Niveau · Intermédiaire

Myrte en bonsaï

Myrtus communis

Fiche botanique de l’espèce : Myrte commun →
Emplacement
Intérieur ou extérieur selon le climat
Protéger les racines en dessous de
0 °C
Bonsaï de myrte commun d’une dizaine d’années, au tronc sinueux et aux petites feuilles vert foncé disposées en plateaux étagés, dans une coupe rectangulaire bleu foncé munie de son étiquette.
Photo : Tangopaso — Domaine public

Cultivé en pot depuis l’Antiquité, le myrte commun fait un bonsaï aux petites feuilles vert foncé qui embaument quand on les froisse, à l’écorce couleur cannelle et aux fleurs blanches parfumées, suivies de baies noir bleuté. Il se ramifie très bien, mais ne pardonne ni le gel, ni le calcaire, ni un dessèchement de la motte.

Emplacement

Myrtus communis est un arbuste persistant méditerranéen qui ne supporte pas le gel. Le plus simple est de le cultiver dehors à la belle saison et de l’abriter l’hiver. On peut aussi le garder à l’intérieur toute l’année, à condition de lui offrir beaucoup de lumière et d’air.

Du printemps à l’automne, installez-le au soleil, dans un endroit abrité des vents froids et desséchants ; lors des étés très chauds, une situation à mi-ombre lui convient mieux. Il lui faut un été long et chaud pour bien fleurir : ses fleurs blanches et parfumées apparaissent en fin d’été, suivies de baies noir bleuté de la taille d’un pois.

À l’automne, avant les gelées, rentrez-le dans une pièce fraîche, idéalement autour de 10 °C, devant une fenêtre orientée au sud ou sous une lampe horticole. Évitez de le placer dans une pièce chaude, à l’air sec et peu éclairée : ce sont exactement les conditions qui attirent cochenilles et aleurodes.

Substrat

Le myrte supporte mal le calcaire, aussi bien dans le substrat que dans l’eau d’arrosage. Utilisez un mélange pour bonsaï sans calcaire, auquel vous ajoutez de la tourbe ou de la kanuma. Le mélange doit retenir assez d’humidité, car la motte ne doit jamais sécher, tout en drainant bien pour éviter la pourriture des racines. Inutile de choisir un pot trop grand : des racines un peu à l’étroit favorisent la floraison.

Arrosage

C’est le point essentiel. La motte doit rester humide en permanence, sans jamais être détrempée : un dessèchement complet peut tuer l’arbre très rapidement. Arrosez abondamment dès que la surface du substrat commence à sécher, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous de drainage. Ne suivez pas de calendrier : un pot en plein soleil l’été sèche bien plus vite qu’en hiver dans une pièce fraîche, où il garde son humidité plus longtemps. Touchez le substrat régulièrement et adaptez-vous.

Employez de préférence de l’eau de pluie, ou à défaut une eau peu calcaire.

Engrais : pendant la saison de croissance, apportez un engrais liquide chaque semaine. En hiver, ne fertilisez pas un myrte gardé au frais. S’il hiverne à plus de 10 °C et continue de pousser un peu, donnez-lui un engrais liquide deux fois par mois.

Taille

Ses feuilles sont petites, lancéolées et vert foncé, et il se ramifie très bien, ce qui en fait un excellent sujet pour obtenir une ramure fine. Après la floraison, laissez les nouvelles pousses s’allonger jusqu’à six à huit paires de feuilles, puis rabattez-les en gardant une paire de feuilles sur chaque rameau : de nouveaux bourgeons se forment alors et densifient la couronne.

Le tronc s’épaissit lentement et l’écorce, couleur cannelle, se creuse légèrement de sillons avec l’âge : la patience est de mise pour obtenir un tronc imposant. Couvrez les plaies importantes d’un mastic cicatrisant. Le myrte se prête à de nombreux styles, et tout particulièrement au style en balai, qui met en valeur sa ramure dense.

Ligature

La ligature est possible sur les jeunes pousses et les rameaux encore souples. Les branches plus âgées deviennent raides et cassent facilement : la structure se décide donc tôt, et l’on complète ensuite par la taille. Un fil d’aluminium anodisé, plus souple, est facile à manier sur ces rameaux fins. Choisissez-le d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche et enroulez-le à environ 45°, ce qui laisse la branche s’épaissir tout en gardant sa forme. Si une branche plus épaisse doit être guidée, protégez-la au préalable avec du raphia mouillé. Ligaturez toutes les branches prévues avant de commencer à plier.

Les rameaux mettent quelques mois à garder leur position, souvent six à douze mois, mais le fil peut marquer l’écorce en un à quatre mois pendant la croissance : contrôlez-le souvent. Pour le retirer, coupez-le à chaque spire plutôt que de le dérouler, ce qui risquerait d’abîmer l’arbre. Pliez en appuyant sur l’intérieur de la courbe et évitez de plier plusieurs fois la même branche.

Rempotage

Rempotez les jeunes arbres tous les deux ou trois ans, les plus âgés tous les trois à cinq ans. Le meilleur moment est le début du printemps, quand les bourgeons commencent à gonfler. Retirez délicatement une partie de l’ancien substrat, raccourcissez les racines trop longues sans dépasser 30 % de la masse racinaire, puis replantez dans un mélange frais sans calcaire et arrosez copieusement. Gardez ensuite l’arbre à un emplacement stable, sans fertiliser trop tôt.

Multiplication : par semis ou par bouturage. Les boutures semi-ligneuses prélevées au printemps ou en été donnent les meilleurs résultats ; le marcottage aérien fonctionne aussi.

Ravageurs et maladies : les cochenilles, les cochenilles farineuses et les aleurodes sont les ennemis habituels, surtout en hiver à l’intérieur, dans un air chaud et sec et avec peu de lumière. Dehors, par temps chaud et sec, cochenilles, acariens et thrips peuvent aussi s’installer. Traitez avec un produit adapté, mais améliorez avant tout les conditions de culture. Au printemps, une gelée tardive suffit à abîmer les jeunes pousses : attendez que le risque soit passé avant de sortir l’arbre.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez si nécessaire, au moment où les bourgeons gonflent, dans un substrat sans calcaire. Sortez l’arbre quand tout risque de gel est écarté, au soleil et à l’abri des vents froids. Reprenez l’engrais liquide chaque semaine et ligaturez les jeunes rameaux.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Soleil, avec une mi-ombre lors des fortes chaleurs. Gardez la motte toujours humide, jamais détrempée, à l’eau de pluie. Engrais liquide chaque semaine. La floraison arrive en fin de saison ; par temps chaud et sec, surveillez cochenilles, acariens et thrips.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Après la floraison, laissez les pousses former six à huit paires de feuilles, puis rabattez-les à une paire. Les baies mûrissent. Rentrez l’arbre avant les premières gelées, dans une pièce fraîche et très lumineuse.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Pièce fraîche autour de 10 °C, devant une fenêtre au sud ou sous une lampe horticole. Arrosez au rythme du séchage, sans laisser la motte sécher. Pas d’engrais au frais ; deux apports par mois si la pièce est plus chaude et que l’arbre pousse encore. Surveillez cochenilles, cochenilles farineuses et aleurodes.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 16 octobre 2026

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