Grande fleur double blanche de gardénia au cœur jaune pâle, parmi des feuilles vert foncé luisantes, avec une fleur fanée crème en haut à gauche.
Photo : Mokkie — CC BY-SA 3.0

Famille · Rubiaceae

Gardénia

Gardenia jasminoides J.Ellis

Jasmin du Cap

Synonymes : Gardenia augusta Merr., Gardenia florida L., Gardenia fortunei W.Cox, Gardenia grandiflora Lour., Gardenia maruba Siebold ex Blume, Gardenia pictorum Hassk., Gardenia radicans Thunb., Genipa florida Baill., Genipa grandiflora (Lour.) Baill., Jasminum capense Mill., Mussaenda chinensis Lour., Varneria augusta L.

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -15 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Exigeante
Températures confortables
21–24 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
90 cm – 2,4 m
Rusticité
Jusqu’à -15 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur

Originaire de Chine, du Japon et d’Asie du Sud-Est, Gardenia jasminoides est un arbuste persistant célèbre pour ses fleurs blanches au parfum puissant. Il réclame un substrat acide, un air humide et des conditions très stables : c’est l’une des plantes fleuries les plus délicates à réussir en intérieur.

Identification et origine

Gardenia jasminoides appartient à la famille des Rubiaceae, celle du caféier. Il est originaire d’une vaste région qui va de l’est de l’Himalaya au centre et au sud de la Chine, à Taïwan, à l’Indochine et au sud du Japon, où il pousse volontiers au bord des cours d’eau.

C’est un arbuste persistant, dense et arrondi. En culture, il mesure le plus souvent 90 cm – 2,4 m de haut suivant le cultivar, pour une largeur voisine ; des formes naines comme ‘Radicans’ restent à 15–45 cm. Ses feuilles épaisses, luisantes et vert foncé, aux nervures marquées, mesurent environ 5–10 cm.

Les boutons, enroulés en spirale, s’ouvrent sur des fleurs cireuses de 5–10 cm, simples ou doubles, d’un blanc crème qui jaunit en vieillissant. Leur parfum intense, proche de celui du jasmin, fait tout l’attrait de la plante. Sous climat tempéré, elles s’épanouissent de la fin du printemps au début de l’été, puis plus sporadiquement ; sous climat chaud, la floraison peut s’étaler sur l’année.

Le genre honore Alexander Garden, médecin et naturaliste écossais installé en Caroline du Sud au XVIIIᵉ siècle ; jasminoides signifie « semblable au jasmin ».

Lumière

En intérieur, offrez-lui un endroit chaud et très lumineux, à l’abri du soleil direct, qui brûle les feuilles ou les fait flétrir. Une fenêtre à l’ouest convient pendant la croissance ; en hiver, rapprochez-le d’une fenêtre au sud pour profiter des journées courtes.

Dehors, il fleurit au mieux au soleil ou à mi-ombre ; dans les régions chaudes, l’idéal est le soleil du matin et l’ombre l’après-midi. Une ombre prolongée réduit nettement la floraison.

Arrosage

Au printemps et en été, gardez le substrat constamment frais, jamais détrempé. Vérifiez souvent la surface : dès qu’elle sèche au toucher, arrosez jusqu’à humidifier toute la motte, puis videz la soucoupe. En hiver, espacez les apports sans jamais laisser la motte se dessécher complètement. Trop d’eau, trop peu, et surtout des arrosages irréguliers font tomber les boutons.

Préférez l’eau de pluie, surtout si l’eau du robinet est calcaire : le calcaire fait remonter le pH et jaunir le feuillage. Laissez l’eau revenir à la température de la pièce.

L’air doit rester humide de façon constante : posez le pot sur un plateau de graviers humides et, par temps chaud, brumisez le feuillage, jamais les fleurs, que l’eau tache. Au jardin, le goutte-à-goutte garde l’eau à l’écart des feuilles et des fleurs, et un paillis organique de 5–8 cm garde le sol frais.

Substrat

En pot, utilisez un terreau pour plantes acidophiles, de type terre de bruyère, sans tourbe, drainant et riche en matière organique. Le pH doit rester entre 5 et 6,5 environ ; au-delà, les feuilles jaunissent. En pleine terre, enrichissez le sol en compost ou en écorce broyée et évitez la proximité du béton, qui l’alcalinise.

Le gardénia est gourmand. Au printemps et en été, apportez chaque semaine un engrais liquide riche en azote, de préférence pour plantes acidophiles ; en hiver, un engrais équilibré avec oligo-éléments toutes les cinq à six semaines suffit. Au jardin, un engrais à libération lente pour azalées au printemps, renouvelé six semaines plus tard, convient. Ne fertilisez pas en automne : les pousses tendres qui en résulteraient craignent le froid. Un excès d’engrais fait aussi chuter les boutons, et des apports de fer corrigent le jaunissement des jeunes feuilles.

Températures

En intérieur, il apprécie 21–24 °C le jour et des nuits un peu plus fraîches, vers 15–18 °C. En hiver, environ 16 °C lui convient, et il supporte 10–15 °C. Des nuits à 18 °C ou plus peuvent empêcher la floraison, et les écarts brusques abîment les boutons : tenez-le loin des radiateurs et des courants d’air.

Il peut passer la belle saison dehors, dans un endroit lumineux et abrité, mais rentrez-le avant que les nuits ne descendent sous 10 °C. En pleine terre, il est cultivé dans les zones USDA 7b à 11b ; des cultivars comme ‘Kleim’s Hardy’, ‘Crown Jewel’ ou ‘Frostproof’ résistent mieux au froid.

Rempotage

Le gardénia n’aime pas les racines à l’étroit : rempotez-le chaque printemps dans un pot à peine plus grand, avec du terreau neuf pour plantes acidophiles. Ses racines superficielles supportent mal d’être dérangées : manipulez la motte avec délicatesse. À défaut de rempotage, remplacez les 5 cm supérieurs de substrat par du terreau frais.

Taille

Taillez juste après la floraison, généralement en plein été, pour supprimer les rameaux dégingandés et garder une silhouette compacte. Évitez les tailles sévères à partir de l’automne, qui réduisent la floraison suivante. En intérieur, une taille légère à la fin de l’hiver suffit. Retirez régulièrement les fleurs fanées pour en encourager de nouvelles.

Multiplication

Bouturez des tiges tendres à la fin de l’hiver ou au début du printemps, ou des rameaux semi-aoûtés en été ; les boutures à talon réussissent souvent très bien. Trempez leur base dans une hormone de bouturage, piquez-les dans un mélange léger à base de sable ou de perlite et maintenez-le humide : l’enracinement demande six à huit semaines.

La floraison diminuant au bout de quelques années, bouturer régulièrement permet de renouveler les plantes. Le marcottage, le semis et le greffage sont aussi possibles ; les pépiniéristes greffent parfois le gardénia sur Gardenia thunbergia, un porte-greffe résistant aux nématodes.

Problèmes fréquents

  • Chute des boutons : air sec, arrosage excessif, insuffisant ou irrégulier, manque de lumière, nuits trop chaudes, variations de température, excès d’engrais, mauvais drainage, thrips ou nématodes.
  • Jeunes feuilles jaunes : carence en fer, souvent liée à un substrat trop alcalin ou à une eau calcaire, excès d’eau, ou racines abîmées. La chute de quelques feuilles anciennes jaunies est normale.
  • Feuilles flétries sur substrat humide : le feuillage perd plus d’eau que les racines n’en absorbent, par forte chaleur ou air sec.
  • Aleurodes : ravageur le plus courant ; feuilles pâles et tachetées, miellat qui se couvre de fumagine, une moisissure noire. Traitez au savon insecticide ou à l’huile horticole.
  • Pucerons, cochenilles, cochenilles farineuses, thrips et acariens : inspectez le revers des feuilles et traitez dès les premiers signes ; éliminer ces insectes suceurs fait disparaître la fumagine.
  • Nématodes : ces vers microscopiques attaquent les racines et provoquent flétrissement et perte de vigueur, surtout en sol sableux.
  • Pourriture des racines : sol mal drainé.
  • Maladies du feuillage : oïdium, taches foliaires, anthracnose.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : croisez toujours l’observation de la lumière, de l’arrosage, de la température, de l’humidité de l’air et des racines.

Toxicité

Toxique pour les chiens, les chats et les chevaux, et faiblement toxique pour l’humain. La plante contient du géniposide et du gardénoside ; leur ingestion peut provoquer des vomissements légers, de la diarrhée et de l’urticaire. Elle ne cause pas de dermatite de contact. Placez-la hors de portée des animaux et des jeunes enfants et, en cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 septembre 2026.

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