Fustet en été dans un jardin botanique : arbuste au feuillage bleu-vert arrondi, couvert de grands panaches plumeux rose beige qui évoquent un nuage de fumée.
Photo : Krzysztof Ziarnek, Kenraiz — CC BY-SA 4.0

Famille · Anacardiaceae

Arbre à perruques

Cotinus coggygria Scop.

Fustet · Sumac fustet

Synonymes : Cotinus cinereus, Cotinus coriarius, Cotinus cotinus, Cotinus ellipticus, Cotinus velutinus, Rhus cotina, Rhus cotinus, Rhus laevis, Rhus obovatifolia, Rhus simplicifolia, Rhus velutina

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -34 °C
Lumière
Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Hauteur en culture
3–4,5 m
Rusticité
Jusqu’à -34 °C
Toxicité
Irritante / toxique pour l’humain

Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes faciles

Cotinus coggygria est un grand arbuste caduc d’Europe du Sud et d’Asie, cultivé pour ses panaches plumeux qui l’enveloppent d’un nuage rose tout l’été, puis pour ses couleurs d’automne. Rustique et résistant à la sécheresse une fois installé, il demande surtout du soleil et un sol qui ne reste jamais détrempé.

Identification et origine

Cotinus coggygria appartient à la famille des Anacardiaceae, celle de l’anacardier, qui donne la noix de cajou, et du sumac vénéneux ; il a longtemps été rangé parmi les sumacs, sous le nom de Rhus cotinus. Son aire naturelle est immense : du sud de l’Europe, de la France aux Balkans et à la Crète, elle gagne l’Europe centrale et l’Ukraine, le Caucase, la Turquie, l’Iran et l’Asie centrale, jusqu’à l’Himalaya et au centre de la Chine.

C’est un arbuste caduc dressé puis étalé, à plusieurs troncs, qui peut aussi prendre la forme d’un petit arbre. Il atteint couramment 3–4,5 m de haut et autant de large, parfois davantage avec l’âge, et pousse vite. Ses feuilles alternes, simples, ovales à arrondies et à bord lisse, mesurent 4–9 cm ; bleu-vert en été, elles ont des nervures bien marquées et dégagent une odeur de radis quand on les froisse. À l’automne, elles virent au jaune, à l’orange ou au rouge pourpre, avec de grandes variations d’une plante à l’autre. L’écorce, lisse et gris clair sur les jeunes tiges, devient rugueuse et s’écaille avec l’âge.

Ce ne sont pas ses fleurs qui font son succès : minuscules et jaunâtres, elles apparaissent à la fin du printemps en panicules ramifiées de 15–20 cm. Après la floraison, les pédicelles des fleurs stériles s’allongent et se couvrent de longs poils fins qui prennent une teinte rose fumée à rose pourpré : la plante semble alors enveloppée de fumée, ou coiffée d’une perruque, pendant tout l’été. Le fruit est une petite drupe en forme de rein.

Le nom du genre vient du grec kotinos, « olivier », et l’épithète coggygria désigne en grec l’arbre à fumée. Parmi les cultivars courants : ‘Royal Purple’, au feuillage pourpre presque noir et à la fumée rouge pourpré ; ‘Velvet Cloak’, pourpre foncé ; ‘Nordine’, l’une des formes pourpres les plus rustiques ; ‘Ancot’ (Golden Spirit), au feuillage jaune doré, plus compact ; ‘Daydream’, vert, très florifère.

Lumière

Plantez-le en plein soleil, avec au moins six heures de soleil direct par jour. C’est là qu’il fleurit le mieux et qu’il forme une couronne bien équilibrée. À mi-ombre, il pousse de façon asymétrique en se penchant vers la lumière, et les cultivars pourpres ont tendance à reverdir.

Arrosage

Une fois bien installé, il résiste remarquablement à la sécheresse et se contente le plus souvent des pluies. Il pousse même dans des sols secs et caillouteux qui ne sont jamais arrosés. Tant qu’il n’est pas bien enraciné, il n’a pas encore cette résistance : surveillez le sol pendant les périodes sèches qui suivent la plantation.

Ce qu’il craint le plus, c’est l’excès d’eau : ses racines superficielles et fibreuses supportent mal un sol qui reste détrempé.

Substrat

Il s’accommode de la plupart des sols, argileux, limoneux, sableux, crayeux ou caillouteux, et d’un pH acide comme alcalin, à une condition : un drainage parfait. Il préfère même les sols plutôt pauvres ; dans une terre très riche, il pousse vite mais vit souvent moins longtemps.

Il tolère l’argile, pourvu que l’eau ne stagne pas : évitez seulement les sols lourds, mouilleux et mal drainés, qui asphyxient ses racines superficielles.

Températures

C’est un arbuste rustique, cultivé dans les zones USDA 4a à 8b. Il supporte des hivers de -15–-10 °C dans la plupart des situations. Lors d’hivers très froids, les extrémités des rameaux peuvent toutefois geler et sécher : supprimez-les au printemps.

Rempotage

Son système racinaire fibreux le rend facile à transplanter. Plantez-le sans enrichir la terre, puisqu’un sol trop riche raccourcit sa vie, puis arrosez bien pour installer les racines.

Il peut aussi se cultiver en grand bac ou en jardinière, à condition d’utiliser un contenant percé et un mélange très drainant. Prévoyez un emplacement de 1,8–3,6 m de large pour une plante adulte en pleine terre.

Taille

Il n’a pas besoin de taille régulière : supprimez seulement le bois mort, abîmé ou mal placé.

  • Pour profiter des panaches, taillez très légèrement au début du printemps, seulement si nécessaire, car la fumée se forme sur les pousses de l’année.
  • Pour un feuillage spectaculaire, surtout chez les cultivars pourpres ou dorés, rabattez sévèrement les tiges à la fin de l’hiver jusqu’à 15–20 cm du sol, ou sur une charpente basse. Vous obtenez des pousses vigoureuses aux feuilles plus grandes et plus colorées, mais sans floraison cette année-là.
  • Compromis : ne rabattez que deux tiers des vieilles tiges et laissez le dernier tiers pour conserver une partie des panaches.

Il supporte très bien une taille de rajeunissement sur un sujet vieillissant. Portez des gants : sa sève peut irriter la peau.

Multiplication

Les cultivars se multiplient par voie végétative. Prélevez des boutures semi-ligneuses, mais sachez qu’elles s’enracinent irrégulièrement.

Le marcottage est souvent plus sûr. À l’automne ou au printemps, choisissez une jeune tige souple sur le pourtour de l’arbuste et couchez-la jusqu’au sol. À environ 30 cm de son extrémité, pratiquez une entaille de 3–5 cm le long de la tige, à travers un bourgeon, maintenez-la ouverte avec un petit éclat de bois et appliquez une hormone de bouturage. Enterrez cette partie dans une tranchée de 10–15 cm, fixez-la avec un crochet de fil de fer et attachez l’extrémité à un tuteur pour qu’elle pousse droite. Les racines se forment en un an environ ; sevrez alors la marcotte et plantez-la.

Sur un arbuste vigoureux rabattu au printemps, le marcottage en étoile permet d’obtenir plusieurs plants : l’année suivante, couchez les nouvelles tiges en rayons autour du pied et buttez les pousses qui se redressent.

Problèmes fréquents

  • Branches entières qui flétrissent et meurent : verticilliose, la maladie la plus grave ; supprimez les branches atteintes et arrosez pendant les périodes sèches.
  • Taches sur les feuilles : maladies des taches foliaires ou rouille, rarement graves.
  • Feutrage blanc sur les feuilles : oïdium, surtout par temps sec.
  • Feuilles roulées et minées : chenilles de tordeuses ; retirez-les à la main.
  • Petites cochenilles sur les rameaux : cochenille de San José.
  • Cultivar pourpre qui verdit, peu de panaches : manque de soleil, ou taille sévère récente.

Plus rarement, l’armillaire peut s’attaquer aux racines. Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : regardez aussi l’exposition, le drainage et la météo récente avant de conclure.

Toxicité

L’arbre à perruques appartient à la même famille que le sumac vénéneux : le contact avec sa sève résineuse peut provoquer une dermatite, en particulier chez les personnes sensibles à cette plante. Portez des gants et des manches longues pour la taille. Aucune toxicité pour les chiens, les chats ou les chevaux n’est signalée par les références vétérinaires ; en cas de doute après une ingestion, contactez un vétérinaire.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 19 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 19 octobre 2026.

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