Niveau · Intermédiaire

Romarin en bonsaï

Salvia rosmarinus

Fiche botanique de l’espèce : Romarin →
Emplacement
Intérieur ou extérieur selon le climat
Protéger les racines en dessous de
0 °C
Bonsaï de romarin aux Huntington Botanical Gardens : un tronc tortueux de bois mort gris argenté jaillit d’une coupe crème festonnée et retombe en semi-cascade, couronné d’un feuillage vert en aiguilles.
Photo : Daderot — CC0

Le romarin, arbrisseau aromatique du pourtour méditerranéen, peut devenir un bonsaï en une seule année et vivre plus de trente ans en pot : ses feuilles en aiguilles rappellent celles d’un pin, et chaque taille fournit la cuisine. Il demande surtout du soleil, un substrat très drainant et une protection contre le gel pendant l’hiver.

Emplacement

Salvia rosmarinus, longtemps appelé Rosmarinus officinalis, est un arbrisseau persistant et semi-ligneux, sensible au froid. Il réclame le plein soleil : comptez au moins six heures de soleil direct par jour au printemps, en été et en automne. Placé dans un coin sombre, il s’affaiblit, et le manque de lumière favorise la pourriture des racines.

En pleine terre, un romarin bien installé supporte des froids de l’ordre de -8 °C, mais un bonsaï n’a pas cette résistance : dans un petit pot, la motte et les racines gèlent vite. Rentrez ou abritez l’arbre avant les premières gelées. Sous un climat doux, regroupez les pots contre un mur abrité, protégés du vent, et mettez-les à l’abri de la pluie : un substrat froid et détrempé fait pourrir les racines, même lors d’un hiver clément.

Sous un climat plus rude, l’hivernage se fait à l’intérieur. Donnez-lui alors la place la plus lumineuse, avec beaucoup de soleil direct le matin mais pas de soleil brûlant l’après-midi, ou environ quatorze heures d’éclairage sous une lampe horticole à spectre complet. Des nuits un peu plus fraîches que les journées lui conviennent, avec beaucoup d’air autour du feuillage. L’air intérieur est souvent sec : placez le pot sur un plateau d’humidité ou utilisez un humidificateur.

Substrat

Le romarin ne supporte pas d’avoir les racines dans l’eau. Il lui faut un mélange très drainant, par exemple une moitié de composants organiques, comme de l’écorce de pin ou de sapin tamisée, et une moitié de composants minéraux, comme la ponce, la perlite ou d’autres granulats. Ajoutez un peu de calcaire ou de dolomie pour tamponner l’acidité du mélange, et évitez la tourbe. Tamisez les composants pour éliminer la poussière ; le terreau ordinaire, trop dense, reste mouillé et asphyxie les racines.

Arrosage

L’excès d’eau est la première cause de dépérissement du romarin. Laissez le substrat sécher presque entièrement entre deux arrosages : enfoncez une baguette en bois dans le pot et arrosez seulement quand elle ressort parfaitement sèche. Arrosez alors copieusement, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous, puis videz la soucoupe. Arrosez de préférence le matin, pour que les racines ne restent pas dans l’eau pendant la nuit. N’arrosez pas à jour fixe : un arbre au plein soleil en été boit bien plus qu’un arbre hiverné à l’intérieur. Le romarin tolère un jour ou deux de sécheresse, mais un bonsaï dont la motte a séché complètement peut ne pas s’en remettre.

Engrais : tant que les journées dépassent 10 °C, apportez un engrais liquide équilibré, non acidifiant, toutes les deux semaines, ou un engrais à libération lente. Pendant l’hivernage à l’intérieur, un apport par mois suffit. Restez modéré : trop d’engrais réduit la floraison et le parfum. Surveillez cependant les signes de manque d’azote, comme un feuillage qui pâlit, surtout dans un mélange riche en écorce.

Taille

Le romarin se forme surtout par la taille. Sur un jeune arbre, pincez régulièrement l’extrémité des pousses, dès que leurs premières paires de feuilles sont complètement ouvertes : l’arbre se ramifie et se densifie. Taillez davantage le sommet et l’extérieur, naturellement plus vigoureux, pour renvoyer la force vers les branches intérieures et basses. Au cœur de l’été, raccourcissez le feuillage du sommet jusqu’au bois plus âgé : les branches basses et plus fines s’allongent et s’épaississent. Une taille légère après la floraison garde la silhouette compacte.

Évitez les tailles drastiques : le romarin repart mal d’une taille sévère et un vieux sujet dégarni se reconstitue difficilement. Ne supprimez qu’une petite part du feuillage à la fois et, hormis cette taille ciblée du sommet, évitez de rabattre les branches dans le vieux bois. Pour les coupes épaisses, utilisez une pince concave et couvrez la plaie de mastic cicatrisant.

Ligature

Une fois lignifié, le bois du romarin devient cassant : il est presque impossible de le plier sans le fendre. La méthode la plus sûre reste donc la taille, en choisissant à chaque coupe la pousse qui part dans la bonne direction. Ne ligaturez que les jeunes pousses encore souples, avec un fil d’aluminium d’environ un tiers de leur épaisseur, enroulé à environ 45°. Pour abaisser une branche plus ancienne, un hauban fixé au pot ou à une racine solide est moins risqué qu’un fil enroulé. Surveillez le fil pendant la croissance et retirez-le avant qu’il ne marque l’écorce, en le coupant à chaque spire.

Les variétés dressées, comme ‘Arp’, forment facilement un style droit formel. Les formes rampantes ou tortueuses, comme ‘Blue Lady’ aux feuilles très fines, se prêtent au style droit informel, à la cascade et au style battu par le vent. Seul le style racines sur rocher lui convient mal. Un romarin âgé acheté en jardinerie, au tronc déjà ligneux, fait un bon point de départ.

Rempotage

Rempotez tous les deux ans, au tout début du printemps, avant que la nouvelle pousse ne soit avancée. Ne taillez jamais plus d’un tiers des racines dans l’année, et ne combinez pas un rempotage avec une taille sévère la même saison. Un arbre légèrement à l’étroit dans son pot fleurit davantage.

Multiplication : prélevez des boutures herbacées ou semi-ligneuses en été, sur des pousses sans fleurs. Retirez les feuilles du bas, trempez la base dans une hormone de bouturage et piquez-les dans un substrat stérile, comme la perlite : elles s’enracinent en deux à quatre semaines. Les semis sont lents et irréguliers. Surveillez les pucerons, les acariens, les cochenilles farineuses et les cochenilles à bouclier, la chrysomèle du romarin et les cicadelles qui marbrent les feuilles. Côté maladies, craignez surtout la pourriture des racines, due à un substrat mal drainé, et la pourriture grise.

Soins saisonniers

Les mois correspondent aux saisons météorologiques de l’hémisphère choisi. Adaptez au climat réel : un printemps précoce ou un hiver doux décalent les interventions.

Printemps

Hémisphère nord : mars – maiHémisphère sud : septembre – novembre

Au tout début de la saison, avant que la nouvelle pousse ne soit avancée, rempotez si besoin et taillez les racines. Sortez l’arbre au plein soleil dès que les gelées sont passées. Reprenez l’engrais quand les journées dépassent 10 °C ; pincez les jeunes pousses dès que leurs premières paires de feuilles sont ouvertes.

Été

Hémisphère nord : juin – aoûtHémisphère sud : décembre – février

Pleine croissance : au moins six heures de soleil direct par jour, arrosage seulement quand le substrat est presque sec, engrais liquide équilibré toutes les deux semaines. Taillez après la floraison et, au cœur de l’été, raccourcissez le sommet pour renforcer les branches basses. Prélevez les boutures.

Automne

Hémisphère nord : septembre – novembreHémisphère sud : mars – mai

Continuez le soleil et l’arrosage prudent. Ligaturez seulement les pousses de l’année encore souples. Préparez l’hivernage : rentrez ou abritez l’arbre avant les premières gelées, car la motte gèle facilement dans un pot.

Hiver

Hémisphère nord : décembre – févrierHémisphère sud : juin – août

Hors gel, dans une pièce très lumineuse avec du soleil direct le matin et une bonne circulation d’air, ou sous une lampe horticole ; les nuits un peu plus fraîches que les journées. Arrosez moins, sans laisser sécher la motte plusieurs jours. Engrais une fois par mois seulement.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 25 septembre 2026

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