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Cyprès hinoki en bonsaï

Chamaecyparis obtusa

Fiche botanique de l’espèce : Cyprès hinoki →
Emplacement
Extérieur
Bonsaï de cyprès hinoki nain au tronc brun-roux sinueux et aux racines apparentes, portant des étages de feuillage vert dense en coussins et une petite branche morte blanchie, dans un pot rectangulaire gris.
Photo : Cliff from Arlington, Virginia, USA — CC BY 2.0

Avec ses éventails de feuillage vert profond et son écorce brun-rouge qui s’effiloche, le cyprès hinoki est l’un des grands conifères du bonsaï japonais. Il est pourtant exigeant : il ne repart pas sur le vieux bois, perd les rameaux intérieurs privés de lumière et réclame un entretien constant du feuillage. Un bonsaï pour amateur expérimenté et patient.

Emplacement

Chamaecyparis obtusa est un « faux-cyprès » originaire du Japon et de Taïwan, où il forme des arbres pouvant atteindre 40 m, au tronc puissant. Son feuillage en écailles, vert foncé, dessine des éventails aplatis, et son écorce brun-rouge se détache en lanières. Pour les petits bonsaïs, on choisit des cultivars nains au feuillage très fin et compact, comme ‘Yatsubusa’, ‘Chirimen’ ou ‘Sekka’. Le cultivar ornemental nain ‘Nana Gracilis’ est en revanche délicat : il ne bourgeonne pas sur le vieux bois, perd facilement son feuillage intérieur sans le remplacer, et il est souvent greffé, avec un renflement disgracieux au pied du tronc.

C’est un bonsaï d’extérieur. Placez-le en plein soleil pendant toute la saison de croissance et laissez-lui beaucoup de lumière en hiver. Abritez-le des vents forts, surtout en hiver, ainsi que des fortes gelées et des vents glacés. Son feuillage aime l’humidité de l’air et souffre des vents chauds et secs : brumisez-le régulièrement, en évitant de le mouiller en plein soleil, ce qui peut laisser des taches de brûlure. Pour l’hivernage, certaines collections rentrent leurs arbres dans un abri froid maintenu juste au-dessus de 0 °C : l’arbre doit être en pleine dormance avant d’y entrer et ressortir avant de reprendre sa croissance. Vérifiez alors l’humidité de la motte chaque semaine.

Substrat

Utilisez un mélange bien drainant, légèrement acide : le hinoki n’aime pas le calcaire. Sous climat chaud, ajoutez un peu d’humus pour mieux retenir l’eau. Pour les conifères, un mélange d’environ moitié de sable grossier, un quart de terre franche et un quart de tourbe ou de terreau de feuilles est employé dans des collections publiques de bonsaïs.

Arrosage

Contrairement à beaucoup de conifères, le hinoki a soif et ne supporte pas que son substrat sèche complètement. Arrosez dès qu’il commence à sécher, sans laisser les racines baigner en permanence. Posez la paume sur le substrat : s’il paraît sec, arrosez. Remplissez le pot d’eau, laissez-le s’égoutter, puis recommencez, pour humidifier toute la motte. Utilisez une eau non calcaire, comme l’eau de pluie. En hiver, réduisez les arrosages, mais ne laissez jamais la motte se dessécher.

Engrais : pendant la saison de croissance, apportez un engrais organique solide toutes les quatre semaines ou un engrais liquide chaque semaine. Une autre méthode consiste à donner une solution très diluée toutes les une à deux semaines du printemps jusqu’au milieu de l’été, puis toutes les deux à trois semaines jusqu’à l’automne, avant d’arrêter.

Taille

Le hinoki demande un entretien constant du feuillage. Pendant toute la saison de croissance, pincez régulièrement les nouvelles pousses pour garder l’arbre compact : si elles s’allongent trop, l’intérieur de la ramure perd sa végétation, et cette perte est irrémédiable. Éclaircissez aussi les éventails en surnombre ou qui se superposent, pour que la lumière atteigne les rameaux intérieurs et inférieurs : privées de lumière, les écailles meurent et ne repoussent pas. Le feuillage ombragé dépérit souvent en hiver.

Gardez en tête que les nouveaux bourgeons n’apparaissent que sur les branches encore vertes, jamais sur le bois âgé. Avant de raccourcir une branche, assurez-vous qu’il lui restera du feuillage, et choisissez un arbre dont les branches sont déjà bien placées. Évitez les tailles fortes en été.

Le hinoki se prête à tous les styles, sauf le balai, et à toutes les tailles.

Ligature

La mise en forme peut se faire à toute époque de l’année. Les conifères se travaillent avec un fil de cuivre recuit, plus dur que l’aluminium, d’environ un tiers du diamètre de la branche, enroulé à environ 45°. Les branches du hinoki mettent longtemps à garder leur nouvelle position : il faut souvent les religaturer plusieurs fois. Contrôlez régulièrement le fil, qu’une branche peut englober en un à quatre mois, et ne le laissez jamais plus d’un an : il étranglerait la branche. Coupez-le spire par spire, sans le dérouler. Sur de très vieux sujets, un fil de nylon tendu remplace avantageusement la ligature, et réorienter une branche peut prendre deux à trois ans. Ne ligaturez pas un arbre affaibli ou fraîchement rempoté.

Rempotage

Rempotez un jeune sujet tous les deux à trois ans ; les arbres âgés ou de grande taille peuvent attendre quatre à cinq ans, voire plus. Le meilleur moment est le début du printemps, quand la croissance démarre ; la fin de l’été est une autre possibilité. Les racines poussent vite et supportent une taille importante : raccourcissez de 2–3 cm environ les côtés et le fond de la motte, et coupez les racines plus épaisses qu’un crayon, avant de replacer l’arbre dans un substrat neuf.

Le hinoki se multiplie par semis, par boutures et par marcottage aérien. Les graines demandent un passage au froid et peuvent mettre jusqu’à un an à germer ; semez-les dehors au printemps. Les boutures de pousses tendres ou semi-ligneuses se prélèvent à la fin de l’été, et le marcottage aérien se pratique à la fin du printemps.

Côté parasites, surveillez les cochenilles, les acariens et les pucerons, à traiter avec un produit adapté. La brûlure des pousses, qui fait sécher l’extrémité des rameaux, se soigne avec un fongicide spécifique. Avant de conclure à une maladie, rappelez-vous qu’un feuillage qui brunit à l’intérieur de l’arbre manque souvent simplement de lumière.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez au début de la saison, quand la croissance démarre. Reprenez l’engrais. Commencez les pincements des nouvelles pousses dès qu’elles s’allongent, sans les laisser filer.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil, arrosages attentifs dès que le substrat commence à sécher, brumisations hors des heures chaudes. Pincez à plusieurs reprises ; évitez les tailles fortes. Bouturez à la fin de l’été, saison où l’on peut aussi rempoter.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Espacez l’engrais puis arrêtez-le à la fin de la saison. Éclaircissez les éventails qui se superposent pour faire entrer la lumière avant l’hiver.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Beaucoup de lumière, abri contre les fortes gelées et les vents glacés. Arrosez moins, sans jamais laisser la motte sécher complètement. Un abri froid, juste au-dessus de 0 °C, convient à un arbre en pleine dormance.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 10 octobre 2026

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