Niveau · Intermédiaire

Kaki en bonsaï

Diospyros kaki

Fiche botanique de l’espèce : Kaki →
Emplacement
Extérieur
Protéger les racines en dessous de
-6 °C
Bonsaï de kaki au tronc épais, noueux et incliné, portant de fines branches au feuillage vert tendre, dans une coupe rectangulaire gris-vert devant un mur clair.
Photo : Cliff from Arlington, Virginia, USA — CC BY 2.0

Le kaki, ou plaqueminier du Japon, donne des bonsaïs d’extérieur spectaculaires : écorce sombre et craquelée, feuillage qui flamboie à l’automne et fruits orange qui restent accrochés aux rameaux nus. Il lui faut du soleil, un vrai repos hivernal et une main légère sur les grosses coupes.

Emplacement

Le kaki se cultive en bonsaï d’extérieur. Arbre caduc, il a besoin d’une période de dormance hivernale au froid pour rester en bonne santé : ne le gardez pas en intérieur. Donnez-lui beaucoup de lumière, idéalement cinq à six heures de soleil direct par jour, surtout au printemps et en été, quand il pousse activement ; plus il reçoit de soleil, plus il est vigoureux. Pendant les journées les plus chaudes, un peu d’ombre l’après-midi évite que le feuillage ne brûle.

En hiver, il peut rester dehors toute l’année sous les climats doux, qui correspondent aux zones USDA 7 à 9. Il supporte des températures d’environ -6 °C ; en dessous, protégez les racines en isolant le pot ou rentrez l’arbre dans un abri froid mais hors gel. Au printemps, gardez un œil sur la météo : les gelées tardives abîment les fleurs, et un gel précoce d’automne gâte les fruits encore verts.

Les kakis portent le plus souvent des fleurs mâles et des fleurs femelles sur des arbres différents, même si certains sujets en portent des deux sortes. Seuls les arbres femelles donnent des fruits, mais la plupart des variétés cultivées fructifient sans pollinisation. Un bonsaï commence à fructifier vers cinq à sept ans. En bonsaï, on utilise surtout le plaqueminier de Virginie (Diospyros virginiana) et le kaki du Japon (Diospyros kaki), dont les fruits sont les plus gros : ce dernier convient mieux aux arbres de taille moyenne à grande.

Substrat

Le kaki demande un mélange bien drainant qui garde un peu d’humidité sans devenir détrempé. Un mélange d’akadama, de pierre ponce et de pouzzolane à parts égales assure à la fois aération, drainage et réserve d’eau. Un mélange de terre et de sable grossier, très drainant, donne aussi de bons résultats. Un substrat qui reste mouillé favorise la pourriture des racines et les maladies fongiques.

Arrosage

Arrosez régulièrement pendant toute la période de croissance, du printemps à l’automne, sans jamais suivre un calendrier fixe. Contrôlez souvent l’humidité : quand la couche supérieure du substrat est sèche au toucher, arrosez abondamment jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous de drainage. Laissez le substrat sécher légèrement entre deux arrosages et ne laissez jamais l’arbre dans une soucoupe pleine. En revanche, ne laissez jamais la motte se dessécher complètement. En hiver, pendant la dormance, les besoins diminuent nettement, mais le substrat ne doit pas sécher entièrement.

Engrais : dès le début du printemps, à la reprise, et tout l’été, apportez un engrais équilibré à libération lente, ou un engrais liquide dilué de moitié toutes les deux semaines. Une fertilisation régulière soutient aussi la production de fruits. Réduisez puis arrêtez en fin d’automne et en hiver. L’excès d’engrais donne des pousses faibles et étirées.

Taille

La taille d’entretien se fait pendant la saison de croissance : raccourcissez à deux feuilles les nouvelles pousses encore tendres, en insistant sur le sommet et l’extérieur de la couronne, où la croissance est naturellement la plus forte. Au début du printemps, supprimez le bois mort ou abîmé et rabattez les pousses trop longues. Le meilleur moment pour la taille de structure reste la fin de l’automne, une fois les feuilles et les fruits tombés : la charpente de l’arbre se lit alors parfaitement.

Évitez les grosses plaies : le kaki cicatrise mal et lentement. Préférez plusieurs petites interventions à une coupe sévère, et couvrez chaque coupe de branche fraîche avec du mastic cicatrisant.

Pour les fruits, un excès épuise l’arbre. Au début de l’été, retirez une partie des jeunes fruits : ceux qui restent grossissent mieux et prennent une couleur plus vive. En bonsaï, le kaki forme souvent un tronc élégant, légèrement tortueux, sous une couronne compacte et équilibrée ; les styles droit informel ou incliné mettent bien en valeur son écorce crevassée.

Ligature

Le kaki se ligature bien, mais son écorce est fragile. Comme pour la plupart des feuillus, la ligature est plus facile en fin d’hiver, en l’absence de feuilles ; on peut aussi positionner les branches du printemps à l’été. Le fil d’aluminium anodisé convient bien aux feuillus. Choisissez un fil d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche, enroulé à environ 45°, et protégez l’écorce des grosses branches avec du raphia mouillé avant de plier. Pliez en appuyant sur l’intérieur de la courbe pour limiter les risques de fente. Retirez le fil après quelques mois, avant qu’il ne marque l’écorce, en le coupant plutôt qu’en le déroulant.

Les jeunes arbres, aux branches encore souples, se forment beaucoup plus facilement : avec l’âge, les branches deviennent cassantes. Donnez donc l’essentiel de la structure tôt, et contentez-vous ensuite de retouches.

Rempotage

Rempotez tous les deux à trois ans, en fonction de l’âge et de la taille de l’arbre, au début du printemps, avant le départ de la végétation. Taillez les racines pour garder un système compact et vigoureux, sans en retirer plus d’environ un tiers, et ajustez la quantité de feuillage à la réduction des racines. Renouvelez entièrement le substrat pour qu’il reste frais et drainant.

Le kaki se multiplie par bouture. Il résiste assez bien aux ravageurs, mais surveillez les pucerons, les acariens et les cochenilles : un lavage à la brosse douce ou un savon insecticide en vient à bout. Des feuilles qui jaunissent ou tombent trop tôt signalent souvent un problème d’arrosage ou une maladie fongique : vérifiez d’abord le drainage.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez au tout début du printemps, avant le départ de la végétation, en taillant modérément les racines. Retirez le bois mort ou abîmé et raccourcissez les pousses trop longues. Reprenez l’engrais dès la reprise et protégez les fleurs des gelées tardives.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil, avec un peu d’ombre l’après-midi pendant les fortes chaleurs. Arrosages réguliers, engrais toutes les deux semaines, pincement des pousses tendres à deux feuilles. Au début de l’été, éclaircissez les fruits trop nombreux. Ligaturez si besoin en surveillant l’écorce.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Le feuillage vire au jaune, à l’orange et au rouge, puis les fruits mûrissent. Réduisez puis arrêtez l’engrais en fin de saison. Après la chute des feuilles et des fruits, la structure apparaît nettement : c’est le meilleur moment pour la taille de structure.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Repos dehors, au froid, avec un arrosage réduit sans jamais laisser sécher la motte. Sous environ -6 °C, isolez le pot ou placez l’arbre dans un abri hors gel. La ligature des branches est plus facile en l’absence de feuilles, en fin d’hiver.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 26 octobre 2026

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