Grand pin de Norfolk sur l’île Norfolk, au tronc droit et aux branches étagées en plateaux horizontaux, devant l’océan et un ciel bleu.
Photo : bertknot from scarborough, australia — CC BY-SA 2.0

Famille · Araucariaceae

Pin de Norfolk

Araucaria heterophylla (Salisb.) Franco

Araucaria de Norfolk · Araucaria

Synonymes : Eutassa heterophylla, Pinus columbaria, Abies columbaria

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -7 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Intermédiaire
Températures confortables
13–21 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
91 cm – 2,7 m
Rusticité
Jusqu’à -7 °C
Toxicité
Aucune toxicité signalée

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes non toxiques pour les animaux

Le pin de Norfolk n’est pas un vrai pin mais un araucaria originaire d’une petite île du Pacifique Sud. En pot, il forme un élégant sapin miniature aux branches étagées, à condition de lui offrir beaucoup de lumière, une ambiance plutôt fraîche et un air assez humide. Ses branches perdues ne repoussent pas : mieux vaut prévenir que guérir.

Identification et origine

Araucaria heterophylla est un conifère de la famille des Araucariaceae. Malgré son nom courant, il n’appartient pas au genre des pins. Il est endémique de l’île Norfolk, un minuscule territoire australien du Pacifique Sud situé entre la Nouvelle-Zélande et la Nouvelle-Calédonie, où il pousse dans les zones côtières humides, sur les falaises de basalte comme dans les forêts de l’intérieur. Découvert lors du deuxième voyage de James Cook, il est cultivé depuis la fin du XVIIIe siècle et planté aujourd’hui dans de nombreuses régions subtropicales littorales.

Sa silhouette est très régulière : un tronc unique et droit, autour duquel les branches horizontales rayonnent en étages successifs, généralement par cinq. Le nom heterophylla (« aux feuilles variées ») rappelle qu’il porte deux types de feuilles : sur les jeunes rameaux, des aiguilles en alène d’environ 1 cm, à pointe recourbée et piquante ; sur les rameaux adultes, de petites écailles serrées qui se chevauchent. Dans son habitat, il dépasse 60 m de haut ; les gros cônes femelles hérissés, de 8–15 cm de diamètre, ne se forment que sur les arbres adultes en pleine terre.

En pot, il pousse lentement et vit longtemps. Il mesure le plus souvent 90 cm – 1,8 m et peut approcher 2,7 m en intérieur.

Lumière

C’est le point décisif. Il lui faut une lumière vive tout au long de l’année : près d’une fenêtre orientée à l’est, à quelques pas d’une grande baie au sud, ou devant une fenêtre à l’ouest à condition de le protéger du soleil brûlant de l’après-midi. Comptez au minimum deux heures de lumière vive par jour. Un bon ensoleillement donne un port compact et symétrique, mais un peu d’ombre l’après-midi évite que le feuillage ne jaunisse.

Tournez le pot chaque semaine : sinon, l’arbre se penche vers la fenêtre et se déséquilibre. Trop loin de la lumière, il perd sa densité, s’étire, perd des aiguilles puis ses branches basses, surtout en hiver.

Arrosage

Arrosez copieusement à l’eau tempérée dès que la surface du substrat est sèche au toucher, sur environ 3 cm de profondeur, puis laissez l’excédent s’écouler et videz la soucoupe au bout d’un quart d’heure. Le pin de Norfolk apprécie une humidité régulière : un substrat qui sèche complètement comme un pot détrempé lui font perdre des branches, et l’eau stagnante provoque la pourriture des racines. En hiver, la croissance ralentit : arrosez moins souvent, mais sans laisser la motte se dessécher.

L’humidité de l’air compte autant que l’arrosage. Il préfère une hygrométrie supérieure à 50 %, rarement atteinte dans un logement chauffé. Posez le pot sur un plateau de billes d’argile ou de graviers humides, regroupez-le avec d’autres plantes ou utilisez un humidificateur ; un hygromètre permet de vérifier le résultat.

Substrat

Un terreau de plantation légèrement acide, fertile et poreux, enrichi de tourbe (ou d’un équivalent) et de sable grossier ou de perlite pour le drainage. Le pot doit impérativement être percé. Pendant la saison de croissance, du printemps au début de l’automne, apportez un engrais liquide pour plantes vertes bien dilué toutes les deux à quatre semaines ; cessez en hiver.

Températures

Il se plaît au frais : entre 13–21 °C environ, idéalement 16–21 °C le jour et 10–18 °C la nuit. Un repos hivernal autour de 13–16 °C lui convient bien. Il supporte l’air chaud et sec des appartements, mais un logement surchauffé toute l’année ne lui réussit pas. Éloignez-le des radiateurs, bouches de chauffage ou de climatisation, portes d’entrée et courants d’air, qui dessèchent les pointes.

En pleine terre, il est cité pour les zones USDA 9a à 11b (minimales d’environ -7 °C) ; il n’est vraiment sûr qu’à partir de la zone 10 et ne survit en zone 9 qu’avec un microclimat abrité. Dehors, il tolère le vent et un peu de sécheresse.

Rempotage

Au printemps, tous les deux ou trois ans, lorsque des racines apparaissent en surface ou sortent par les trous de drainage. Ses racines sont fragiles : manipulez la motte avec délicatesse. Rempotez et fertilisez uniquement pendant la période de croissance active.

Taille

Il ne se taille pratiquement pas. Ne coupez jamais la pointe : si la pousse terminale est cassée ou supprimée, l’arbre cesse de grandir en hauteur. Une branche perdue ne repousse pas non plus. Le brunissement des branches les plus basses est normal avec l’âge ; ailleurs, c’est un signal d’alerte (voir plus bas).

Multiplication

Seules les boutures prélevées à l’extrémité de la tige principale donnent un arbre symétrique ; les jeunes pousses qui apparaissent au pied peuvent aussi être séparées. Le semis est possible, mais exige des graines fraîches et des conditions de serre ; les sujets issus de semis ont des étages de branches plus espacés que ceux issus de boutures de tête.

Problèmes fréquents

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : examinez la lumière, l’arrosage, l’humidité et l’emplacement avant de conclure.

  • Aiguilles et pointes qui brunissent : air trop sec, manque ou excès d’eau, courant d’air chaud ou froid, soleil direct de la mi-journée, ou acariens.
  • Chute des branches basses : stress dû au manque d’eau, de lumière ou d’humidité, ou à la proximité d’une bouche d’air. Une lumière insuffisante pendant plusieurs années aboutit au même résultat.
  • Port étiré ou déséquilibré : lumière insuffisante, surtout en hiver, ou pot jamais tourné.
  • L’arbre ne grandit plus : pousse terminale abîmée ou manquante.
  • Ravageurs : acariens (tétranyques), favorisés par l’air chaud et sec — rincez le feuillage et augmentez l’humidité ; cochenilles et fumagine (dépôt noirâtre sur le feuillage).
  • Maladies : taches foliaires ; en pleine terre, pourridié des racines.

Toxicité

Aucune toxicité signalée : il est répertorié comme non toxique pour les chiens, les chats et les chevaux. Comme pour toute plante, un animal qui en mâche peut toutefois avoir des vomissements ou des troubles digestifs passagers. Les aiguilles des jeunes rameaux sont piquantes : manipulez-le avec un peu de précaution.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 septembre 2026.

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