
Famille · Araceae
Caladium bicolore
Caladium bicolor
Caladium
Synonymes : Alocasia roezlii N.E.Br., Arum bicolor Aiton, Arum pulchrum Salisb., Arum vermitoxicum Vell., Caladium hortulanum Bridsey, Caladium surinamense Miq., Caladium vellozianum Schott, Caladium verschaffeltii Lem., Caladium wightii Lem., Cyrtospadix bicolor (Aiton) Britton & P.Wilson, Xanthosoma sylvestre Bello
L’essentiel
- Culture
- Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -7 °C
- Lumière
- Lumière moyenne – Lumière vive indirecte
- Eau
- Arrosage fréquent
- Difficulté
- Intermédiaire
- Températures confortables
- 21–29 °C
- À éviter en dessous de
- 13 °C
- Hauteur en culture
- 30–75 cm
- Rusticité
- Jusqu’à -7 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur
Caladium bicolor forme une touffe spectaculaire de feuilles vertes, blanches, roses ou rouges, presque sans tige visible. Cette Aracée tropicale demande chaleur, humidité régulière et lumière filtrée pendant sa croissance, puis un repos nettement plus sec lorsque son feuillage disparaît.
Identification et origine
Caladium bicolor appartient à la famille des Araceae. Son aire naturelle s’étend de l’Amérique centrale au nord-ouest de l’Argentine, en passant par une grande partie du nord de l’Amérique du Sud. Cette géophyte tubéreuse pousse surtout dans le biome tropical humide, au sein de régions où alternent saisons humides et sèches. Arum bicolor est son basionyme ; le nom horticole Caladium hortulanum a également été employé.
La plante ne produit pas de tige aérienne apparente. De longs pétioles sortent directement d’un corme souterrain, souvent appelé tubercule dans le commerce. Ils portent des limbes minces en cœur, en flèche ou plus étroits selon le cultivar. Le réseau de nervures, les marges contrastées et les plages vertes, blanches, roses ou rouges expliquent son intérêt décoratif.
Une inflorescence typique des Araceae apparaît parfois : une spathe verdâtre ou rosée entoure un court spadice blanc. Elle demeure discrète face au feuillage.
Lumière
Placez le caladium dans une lumière vive et indirecte, ou dans une ombre claire. Le soleil doux du matin peut convenir après une acclimatation progressive, mais un rayonnement intense brûle facilement les feuilles minces. Les cultivars modernes n’ont pas tous la même tolérance : une variété annoncée comme adaptée au soleil demande malgré tout une motte plus régulièrement humide.
Une coloration terne et des pétioles très allongés peuvent révéler un manque de lumière. Des plages sèches et pâles sur la face exposée suggèrent plutôt un excès de soleil.
Arrosage
Pendant la croissance, enfoncez un doigt à environ 2 cm dans le mélange. Arrosez généreusement lorsque la surface commence à sécher mais que la motte reste légèrement fraîche dessous. Laissez l’eau traverser tout le pot, puis videz la soucoupe. Le caladium consomme beaucoup d’eau lorsqu’il porte toutes ses feuilles, sans pour autant tolérer un substrat détrempé et privé d’air.
La fréquence dépend de la chaleur, de la lumière, de la taille du feuillage et du volume du pot ; n’imposez donc pas de calendrier. Un bord sec peut accompagner un manque d’eau ou un air trop sec, alors qu’un corme mou dans un mélange froid et humide indique une pourriture probable.
Lorsque les feuilles jaunissent naturellement et s’affaissent, espacez progressivement les apports, puis arrêtez-les. Gardez le corme au sec pendant son repos. Reprenez avec parcimonie seulement lorsqu’une nouvelle pousse apparaît, avant d’augmenter l’eau au rythme du développement des feuilles.
Substrat
Utilisez un mélange riche mais léger, qui reste frais tout en évacuant rapidement l’excédent. Deux parts de terreau de qualité, une part de compost mûr ou de fibre de coco et une part de perlite ou de pierre ponce constituent une base cohérente. Un pot percé est indispensable.
Pendant la croissance active, apportez modérément un engrais équilibré ou peu riche en azote. Un excès d’azote peut atténuer les couleurs, tandis que des sels concentrés sur le feuillage peuvent le brûler.
Températures
La croissance est la plus régulière vers 21–29 °C, avec une atmosphère chaude et humide. Le corme démarre bien autour de 21 °C. Évitez de laisser la plante active sous 13 °C : le froid ralentit fortement ses fonctions et, associé à l’humidité, favorise la pourriture. Éloignez le pot des courants d’air et des vitrages froids.
Une sortie estivale est possible dans un emplacement ombragé, abrité du vent et de la grêle, après acclimatation. Rentrez le pot avant le refroidissement. La culture permanente en pleine terre concerne surtout les zones USDA 9a à 10b ; ailleurs, conservez le corme hors gel et au-dessus de 13 °C pendant le repos.
Rempotage
Rempotez au redémarrage, lorsque les bourgeons deviennent visibles. Choisissez un contenant à peine plus large que le corme ou le groupe de cormes, car un grand volume humide se réchauffe lentement. Placez les yeux vers le haut et recouvrez le sommet d’environ 3–5 cm de mélange sans le compacter.
Un rempotage annuel permet de renouveler le milieu et d’inspecter le corme. Éliminez avec un outil désinfecté les zones molles, sombres ou malodorantes. Si le mélange reste sain, une plante en pot peut aussi passer son repos sans être dérangée, entièrement au sec.
Taille
Aucune taille de formation n’est utile. Retirez à la base les feuilles jaunes ou cassées avec un outil propre, sans arracher un pétiole encore ferme. Vous pouvez supprimer une inflorescence si vous préférez que le corme consacre ses réserves au feuillage.
Laissez cependant les feuilles jaunir naturellement à l’approche du repos : tant qu’elles restent partiellement vertes, elles restituent de l’énergie au corme. Portez des gants et évitez tout contact de la sève avec les yeux.
Multiplication
La méthode la plus fiable consiste à diviser les cormes au redémarrage. Séparez les rejets déjà individualisés ou découpez un gros corme en portions possédant chacune au moins un œil. Utilisez une lame propre, laissez les coupes sécher et cicatriser quelques jours, puis plantez dans un mélange à peine humide et chaud.
Arrosez très prudemment tant qu’aucune feuille ne consomme l’eau. La multiplication par graines fraîches existe, mais elle est lente et ne conserve pas nécessairement les couleurs d’un cultivar. La division reproduit fidèlement la sélection d’origine.
Problèmes fréquents
- Feuilles pâles ou brûlées : soleil trop fort, manque d’eau ou dépôt d’engrais sur le limbe.
- Pétioles mous avec motte sèche : déshydratation ; réhumidifiez complètement puis laissez égoutter.
- Corme mou ou odorant : pourriture liée à un mélange froid, compact ou constamment détrempé.
- Feuillage qui disparaît : repos normal si le déclin est progressif ; vérifiez néanmoins température et état du corme.
- Bords bruns : air sec, arrosage irrégulier, froid ou accumulation de sels.
- Ravageurs : inspectez le revers des feuilles pour repérer acariens, pucerons ou cochenilles ; dehors, limaces et escargots peuvent perforer le feuillage.
- Feuilles déchirées : vent, grêle ou passages répétés, car les limbes sont fragiles.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes. Avant d’intervenir, croisez l’humidité du mélange, la température, l’exposition, le stade de dormance et la présence éventuelle de ravageurs.
Toxicité
Toutes les parties sont toxiques pour les humains, les chiens, les chats et les chevaux. Elles contiennent des cristaux insolubles d’oxalate de calcium. La mastication provoque douleur et irritation de la bouche, gonflement des lèvres ou de la langue, salivation, vomissements et difficulté à avaler. La sève peut aussi irriter la peau et les yeux.
Placez la plante et le corme dormant hors de portée, car ce dernier reste toxique même sans feuillage. Portez des gants pour diviser ou nettoyer la plante, puis lavez les outils et les mains. Après ingestion, ou en cas de gonflement important et de gêne respiratoire, contactez rapidement un vétérinaire ou un centre antipoison.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Caladium bicolor (Aiton) Vent. — Plants of the World Online — Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le 23 septembre 2026)
- Caladium bicolor (Aiton) Vent. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 23 septembre 2026)
- Caladium bicolor — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 23 septembre 2026)
- Caladiums — University of Wisconsin-Madison Extension (consulté le 23 septembre 2026)
- Caladium 'Candidum' — elephant ear 'Candidum' — Royal Horticultural Society (consulté le 23 septembre 2026)
- Toxic and Non-toxic Plants: Caladium — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 23 septembre 2026)


