Grappes pendantes de petites fleurs blanches en clochette d’andromède du Japon, sur pédicelles rougeâtres, entre des feuilles vert foncé ; jeunes pousses rouges en arrière-plan.
Photo : Stan Shebs — CC BY-SA 3.0

Famille · Ericaceae

Andromède du Japon

Pieris japonica (Thunb.) D.Don ex G.Don

Pieris

Synonymes : Andromeda japonica

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -32 °C
Lumière
Lumière moyenne – Lumière vive indirecte
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Intermédiaire
À éviter en dessous de
-10 °C
Hauteur en culture
2,4–3 m
Rusticité
Jusqu’à -32 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’extérieur

Arbuste persistant de la famille de la bruyère, l’andromède du Japon offre un spectacle presque toute l’année : boutons floraux décoratifs en hiver, clochettes blanches parfumées au printemps, jeunes feuilles rouges ou bronze ensuite. Elle se cultive comme les rhododendrons, en sol acide, frais et bien drainé, et elle est très toxique si elle est ingérée.

Identification et origine

Pieris japonica appartient à la famille des Ericaceae, comme les rhododendrons et les azalées ; on l’a longtemps nommée Andromeda japonica. Elle pousse à l’état sauvage dans les fourrés de montagne du Japon (du centre au sud de l’archipel), de Taïwan et du sud-est de la Chine.

C’est un arbuste persistant à croissance lente, au port dressé, arrondi et dense. Il atteint le plus souvent 2,4–3 m de haut pour 1,8–2,4 m de large, mais met dix à vingt ans à atteindre sa taille adulte et peut dépasser ces dimensions avec l’âge ; il existe aussi des cultivars nains. Les feuilles coriaces, longues de 3–10 cm, sont regroupées en rosettes au bout des rameaux ; vert foncé et luisantes dessus, plus claires dessous, elles ont un bord finement denté. Au printemps, les nouvelles pousses se colorent de bronze, de rose ou de rouge cuivré avant de verdir. L’écorce des vieux sujets est brun rougeâtre, écailleuse et fissurée.

Les boutons floraux se forment dès la fin de l’été et restent décoratifs tout l’hiver, souvent teintés de rouge. Au printemps, ils s’ouvrent en grappes pendantes de 8–15 cm composées de petites fleurs blanches en forme d’urne, parfumées, qui rappellent le muguet et nourrissent les pollinisateurs précoces. Les fruits sont de petites capsules sèches et brunes qui persistent en hiver. Les cerfs la délaissent.

Parmi les nombreux cultivars : ‘Mountain Fire’ (jeunes pousses rouge vif), ‘Flaming Silver’ (jeunes feuilles rouges puis bordées d’argent), ‘Dorothy Wyckoff’ (boutons rouges, fleurs rose pâle), ‘Valley Rose’ (fleurs rose pastel), ‘Debutante’ et ‘Prelude’ (compacts, 50 cm – 1 m), ‘Cavatine’ (petit dôme) et ‘Carnaval’ (feuillage panaché).

Lumière

La mi-ombre lui convient le mieux, idéalement l’ombre légère et changeante d’arbres plus grands. Elle tolère le soleil, mais évitez le plein soleil toute la journée, surtout dans les jardins chauds. En situation ensoleillée et exposée, les jeunes feuilles brûlent facilement ; le vent et le soleil d’hiver provoquent aussi des brûlures du feuillage. Une plante bien placée, à l’ombre ou à la mi-ombre, est aussi beaucoup moins sensible aux tigres.

Arrosage

Le sol doit rester constamment frais, sans jamais être détrempé. Vérifiez l’humidité du sol en profondeur, surtout pendant les étés chauds et secs : la sécheresse l’affaiblit rapidement. À l’inverse, un sol qui reste gorgé d’eau provoque des pourritures racinaires. Un bon paillis organique protège les racines du dessèchement.

En pot, le substrat sèche beaucoup plus vite qu’en pleine terre, y compris en hiver lorsque le vent souffle : plusieurs arrosages successifs sont parfois nécessaires pour humidifier toute la motte. Dans les régions où l’eau du robinet est calcaire, privilégiez l’eau de pluie, en gardant l’eau du réseau comme solution de secours.

Substrat

Plantez-la dans une terre acide, idéalement de pH 5 à 6, fraîche mais bien drainée, riche en matière organique, de texture limoneuse ou sableuse. Elle ne supporte ni le calcaire ni l’engorgement. En sol alcalin, à partir de pH 7, la croissance est médiocre et les feuilles jaunissent : faites analyser votre terre en cas de doute. Utilisez un engrais pour plantes de terre de bruyère (azalées, rhododendrons, myrtilles) et paillez chaque automne.

Températures

L’andromède du Japon est rustique dans les zones USDA 4b à 8b et supporte des hivers où le thermomètre descend vers -15–-10 °C. Abritez-la toutefois des vents froids et desséchants, qui brûlent le feuillage persistant. Les jeunes plantes peuvent avoir besoin d’une protection hivernale. En pot, les racines proches des parois gèlent plus facilement : dans un jardin exposé, entourez le contenant d’une toile de jute ou d’une autre protection isolante.

Rempotage

Les variétés compactes font de beaux sujets en pot. Utilisez un terreau à base de terre spécial plantes acidophiles (terre de bruyère) et un contenant percé, adapté à la taille de la motte : évitez de placer une petite plante dans un pot très grand, et augmentez la taille par étapes. Rempotez tous les quelques années au printemps, soit dans un pot plus grand, soit dans le même après avoir rafraîchi le substrat. Les autres années, grattez environ 5 cm de terreau en surface au printemps et remplacez-les par du substrat neuf mêlé d’un engrais à libération lente.

Taille

Une taille minimale suffit. La plante tolère la coupe, mais elle fleurit sur le bois ancien et ses boutons se forment dès la fin de l’été : toute taille effectuée après cette période supprime la floraison suivante. Intervenez donc juste après la floraison, et seulement si nécessaire, par exemple pour retirer le bois mort ou contenir un rameau trop long.

Multiplication

La plante se multiplie par boutures de tiges. Prélevez des boutures herbacées au début de l’été ou des boutures semi-aoûtées à la fin de l’été. Une chaleur de fond est parfois nécessaire pour obtenir l’enracinement.

Problèmes fréquents

  • Feuilles piquetées de points pâles, puis jaunes : tigres (punaises réticulées), qui piquent la face inférieure des feuilles ; on y trouve leurs mues épineuses et de petits dépôts vernissés d’excréments. Ils hivernent sous forme d’œufs dans les feuilles persistantes et peuvent défolier la plante. Une place à l’abri du plein soleil limite les attaques ; un traitement éventuel doit atteindre le revers des feuilles.
  • Feuilles jaunes, croissance faible : sol trop calcaire ou alcalin.
  • Flétrissement, dépérissement de rameaux : pourriture des racines due au Phytophthora, favorisée par un sol mal drainé ; plus rarement l’armillaire.
  • Taches sur les feuilles : maladie fongique des taches foliaires.
  • Feuillage brûlé : vent froid, soleil d’hiver ou plein soleil sur les jeunes pousses.
  • Plante qui végète sans cause visible : nématodes dans le sol.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : avant de traiter, vérifiez l’exposition, l’humidité, le pH du sol et la face inférieure des feuilles.

Toxicité

Toutes les parties de la plante sont très toxiques en cas d’ingestion : feuilles, fleurs, nectar et sève contiennent des grayanotoxines (andromédotoxine). Chez l’humain, l’ingestion peut provoquer picotements, salivation, nausées, vomissements, diarrhée, sueurs, douleurs abdominales, maux de tête, faiblesse, convulsions et troubles cardiaques, parfois mortels. Les chiens, les chats et les chevaux sont également touchés : vomissements, diarrhée, abattement, hypersalivation, faiblesse, chute de tension, coma, collapsus cardiovasculaire et mort ; quelques feuilles suffisent à causer de graves troubles. Les rongeurs, les lapins et les tortues y sont aussi sensibles. La plante ne provoque pas de dermatite de contact, mais portez des gants pour la manipuler, et contactez un médecin, un centre antipoison ou un vétérinaire en cas d’ingestion.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 25 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 25 octobre 2026.

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