Niveau · Intermédiaire

Olivier en bonsaï

Olea europaea

Fiche botanique de l’espèce : Olivier →
Emplacement
Extérieur
Protéger les racines en dessous de
0 °C
Bonsaï d’olivier au tronc épais et noueux, à l’écorce grise tourmentée, portant une couronne dense de petites feuilles vert grisâtre, dans une coupe rectangulaire brune posée sur une table en bois, avec une étiquette « Olive » au premier plan.
Photo : Daderot — CC0

Tronc noueux, écorce rugueuse, bois mort naturel et petites feuilles argentées : l’olivier donne des bonsaïs qui paraissent très vieux. Vigoureux, il repart même sur le vieux bois et supporte bien la taille. Sa seule vraie exigence est l’hiver : il lui faut une place lumineuse, fraîche et hors gel, jamais une pièce chauffée.

Emplacement

L’olivier est un arbre d’extérieur, emblématique des pays méditerranéens. Pendant la saison de croissance, placez-le en plein soleil : la lumière directe stimule la pousse et réduit la taille des feuilles, ce que l’on recherche en bonsaï. En été, il peut rester au soleil toute la journée, mais une légère ombre l’après-midi l’aide à traverser les fortes chaleurs.

L’olivier supporte des températures légèrement négatives, mais il doit être protégé des gelées plus marquées, qui abîment les branches. Le meilleur hivernage est une serre froide ou un local lumineux maintenu hors gel. Évitez à tout prix la pièce chauffée de la maison : l’arbre y manque de lumière et souffre de l’air sec, ce qui le rend très sensible aux cochenilles. Au printemps, ne le ressortez qu’une fois tout risque de gelée écarté. Posez le pot sur des cales pour que l’excès d’eau s’écoule librement.

Un olivier vigoureux est rarement attaqué. Cochenilles et cochenilles farineuses apparaissent surtout sur un arbre hiverné trop au chaud : améliorez alors ses conditions de culture et traitez avec un produit adapté. Mouches des fruits et insectes foreurs peuvent aussi s’en prendre à lui, et la maladie la plus courante est l’œil de paon, une tavelure de l’olivier. La fiche de l’olivier décrit l’arbre en pleine terre, sa rusticité et son origine.

Substrat

L’olivier demande un substrat très drainant, au pH légèrement alcalin, idéalement compris entre 7 et 8. Un mélange un peu plus rétentif que pour d’autres espèces lui convient bien : par exemple deux parts d’akadama pour une part de pouzzolane et une part de pierre ponce, en grains de taille moyenne pour les arbres moyens et grands, un peu plus fins pour les très petits bonsaïs (shohin).

L’akadama, argile japonaise cuite, se tamise avant usage pour éliminer la poussière ; elle se dégrade au bout de deux ans environ, d’où l’intérêt de rempotages réguliers. La pierre ponce retient l’eau et les éléments nutritifs tout en favorisant la ramification des racines, et la pouzzolane apporte structure et drainage.

Arrosage

L’olivier préfère être tenu plutôt au sec qu’au mouillé. Arrosez abondamment lorsque la surface du substrat devient sèche, puis attendez qu’elle sèche de nouveau ; évitez une humidité permanente. Il n’y a pas de rythme fixe : pendant la saison de croissance, contrôlez le pot le matin et le soir, car un arbre en plein soleil peut avoir besoin d’eau chaque jour. En hiver, dans un local frais, vérifiez-le quotidiennement mais attendez-vous à n’arroser qu’à plusieurs jours d’intervalle, selon le climat et l’arbre. Une eau du robinet de bonne qualité convient. Ne brumisez pas le feuillage, ce qui favorise les brûlures et les maladies.

Engrais : pendant la saison de croissance, un engrais organique solide toutes les quatre semaines ou un engrais liquide chaque semaine. On peut aussi adapter l’engrais au stade de l’arbre. Un jeune sujet en formation reçoit un engrais riche en azote du début du printemps à la fin de la saison pour prendre de la force. Un bonsaï déjà affiné reçoit plutôt un engrais organique doux, moins azoté, et seulement après le durcissement de la première ou de la deuxième vague de pousses, pour ne pas faire grandir les feuilles.

Taille

L’olivier répond vigoureusement à la taille et bourgeonne même sur le vieux bois.

  • Taille de structure : les coupes fortes se font à la fin de l’hiver ; l’arbre y répond par une pousse vigoureuse au printemps suivant.
  • Taille d’entretien : au printemps, laissez les nouvelles pousses s’allonger jusqu’à ce qu’elles durcissent, puis ramenez-les à deux feuilles, ou à une ou deux paires de feuilles. Laissez ensuite les pousses secondaires atteindre 6 à 8 feuilles avant de les raccourcir à deux, et répétez l’opération tout au long de la saison.
  • Défoliation partielle : sur un arbre très sain, au moment de la première taille, retirez 80 à 90 % des feuilles de la périphérie de la couronne. L’arbre émet une deuxième vague de pousses aux feuilles plus petites, ce qui augmente la ramification en une seule saison.
  • Pas de taille en automne : elle déclencherait une pousse qui n’aurait pas le temps de durcir avant les gelées, et les rameaux dépériraient.

Styles : les troncs noueux, l’écorce rugueuse et le bois mort dur et épais de l’olivier cultivé se prêtent aux arbres d’allure très âgée ; on le voit aussi en cascade. L’olivier sauvage, ou oléastre, et sa forme majorquine appelée ullastre ont des feuilles minuscules, des entre-nœuds courts et un bois mort finement strié. Les oléastres prélevés dans la nature (yamadori) offrent souvent un bois mort naturel remarquable.

Ligature

Les jeunes branches et les nouvelles pousses peuvent être ligaturées à tout moment. Les deux meilleures périodes restent l’hiver et la fin du printemps, juste après la défoliation partielle, quand la structure est bien visible. En hiver, évitez les pliages trop forts, qui provoquent souvent le dessèchement de rameaux au printemps suivant.

Choisissez un fil d’aluminium, plus doux pour l’écorce, d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche et enroulé à environ 45°. Sur l’olivier, le fil doit en général être retiré au bout d’un à deux mois pour ne pas s’incruster ; on peut reposer une ligature plusieurs fois dans l’année. Coupez le fil à chaque spire plutôt que de le dérouler. Les vieilles branches sont raides et cassantes : pour les abaisser, préférez les haubans, ancrés sur une racine solide ou sur le pot, en protégeant l’écorce au point d’attache. Sur une branche épaisse que l’on veut malgré tout ligaturer, un bandage de raphia humide limite les dégâts.

Rempotage

Rempotez tous les deux ou trois ans, au début du printemps, quand les bourgeons commencent à gonfler ; les vieux sujets peuvent attendre plus longtemps. Retirez environ un tiers des racines. L’olivier est robuste : on peut enlever tout l’ancien substrat sans l’affaiblir, et il supporte même une taille racinaire très sévère, que l’on évitera toutefois. Utilisez le mélange alcalin décrit plus haut.

Multiplication : l’olivier se multiplie par semis et par bouturage.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez quand les bourgeons commencent à gonfler, puis placez l’arbre en plein soleil, sans le sortir tant que les gelées menacent. Laissez les nouvelles pousses s’allonger librement jusqu’à ce qu’elles durcissent ; à ce moment, ramenez-les à deux feuilles et pratiquez une défoliation partielle de la périphérie.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil, avec un peu d’ombre l’après-midi pendant les fortes chaleurs. Contrôlez l’arrosage matin et soir. Laissez les pousses de la deuxième vague atteindre 6 à 8 feuilles, puis raccourcissez-les à deux, et recommencez. Retirez les fils qui commencent à marquer.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Ne taillez plus : une nouvelle pousse n’aurait pas le temps de durcir avant les premières gelées et les rameaux sècheraient. Réduisez peu à peu l’engrais et préparez l’hivernage.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Serre froide ou local lumineux maintenu hors gel ; une pièce chauffée affaiblit l’arbre et attire les cochenilles. Arrosez seulement quand le substrat sèche, ce qui peut prendre plusieurs jours. En fin d’hiver, taillez fort si nécessaire et ligaturez sans plier brutalement.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 28 septembre 2026

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