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Pittospore du Japon en bonsaï

Pittosporum tobira

Fiche botanique de l’espèce : Pittospore du Japon →
Emplacement
Intérieur ou extérieur selon le climat
Protéger les racines en dessous de
-5 °C
Bonsaï de pittospore du Japon au tronc incliné et aux racines épaisses, couronné de rosettes de feuilles vert foncé luisantes, dans une coupe rectangulaire brune posée sur un socle en bois, avec une étiquette au premier plan.
Photo : Piotrus — CC BY-SA 3.0

Le pittospore du Japon est un arbuste persistant au feuillage coriace disposé en rosettes, dont les fleurs blanches parfumées s’ouvrent à la fin du printemps. Robuste, tolérant à la taille et peu exigeant, il fait un bonsaï accessible, à condition de le protéger des fortes gelées et de ne jamais noyer ses racines.

Emplacement

Pittosporum tobira est un arbuste persistant originaire du sud du Japon et de Chine. Ses feuilles épaisses, luisantes et vert foncé, longues de 4–10 cm, sont groupées en rosettes à l’extrémité des rameaux. À la fin du printemps, il porte des bouquets de petites fleurs crème au parfum de fleur d’oranger, qui jaunissent en vieillissant. Il tolère le vent, les embruns, la chaleur et la sécheresse. Le pittospore panaché, aux feuilles plus fines bordées de blanc, se cultive de la même façon, et le cultivar compact ‘Wheeler’s Dwarf’ offre de plus petites feuilles.

Placez-le en plein soleil ou à mi-ombre ; il accepte même une ombre assez marquée, mais les formes panachées préfèrent être ombragées l’après-midi. Abritez-le des vents froids dominants. C’est une espèce peu rustique : en pleine terre, elle ne supporte que des minimales d’environ -5 °C, et un bonsaï, dont les racines tiennent dans un pot peu profond, gèle bien plus vite. Sous un climat doux, il peut rester dehors toute l’année. Ailleurs, sortez-le du printemps à l’automne, puis rentrez-le avant les fortes gelées dans une serre non chauffée, un porche lumineux ou une véranda fraîche. Sans abri, posez le pot au pied d’un mur exposé au sud et couvrez l’arbre d’un voile d’hivernage les nuits de gel. Il accepte aussi un emplacement intérieur très lumineux, mais pas une pièce sombre.

Substrat

Le pittospore s’adapte aux sols acides comme calcaires, sableux comme argileux, à une condition : un drainage parfait. Ses racines pourrissent dans un substrat détrempé, et cette pourriture est souvent mortelle. Utilisez un mélange pour bonsaï bien drainant, par exemple de l’akadama, de la pierre ponce et de la pouzzolane, ou un mélange de terreau sans tourbe, de sable grossier et de terreau à base de terre. Ne laissez jamais d’eau stagner dans la soucoupe.

Lorsque le pH est trop élevé, une carence en magnésium peut apparaître : les feuilles les plus anciennes jaunissent sur les bords et entre les nervures. Un jaunissement peut toutefois avoir d’autres causes.

Arrosage

Arrosez à l’observation, jamais selon un calendrier. Enfoncez un doigt dans le substrat sur environ 1 cm : quand il paraît à peine sec, arrosez abondamment jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous de drainage. L’eau de pluie est idéale, l’eau du robinet convient sinon. La motte ne doit ni se dessécher complètement ni rester gorgée d’eau. Un pot peu profond sèche vite par temps chaud et venteux ; au frais en hiver, les besoins diminuent fortement. Des feuilles qui s’enroulent vers l’intérieur signalent un arbre stressé. La chute de quelques vieilles feuilles au cœur de la ramure est normale ; une chute massive en quelques semaines évoque plutôt le gel, un excès d’eau ou un coup de sec.

Pendant la croissance, apportez un engrais équilibré : un engrais liquide à faible dose toutes les deux semaines, ou un engrais organique solide, en respectant la dose indiquée. Un excès donne des pousses molles, plus sensibles aux ravageurs.

Taille

L’arbre supporte une taille sévère et repousse vigoureusement. Il n’a pas de silhouette naturelle marquée, ce qui laisse une grande liberté de forme ; le style droit informel (moyogi) lui convient particulièrement, et la suppression des branches basses permet aussi de le conduire en petit arbre à plusieurs troncs. La taille de structure se fait au début du printemps : retirez les branches mortes, puis celles qui ne servent pas le dessin, avec une pince concave dont la plaie creuse cicatrise mieux, et couvrez les grosses coupes de mastic. Ne combinez pas une taille de structure importante et un rempotage la même année.

Pour garder la floraison, taillez juste après les fleurs : les boutons de l’année suivante se forment sur le bois existant, et une taille tardive, à la fin de l’été ou en automne, les supprime. Des tailles lourdes et répétées peuvent même empêcher toute floraison. Pendant la croissance, raccourcissez les pousses qui dépassent la silhouette pour densifier la ramure. Désinfectez vos outils entre deux coupes : chancres et dépérissements pénètrent par les plaies, notamment par l’écorce fendue par le gel.

Ligature

La ligature est possible toute l’année, mais pas sur un arbre affaibli ou tout juste rempoté ; pendant la croissance, les branches épaississent vite et demandent plus de vigilance. Choisissez un fil d’environ un tiers de l’épaisseur de la branche, enroulé à environ 45° de la base vers la pointe. Contrôlez-le régulièrement : une branche se fige en quelques mois, mais le fil peut s’incruster dans l’écorce en un à quatre mois seulement. Retirez-le en le coupant à chaque spire plutôt qu’en le déroulant. Protégez les branches épaisses avec du raphia humide, et utilisez des haubans pour celles qui sont trop rigides.

Rempotage

Ce pittospore pousse vite : un rempotage annuel lui convient, et un sujet plus âgé peut attendre deux à trois ans. Intervenez au début du printemps quand les bourgeons gonflent, jamais en plein été ni en hiver. Il supporte une taille sévère des racines. Démêlez la motte, coupez les racines trop longues et faites pénétrer le nouveau mélange entre elles avec une baguette. Arrosez copieusement et gardez-le à l’abri du vent et du soleil fort jusqu’à la reprise.

Pour le multiplier, le marcottage des jeunes rameaux au printemps est la méthode la plus simple. Les boutures semi-aoûtées de 6–8 cm, prélevées sur les pousses de l’année de la fin de l’été au début de l’automne, s’enracinent plus difficilement : utilisez une hormone de bouturage, un mélange drainant et une humidité élevée. Les semis, à 12–15 °C, germent lentement et les graines sont souvent peu viables ; la greffe est aussi possible.

Surveillez surtout la cochenille australienne, que l’on traite avec une huile horticole, ainsi que les autres cochenilles, les cochenilles farineuses, les pucerons, les aleurodes et, à l’abri, les acariens. La fumagine signale la présence de pucerons ou de cochenilles. Le psylle du pittospore provoque des rameaux renflés qui dépérissent. Les taches foliaires se limitent par une bonne aération, un arrosage au pied et le ramassage des feuilles tombées ; l’oïdium, occasionnel, ne demande en général aucun traitement. La fiche plante du pittospore du Japon détaille sa culture en pleine terre et sa toxicité.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Rempotez au moment où les bourgeons gonflent, en taillant les racines, puis gardez l’arbre à l’abri du vent et du plein soleil jusqu’à la reprise. Ressortez-le quand les fortes gelées sont passées et supprimez les extrémités abîmées par le froid. C’est aussi la saison du marcottage. Profitez de la floraison parfumée, puis taillez juste après.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Plein soleil ou mi-ombre, selon la chaleur ; arrosez dès que la surface du substrat sèche, sans laisser la motte se dessécher, car les pertes de feuilles suivent les coups de sec. Engrais à faible dose pendant la croissance, raccourcissement des pousses trop longues, contrôle fréquent des ligatures. En fin de saison, prélevez des boutures semi-aoûtées.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Évitez les tailles fortes : les fleurs du printemps suivant se forment sur le bois existant. Réduisez l’engrais et l’arrosage avec la baisse des températures, contrôlez les ligatures et préparez l’abri d’hiver avant les premières gelées.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Sous un climat doux, il reste dehors à l’abri des vents froids. Ailleurs, placez-le avant les gelées dans une serre non chauffée, une véranda fraîche ou un porche lumineux ; à défaut, contre un mur exposé au sud avec un voile d’hivernage les nuits froides. Arrosez seulement quand le substrat sèche et surveillez les cochenilles et les acariens.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 30 octobre 2026

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