Niveau · Intermédiaire

Arbre à perruques en bonsaï

Cotinus coggygria

Fiche botanique de l’espèce : Arbre à perruques →
Emplacement
Extérieur
Protéger les racines en dessous de
-5 °C
Bonsaï d’arbre à perruques de style lettré, au long tronc sinueux à l’écorce creusée et aux branches mortes conservées, portant au sommet quelques plateaux de feuilles rondes vert pourpré, dans une coupe ronde peu profonde.
Photo : IvanA — CC BY-SA 4.0

Le fustet, ou arbre à perruques, est un arbuste caduc célèbre pour ses panaches vaporeux et ses couleurs d’automne flamboyantes. Encore peu travaillé en bonsaï, il récompense pourtant l’amateur patient : son tronc prend une écorce écailleuse avec l’âge et il réduit volontiers ses feuilles quand on modère sa vigueur.

Emplacement

Cotinus coggygria est un arbuste ou petit arbre caduc, originaire d’une vaste région allant de la Méditerranée au centre de la Chine. Ses feuilles ovales, longues de 7 cm au plus, dégagent une odeur de radis lorsqu’on les froisse, puis virent au jaune, à l’orange et au rouge en automne. Ses fleurs minuscules passent inaperçues ; ce sont les pédicelles poilus qui forment, en été, les panaches beiges puis gris évoquant de la fumée. ‘Royal Purple’ offre un feuillage pourpre foncé et des panaches roses, ‘Golden Spirit’ un feuillage jaune vif, mais ce dernier manque de vigueur en pot.

Cultivez-le dehors toute l’année, en plein soleil, au moins six heures de soleil direct par jour. La mi-ombre est tolérée, mais à l’ombre les formes pourpres peuvent reverdir. En pleine terre, le fustet résiste à des froids de l’ordre de -15–-10 °C, mais il peut subir des dessèchements de rameaux lors des hivers rigoureux. En bonsaï, la motte prise dans un pot peu profond est bien plus exposée qu’un système racinaire en pleine terre : protégez-la dès que la température descend sous -5 °C.

Comme tout arbre de climat tempéré, il a besoin du froid de l’automne pour entrer en dormance : attendez les premières gelées avant de l’abriter et ne le rentrez jamais dans une pièce chauffée. Un châssis froid ou une serre non chauffée limitent les écarts de température et les vents desséchants ; aérez-les par journée ensoleillée pour que l’arbre reste en repos. On peut aussi enterrer le pot au jardin, la terre couvrant les racines, ou l’entourer d’un isolant. Au printemps, les bourgeons ouverts craignent les gelées tardives.

Substrat

Le fustet accepte presque tous les sols, acides, neutres ou calcaires, à condition qu’ils soient bien drainés. Ses racines fibreuses et superficielles exigent un drainage vif : un substrat détrempé lui est fatal. En pleine terre, il préfère d’ailleurs un sol plutôt pauvre, ce qui convient bien à la culture en pot, où l’on cherche à freiner la vigueur. Un mélange pour bonsaï classique fait l’affaire, par exemple de l’akadama, de la pierre ponce et de la pouzzolane.

Arrosage

Arrosez à l’observation, jamais à jour fixe. Lorsque le substrat paraît à peine sec à environ 1 cm de profondeur, arrosez à fond jusqu’à ce que l’eau ressorte par les trous de drainage. L’eau de pluie est la meilleure ; l’eau du robinet convient à défaut. En pleine terre, le fustet supporte bien la sécheresse une fois installé ; en pot, il dépend entièrement de vous, surtout par temps chaud et venteux. Certains bonsaïstes évitent toutefois de trop choyer l’arbre en eau et en ombre : une culture un peu sobre donne des feuilles et des panaches nettement plus petits. Ne confondez pas sobriété et dessèchement. En hiver, l’arbre dormant boit peu : arrosez seulement quand le substrat sèche.

Apportez un engrais toutes les deux semaines du printemps à la fin de l’été, en respectant la dose indiquée. Un engrais plus riche en azote convient au printemps, un engrais pauvre en azote en fin de saison. N’en donnez pas pendant la dormance.

Taille

Le fustet repousse bien après une taille sévère, ce qui permet de rattraper un sujet dégarni. Mais attention : rabattre fortement provoque des rejets vigoureux aux feuilles plus grandes que la normale, à l’inverse de ce que l’on recherche pour un bonsaï affiné. Réservez donc les grosses coupes à la phase de formation, à la fin de l’hiver ou au début du printemps, avant le débourrement. Utilisez une pince concave et couvrez les plaies importantes de mastic. Un arbre sain supporte la perte d’environ un tiers de son feuillage ; ne cumulez pas taille de structure et rempotage la même année.

Pendant la croissance, raccourcissez simplement les pousses qui dépassent la silhouette, plusieurs fois par saison. Une taille légère préserve les panaches de fleurs ; une taille forte les sacrifie pour l’année. Si une partie du houppier meurt, on peut reconstruire un nouvel arbre à partir d’une branche basse vivante. La sève résineuse peut provoquer des dermatites, en particulier chez les personnes sensibles à l’herbe à la puce : portez des gants.

Ligature

Ligaturez de préférence à la fin de l’hiver, lorsque l’arbre est dépourvu de feuilles et que la structure se lit facilement. Choisissez un fil d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche, enroulé à environ 45° de la base vers la pointe. Pendant la croissance, les branches épaississent vite et le fil peut marquer l’écorce en un à quatre mois : contrôlez-le souvent et coupez-le à chaque spire pour le retirer. Entourez les branches épaisses de raphia humide et utilisez des haubans pour celles qui sont trop rigides. N’intervenez pas sur un arbre affaibli ou tout juste rempoté.

Rempotage

Rempotez tous les ans ou tous les deux ans, au printemps, lorsque les bourgeons commencent à s’allonger. Les racines fibreuses supportent bien la transplantation. Retirez l’ancien substrat avec une baguette, raccourcissez les racines trop longues sans dépasser environ 30 % de la masse racinaire, puis réinstallez l’arbre dans un mélange frais et arrosez copieusement. Gardez-le ensuite à l’abri du vent et du soleil fort jusqu’à la reprise.

Le fustet se prête au style droit informel, à un ou plusieurs troncs, dans des tailles moyennes à très grandes. Un vieux tronc tortueux peut aussi devenir un lettré (bunjin), au tronc élancé portant quelques branches au sommet et des bois morts, présenté dans un pot rond et peu profond. Pour le multiplier, semez les graines dehors en automne, marcottez au printemps ou prélevez des boutures herbacées en été ; les boutures semi-aoûtées réussissent aussi.

L’arbre souffre rarement des ravageurs. La principale menace est la verticilliose. L’oïdium touche surtout les formes pourpres par temps sec ; rouille et taches foliaires apparaissent parfois, l’armillaire rarement. Un symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez aussi l’arrosage. La fiche plante de l’arbre à perruques décrit l’arbuste en pleine terre.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez quand les bourgeons s’allongent, puis protégez les jeunes pousses des gelées tardives. Taille de structure avant le débourrement, marcottage possible. Reprenez l’engrais toutes les deux semaines dès que les feuilles s’étalent, et laissez l’arbre au soleil.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil, arrosage dès que la surface sèche, engrais jusqu’à la fin de la saison. Les panaches de fleurs apparaissent ; raccourcissez les pousses qui dépassent la silhouette. C’est la saison des boutures herbacées. Surveillez l’oïdium par temps sec, surtout sur les formes pourpres.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Arrêtez l’engrais et profitez des couleurs jaunes, orangées et rouges. Laissez l’arbre dehors : il doit sentir le froid pour entrer en dormance. Semez les graines en plein air et préparez la protection des racines avant les fortes gelées.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Arbre nu et dormant : abritez le pot sous un châssis froid ou dans une serre non chauffée, ou enterrez-le au jardin, dès que le froid descend sous -5 °C. Arrosez seulement quand le substrat sèche. C’est la meilleure période pour ligaturer, à la fin de l’hiver, et pour lire la structure des branches.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 30 octobre 2026

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