
Famille · Theaceae
Camélia du Japon
Camellia japonica
Camélia · Camellia
Synonymes : Camellia florida Salisb., Camellia hozanensis (Hayata) Hayata, Camellia nakaii (Hayata) Hayata, Camellia tsubakki Crantz, Camellia wabiske (Makino) Kitam., Thea camellia Hoffmanns., Thea japonica (L.) Baill., Thea hozanensis Hayata
L’essentiel
- Culture
- ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -18 °C
- Lumière
- Lumière moyenne – Lumière vive indirecte
- Eau
- Arrosage modéré
- Difficulté
- Intermédiaire
- À éviter en dessous de
- -10 °C
- Hauteur en culture
- 1,8–3,7 m
- Rusticité
- Jusqu’à -18 °C
- Toxicité
- Aucune toxicité signalée
Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes non toxiques pour les animaux
Originaire d’Asie de l’Est, Camellia japonica est un arbuste persistant à croissance lente, célèbre pour ses grandes fleurs blanches, roses ou rouges qui s’ouvrent de la fin de l’hiver au printemps. Il réussit au jardin comme en grand bac, à condition de lui offrir un sol acide, un emplacement abrité et des arrosages réguliers pendant l’été, quand se forment les boutons.
Identification et origine
Camellia japonica appartient à la famille des Theaceae, celle du théier. À l’état sauvage, il pousse en Chine, en Corée, au Japon, dans l’archipel des Ryūkyū et à Taïwan. Le nom du genre honore Georg Josef Kamel (1661–1706), missionnaire jésuite et naturaliste qui étudia la flore des Philippines ; l’épithète japonica signifie « du Japon ».
C’est un arbuste persistant, parfois un petit arbre, dense et régulier, à croissance lente mais très longévif : certains sujets du palais impérial japonais auraient plus de cinq siècles. Il peut atteindre 7,6 m de haut avec l’âge, mais mesure le plus souvent 1,8–3,7 m de haut pour 1,8–3 m de large. Les feuilles alternes, ovales et finement dentées, coriaces et d’un vert foncé brillant, mesurent 5–10 cm de long.
Les fleurs, de 8–13 cm de diamètre, vont du blanc à toutes les nuances de rose et de rouge, souvent panachées. Elles sont simples, semi-doubles, en pivoine ou doubles « formelles », aux pétales parfaitement imbriqués. Suivant les variétés, la floraison s’étale de l’automne au printemps ; chaque plante reste fleurie trois à quatre semaines.
Parmi les milliers de cultivars, citons ‘Adolphe Audusson’ (semi-double rouge sombre), ‘Nuccio’s Gem’ (blanc, double formel), ‘Pink Perfection’ (rose, précoce) et ‘Lady Clare’ (rose foncé, un peu plus résistant au froid).
Lumière
Plante de sous-bois, le camélia se plaît à la mi-ombre ou sous une ombre tamisée. Trop de soleil, trop d’ombre ou trop de froid réduisent la floraison, et le soleil de l’après-midi brûle les feuilles ; une plante âgée, dont le feuillage ombrage les racines, supporte davantage de soleil.
Abritez-le des vents froids et desséchants de l’hiver et du soleil levant : des fleurs gelées puis réchauffées brutalement le matin brunissent beaucoup plus vite.
Arrosage
L’été est la saison décisive : c’est à ce moment que la plante forme les boutons de l’année suivante. Une sécheresse à la fin de l’été ou au début du printemps fait avorter les boutons. Le substrat doit donc rester frais, sans être détrempé.
Plutôt que d’arroser à date fixe, sondez la terre à environ 10 cm de profondeur : si elle est sèche à ce niveau, arrosez copieusement. En pot, vérifiez plus souvent. Une jeune plante mise en terre demande une surveillance attentive pendant environ un an et demi.
Privilégiez l’eau de pluie à l’eau calcaire. Un paillis de 5–8 cm limite l’évaporation et protège les racines superficielles. L’excès d’eau est tout aussi nuisible : il asphyxie les racines et favorise l’œdème des feuilles.
Substrat
Le camélia exige un sol acide, idéalement à pH 5,5–6,5, riche en matière organique et bien drainé. Il ne supporte pas les sols calcaires : si vous pouvez cultiver des rhododendrons, votre sol lui conviendra. Sur un sol calcaire, cultivez-le en bac, dans un terreau de bruyère sans tourbe.
Ses racines restent superficielles : plantez-le dans un trou large mais pas plus profond que la motte. En pot, apportez au début du printemps un engrais pour plantes de terre de bruyère, en respectant la dose. Ne fertilisez plus après le milieu de l’été : un apport tardif ou excessif provoque la chute des boutons, des bords de feuilles brûlés et une chute de feuilles.
Températures
Au jardin, Camellia japonica est rustique dans les zones USDA 7a à 9b et supporte en général des minimales de l’ordre de -15–-10 °C. Les boutons sont plus fragiles : un froid vers -18 °C peut les tuer. Les jeunes pousses craignent les gelées tardives ; un voile d’hivernage apporte environ 2 °C de protection.
En pot, les racines sont bien plus exposées : par fortes gelées, approchez le bac de la maison, enveloppez-le de papier bulle ou abritez-le dans une serre froide ou une véranda non chauffée. Évitez de laisser la motte descendre sous -10 °C. À l’inverse, une canicule marque parfois les feuilles de grandes taches brunes.
Rempotage
Au jardin, plantez de préférence en automne, quand le sol est encore tiède. En pot, le substrat finit par se tasser et retenir trop l’eau : rempotez alors dans du terreau de bruyère neuf, sans enterrer davantage la base de la tige.
Choisissez un contenant à peine plus grand que le précédent : un pot surdimensionné garde une masse de terreau humide que les racines n’explorent pas, ce qui favorise leur pourriture.
Taille
Le camélia ne demande presque aucune taille : supprimez le bois mort, les rameaux improductifs et les pousses trop longues. Les boutons de l’année suivante se forment sur le bois existant : taillez aussitôt après la floraison ou au début de l’été, jamais plus tard, sous peine de sacrifier la floraison suivante.
Une plante trop grande supporte une taille sévère en fin d’hiver, mais elle mettra deux ans ou plus à bien refleurir. Désinfectez les lames entre deux coupes (une part d’eau de Javel pour neuf parts d’eau).
Multiplication
Le bouturage de tiges semi-ligneuses est la méthode la plus courante : prélevez de la mi à la fin de l’été des tiges de l’année, fermes à la base mais encore souples au sommet. Elles s’enracinent mieux si vous retirez une fine bande d’écorce d’environ 2 cm à leur base. Les boutures de bois mûr se prennent de l’automne à la fin de l’hiver et peuvent s’enraciner en trois mois environ.
Le marcottage et le greffage sont aussi pratiqués. Le semis est possible, mais les jeunes plants, issus de pollinisations croisées, ne reproduisent généralement pas la fleur du parent.
Problèmes fréquents
- Chute des boutons : sécheresse à la fin de l’été ou au début du printemps, engrais trop tardif ou excessif, froid hivernal ; une légère chute peut aussi être naturelle, la plante formant plus de boutons qu’elle ne peut en ouvrir.
- Fleurs qui brunissent vite : gel suivi du soleil matinal, pourriture grise ou pourriture des fleurs (Ciborinia camelliae) ; éliminez les fleurs atteintes.
- Feuilles jaunes aux nervures vertes : chlorose due à un sol trop calcaire ; apportez des chélates de fer et arrosez à l’eau de pluie. Le jaunissement de quelques vieilles feuilles au cœur de la plante, au printemps ou en été, est normal.
- Dépôt noir sur les feuilles : fumagine sur le miellat des cochenilles, petites carapaces brunes sous les feuilles avec des amas d’œufs blancs et cireux ; traitez à l’huile horticole en fin d’hiver.
- Feuilles gonflées et blanchâtres : galle du camélia, peu grave ; supprimez-les avant qu’elles ne se couvrent de spores.
- Petites taches liégeuses sous les feuilles : œdème lié à un excès d’eau.
- Rameaux qui se dessèchent : pourriture des racines (Phytophthora), engorgement, chancre ou larves d’otiorhynque en pot.
- Autres ravageurs : pucerons, acariens.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez la motte, l’exposition, le pH et les racines avant de traiter.
Toxicité
Le camélia est classé non toxique pour les chiens, les chats et les chevaux, et aucune toxicité n’est signalée chez l’humain. C’est un bon choix pour un jardin fréquenté par des animaux ; face à un symptôme inhabituel, consultez tout de même un vétérinaire.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Camellia japonica — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 29 septembre 2026)
- Camellia (HGIC 1062) — Clemson University Cooperative Extension, Home & Garden Information Center (consulté le 29 septembre 2026)
- Camellia Diseases & Insect Pests (HGIC 2053) — Clemson University Cooperative Extension, Home & Garden Information Center (consulté le 29 septembre 2026)
- Japanese Camellia (Camellia japonica) — Virginia Cooperative Extension, Virginia Tech (consulté le 29 septembre 2026)
- How to grow camellias — Royal Horticultural Society (consulté le 29 septembre 2026)
- Camellia problems: frequently asked questions — Royal Horticultural Society (consulté le 29 septembre 2026)
- RHS hardiness rating — Royal Horticultural Society (consulté le 29 septembre 2026)
- Camellia — Toxic and Non-Toxic Plants — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 29 septembre 2026)
- Camellia japonica L. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 29 septembre 2026)
- Camellia japonica — Plants of the World Online — Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le 29 septembre 2026)

