d’Asie orientale, l’abricotier du Japon fleurit sur bois nu à la fin de l’hiver, bien avant la plupart des arbres fruitiers, avec des fleurs blanches, roses ou rouges au parfum de clou de girofle. Cultivé depuis plus de quinze siècles en Chine et décliné au Japon en centaines de variétés, il aime le soleil, un sol frais mais drainant et un emplacement abrité qui protège ses fleurs du froid.
Identification et origine
Prunus mume appartient à la famille des Rosaceae, comme les cerisiers, les pruniers et les abricotiers. Il a d’abord été décrit sous le nom d’Armeniaca mume. Son aire d’origine se situe dans le centre-sud de la Chine, au Laos et au Viêt Nam, dans les bois et sur les collines rocheuses. Il a été introduit dans le reste de la Chine, en Corée, à Taïwan et au Japon. On le cultive en Chine depuis plus de 1 500 ans, il occupe une place centrale dans les jardins chinois, et le Japon en compte plusieurs centaines de variétés.
C’est un arbre caduc, buissonnant, à la couronne arrondie à ovale, qui atteint en général 4,6–6,1 m de haut et autant de large, parfois jusqu’à 9 m. Sa croissance est rapide.
Les feuilles sont alternes, simples, ovales, longues de 5–10 cm, terminées par une pointe effilée et nettement dentées, souvent doublement. Vert franc dessus, elles portent des poils sur les nervures au revers, et leur pétiole est muni de glandes. Elles jaunissent à l’automne. Les jeunes rameaux sont verts, lisses et brillants ; l’écorce, gris clair et lisse sur les jeunes sujets, se crevasse et s’exfolie avec l’âge.
La floraison est le grand atout de l’espèce. Les fleurs à cinq pétales, de 3–3 cm de diamètre, s’ouvrent isolées ou par deux, sur des rameaux encore nus, à la fin de l’hiver ou au tout début du printemps. Rose pâle chez l’espèce type, elles vont du blanc au rouge suivant les variétés, en formes simples, semi-doubles ou doubles, et dégagent un fort parfum de clou de girofle. Elles donnent ensuite des drupes rondes et duveteuses de 3–3 cm, vert jaunâtre à jaune orangé, mûres en été. Acides et amères crues, elles servent au Japon à préparer gelées, alcool et fruits marinés.
Parmi les nombreuses variétés, on peut citer :
- ‘Alba’ : fleurs simples blanches.
- ‘Bonita’ : fleurs semi-doubles rouge rosé.
- ‘Peggy Clarke’ : fleurs doubles rose soutenu.
- ‘Contorta’ : rameaux tortueux et fleurs simples blanches.
- ‘Beni-chidori’ : forme compacte de 1,5–2,5 m.
Lumière
Le plein soleil lui convient, mais il accepte aussi la mi-ombre, à condition de recevoir au moins deux heures de soleil direct par jour, et idéalement six ou plus. Choisissez surtout un endroit abrité : comme il fleurit en plein hiver, le froid peut y abîmer les fleurs et compromettre la récolte.
Arrosage
L’abricotier du Japon apprécie un sol qui reste frais et ne supporte ni les sols secs, ni l’eau stagnante. En pleine terre, surveillez surtout les périodes sèches : si le sol s’assèche en profondeur, arrosez abondamment.
En pot, la motte ne doit jamais sécher complètement. Arrosez quand la surface commence à sécher, plus souvent en pleine croissance qu’en hiver, quand l’arbre au repos consomme peu. Veillez à garder le substrat humide au printemps, au moment où les boutons floraux gonflent : un manque d’eau à ce stade fait tomber boutons et fleurs.
Substrat
En pleine terre, il préfère un sol frais, limoneux, riche en matière organique, légèrement acide et bien drainé, mais il s’accommode d’un sol argileux, limoneux ou sableux, acide, neutre ou calcaire, pourvu qu’il soit moyennement fertile et ne reste pas détrempé. Évitez les sols pauvres et secs. En pot, utilisez un mélange drainant qui retient tout de même un peu d’humidité.
Températures
L’espèce est rustique de la zone USDA 6 à la zone 9. Elle supporte des hivers rigoureux, autour de -15–-10 °C, mais ses fleurs, qui s’ouvrent au cœur de l’hiver, sont vulnérables au gel : un froid vif peut abîmer fleurs et fruits, et provoquer le dessèchement des jeunes rameaux. En pot, les racines sont plus exposées qu’en pleine terre : protégez le pot dès que le froid se prolonge sous -10 °C, par exemple dans une serre froide ou un abri non chauffé.
Rempotage
Pour un arbre cultivé en pot, rempotez tous les deux ou trois ans, au début du printemps, avant le départ de la végétation, ou juste après la floraison. Démêlez délicatement les racines, supprimez celles qui sont mortes ou abîmées, raccourcissez les plus longues sans excès, puis replantez dans un substrat frais et drainant. Arrosez abondamment et gardez l’arbre à l’abri du soleil direct pendant quelques semaines.
Taille
L’abricotier du Japon fleurit sur le bois de l’année précédente : les boutons se forment pendant la saison de croissance qui précède la floraison. Une taille d’automne ou d’hiver supprime donc les fleurs à venir. Si une taille est nécessaire, faites-la juste après la floraison.
En pleine terre, il demande peu d’interventions : supprimez sans tarder le bois mort, ainsi que les branches malades ou qui se croisent, pour aérer la ramure. Évitez de tailler en hiver : les plaies exposent alors l’arbre aux infections.
Multiplication
Les variétés se multiplient par greffage, réalisé en hiver ou au printemps. On peut aussi semer : faites tremper les noyaux quelques jours dans l’eau froide et semez-les à l’automne dans un substrat drainant ; la germination demande plusieurs semaines. Le bouturage est plus rapide et plus fiable que le semis : boutures herbacées en début d’été sur chaleur de fond, boutures semi-ligneuses en fin d’été traitées aux hormones et gardées à l’étouffée, ou boutures de bois sec en fin d’hiver. Le marcottage se pratique en été.
Problèmes fréquents
L’abricotier du Japon est plus robuste et moins sujet aux problèmes que la plupart des arbres fruitiers à fleurs, mais plusieurs ennemis peuvent l’atteindre :
- Ravageurs : pucerons, cochenilles, acariens, chenilles (dont les chenilles à tente) et insectes foreurs. Les arbres greffés sur pêcher peuvent être attaqués par le perceur du pêcher. Contre les pucerons, cochenilles et acariens, un savon insecticide ou l’huile de neem conviennent.
- Maladies : chancre bactérien, plomb parasitaire, armillaire, moniliose des fruits et flétrissement des fleurs. Par temps humide, l’oïdium et d’autres champignons apparaissent : une bonne circulation de l’air limite le risque. En pot, l’excès d’eau et un substrat mal drainé entraînent la pourriture des racines.
- Bactérie Xylella : l’espèce figure parmi les hôtes à haut risque de Xylella fastidiosa.
- Fleurs ou jeunes rameaux desséchés en fin d’hiver : signe possible d’un coup de gel sur la floraison.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : avant de traiter, vérifiez l’arrosage, le drainage et l’exposition.
Toxicité
Les feuilles, les tiges et les graines sont toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux en cas d’ingestion. Chez le prunier, du même genre, ces parties contiennent des glycosides cyanogènes, particulièrement dangereux quand les feuilles flétrissent ; les signes d’intoxication sont des muqueuses rouge brique, des pupilles dilatées, une respiration difficile, un halètement et un état de choc. Ne laissez pas les animaux mâchonner rameaux et feuilles tombées, et consultez rapidement un vétérinaire en cas d’ingestion.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Prunus mume (Japanese Apricot, Japanese Flowering Apricot, Mei, Mume) — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 17 octobre 2026)
- Prunus mume, Japanese apricot — Royal Horticultural Society (consulté le 17 octobre 2026)
- Prunus mume — Landscape Plants — Oregon State University, Department of Horticulture (consulté le 17 octobre 2026)
- Prunus mume (Japanese apricot) Bonsai care guide — Bonsai Empire (consulté le 17 octobre 2026)
- Prunus mume – Japanese Apricot — Swindon & District Bonsai Club (consulté le 17 octobre 2026)
- Overwintering Bonsai trees — Bonsai Empire (consulté le 17 octobre 2026)
- Plum — Toxic and Non-Toxic Plants — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 17 octobre 2026)
- Prunus mume (Siebold) Siebold & Zucc. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 17 octobre 2026)
Guide de culture en bonsaï
Abricotier du Japon (ume) en bonsaï — Ume en bonsaï : floraison parfumée en fin d’hiver, plein soleil, abri contre le gel prolongé, taille après floraison, rempotage au printemps et ennemis.


