Niveau · Intermédiaire

Bougainvillier en bonsaï

Bougainvillea glabra

Fiche botanique de l’espèce : Bougainvillier →
Emplacement
Intérieur ou extérieur selon le climat
Maintenir au-dessus de
10 °C
Bonsaï de bougainvillier au tronc tortueux et à l’écorce gris-beige, couronne de petites feuilles vertes, dans une coupe ovale bleu sombre, étiquette de musée au premier plan.
Photo : Daderot — CC0

Le bougainvillier fait un bonsaï spectaculaire : un tronc gris-beige qui devient sillonné et noueux avec l’âge, et, de l’été à l’automne, des bractées rose vif, pourpres, rouges, blanches ou orangées. Il pousse vite et supporte très bien la taille, mais il ne fleurit qu’avec beaucoup de soleil et de chaleur, et son hivernage au frais et à la lumière demande une vraie organisation. Il convient à un amateur qui dispose d’un endroit adapté pour l’hiver.

Emplacement

Le bougainvillier a besoin de plein soleil et de chaleur pour produire ses bractées. Pendant la saison de croissance, placez-le dehors, à l’endroit le plus ensoleillé du jardin ou du balcon. À la sortie, au printemps, installez-le d’abord deux semaines à la mi-ombre avant de l’exposer au plein soleil : ce passage progressif évite le stress d’un changement brutal. Sous verre, en serre ou en véranda, protégez-le du soleil direct au cœur de l’été.

C’est une plante qui ne supporte aucun gel : elle doit passer l’hiver à l’intérieur ou dans une serre chauffée. À l’automne, rentrez-la avant que les nuits ne descendent sous 10 °C. L’idéal est une pièce fraîche et lumineuse, jamais sous 10 °C et de préférence pas au-dessus de 15 °C, ce qui est difficile à obtenir dans beaucoup de maisons. La lumière reste indispensable : placez l’arbre tout contre la fenêtre la plus lumineuse ou complétez avec une lampe horticole. Il survit à un hivernage plus froid mais hors gel si le substrat reste sec, au prix de la chute de ses feuilles.

Substrat

Un mélange standard pour bonsaï, bien drainant, lui convient. Il doit retenir assez d’eau entre deux arrosages, laisser l’excédent s’écouler aussitôt et rester aéré. Le bougainvillier préfère un pH légèrement acide, autour de 6 à 6,5. Tamisez le mélange pour éliminer la poussière, afin qu’il reste aéré et bien drainant.

Arrosage

Arrosez abondamment dès que le substrat a séché, sans jamais laisser d’eau stagner. Un substrat détrempé en permanence entraîne la pourriture des racines, des maladies cryptogamiques, une sensibilité accrue aux ravageurs et, à terme, la mort de l’arbre. Le bougainvillier fleurit d’ailleurs mieux quand il est tenu un peu sec qu’arrosé généreusement. N’arrosez pas à jour fixe : touchez le substrat. Après la floraison, espacez les arrosages ; en hiver au frais, arrosez rarement, mais à fond. Évitez les eaux très calcaires.

Engrais : pendant la saison de croissance, un engrais organique solide une fois par mois ou un engrais liquide chaque semaine ; en hiver, un engrais liquide toutes les deux semaines. Évitez l’excès d’azote, qui fait pousser des feuilles au détriment des bractées ; quand les bractées commencent à se colorer, un engrais riche en potassium les favorise.

Taille

Le bougainvillier pousse vite, supporte très bien la taille et se prête à la plupart des styles de bonsaï. Il fleurit sur les pousses de l’année : l’équilibre entre forme et floraison se joue donc dans le calendrier des coupes.

  • Après la floraison : raccourcissez les pousses en ne leur laissant que deux feuilles.
  • Rameaux et branches : taillez-les à l’automne ou en hiver.
  • Taille sévère : l’arbre redémarre sur le vieux bois après une coupe forte.
  • En été : si vous voulez des fleurs, ne pincez et ne taillez pas trop à cette saison.
  • Plaies : couvrez les grosses coupes de mastic cicatrisant ; elles se referment lentement.

Coupez les bractées et les fleurs fanées pour éviter qu’elles ne pourrissent sur l’arbre. Portez des gants : les rameaux sont armés d’épines acérées.

Ligature

Les jeunes pousses et les rameaux se ligaturent sans difficulté. Les branches plus âgées, en revanche, deviennent très raides et cassent facilement : ne cherchez pas à les plier fortement. Pour elles, un hauban ancré sur une racine solide, une autre branche ou le pot, avec une protection sous le fil, permet d’abaisser la branche sans la plier au fil enroulé. Méfiez-vous des épines pendant la pose du fil.

Choisissez un fil d’aluminium, plus facile à manipuler, d’environ un tiers de l’épaisseur du rameau, et enroulez-le à environ 45°. Surveillez souvent : en pleine croissance, le rameau peut s’épaissir et être marqué en un à quatre mois. Retirez le fil avant qu’il n’entre dans l’écorce, en le coupant à chaque spire. Évitez de ligaturer un arbre affaibli ou tout juste rempoté.

Rempotage

Rempotez les petits bougainvilliers tous les deux ou trois ans et les grands sujets tous les trois à cinq ans, au début du printemps, dans un mélange standard bien drainant. Ses racines sont jaunes, fines et fragiles : sortez la motte du pot avec précaution pour ne pas les arracher, démêlez-les délicatement et n’utilisez pas le crochet à racines avec force. La taille des racines est bien tolérée ; ne supprimez pas plus d’environ 30 % des racines. Après le rempotage, gardez l’arbre dans des conditions stables, sans engrais ni taille sévère tant qu’il n’est pas reparti.

Le bougainvillier se multiplie par boutures semi-ligneuses ou par boutures de racines, au printemps et en été, ainsi que par marcottage aérien. Les boutures semi-ligneuses prélevées avec un talon en été s’enracinent en général en quatre à six semaines, plus vite avec une chaleur de fond d’environ 15 °C ; le marcottage, à la fin de l’hiver et au début du printemps, est souvent la méthode la plus sûre. Un arbre sain, sans excès d’eau et bien éclairé, résiste bien aux parasites. Affaibli, il peut subir l’oïdium, les pucerons, les cochenilles, les cochenilles farineuses, les aleurodes, les araignées rouges ou les chenilles : traitez avec un produit adapté et corrigez ses conditions de culture.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez si besoin au début du printemps, tous les deux ou trois ans pour un jeune arbre. Sortez-le quand les nuits restent au-dessus de 10 °C, d’abord deux semaines à la mi-ombre, puis au plein soleil. Reprenez l’engrais solide chaque mois ou liquide chaque semaine.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil et chaleur pour la floraison. Arrosez à fond dès que le substrat sèche, sans jamais le laisser détrempé. Ne pincez pas trop : chaque coupe enlève des fleurs. Après une floraison, ramenez les pousses à deux feuilles et retirez les bractées fanées.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Rentrez l’arbre avant que les nuits ne descendent sous 10 °C, dans une pièce fraîche et très lumineuse. Espacez les arrosages après la floraison. Taillez rameaux et branches pour préparer la silhouette de l’année suivante.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Au frais, idéalement entre 10 °C et 15 °C, tout près d’une fenêtre lumineuse ou sous une lampe horticole. Arrosez à fond seulement quand le substrat a séché. Engrais liquide toutes les deux semaines. Les coupes de structure se font aussi à cette saison.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 29 septembre 2026

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