Jeune Radermachera sinica en pot dans une pépinière, aux tiges vertes dressées et aux feuilles composées formées de nombreuses folioles luisantes, vert clair et pointues.
Photo : David J. Stang — CC BY-SA 4.0

Famille · Bignoniaceae

Radermachera

Radermachera sinica (Hance) Hemsl.

Arbre serpent · Arbre émeraude · China doll

Synonymes : Radermachera borii, Radermachera tonkinensis, Stereospermum sinicum

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -1 °C
Lumière
Lumière vive indirecte
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Intermédiaire
Températures confortables
16–24 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
1,2–1,8 m
Rusticité
Jusqu’à -1 °C
Toxicité
Aucune toxicité signalée

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes non toxiques pour les animaux

Arbre des montagnes subtropicales du sud de la Chine et de Taïwan, Radermachera sinica est surtout connu en intérieur pour son feuillage composé, vert brillant et très léger. Il pousse bien sous une lumière vive et tamisée, avec un substrat toujours frais mais jamais détrempé. Il supporte mal les changements : un déplacement ou un arrosage mal dosé se traduit vite par une chute de feuilles.

Identification et origine

Radermachera sinica appartient à la famille des Bignoniaceae. Il est originaire d’Asie du Sud et de l’Est : sud de la Chine, Taïwan, Assam et Himalaya oriental, Myanmar et Vietnam, où il pousse dans les zones de montagne subtropicales. Il a longtemps porté le nom de Stereospermum sinicum. Le nom du genre honore J. C. M. Radermacher, naturaliste néerlandais établi à Java, et l’épithète sinica signifie « de Chine ».

Dans la nature, c’est un arbre à feuillage persistant qui peut atteindre 30 m ; en culture sous climat sans gel, il reste plutôt autour de 7,5–9 m. En pot, il forme un arbuste touffu qui dépasse rarement 1,2–1,8 m de haut, pour 1–1,5 m de large, et il met cinq à dix ans pour atteindre sa taille adulte.

Ce qui le rend reconnaissable, ce sont ses feuilles deux fois composées (bipennées), longues jusqu’à 75 cm, divisées en de nombreuses folioles vert foncé à vert moyen, très luisantes, d’environ 5 cm. L’ensemble donne une silhouette touffue et légère. Dans son milieu, il porte au printemps et en été des panicules de fleurs parfumées en trompette, blanches ou jaunes, aux pétales froissés, longues d’environ 8 cm, suivies de capsules fines et discrètes. En appartement, la floraison est très rare : on le cultive pour son feuillage. Il existe des variétés naines, adaptées à l’intérieur ou à la terrasse.

Lumière

Offrez-lui beaucoup de lumière, mais filtrée. L’idéal est un emplacement près d’une fenêtre orientée à l’est, à l’ouest ou au sud, derrière un voilage qui tamise le soleil plusieurs heures par jour. Évitez le plein soleil direct à travers la vitre, qui chauffe trop le feuillage.

Un manque de lumière donne des tiges longues et faibles et des feuilles plus pâles. Si les nouvelles pousses s’étirent, rapprochez la plante de la fenêtre, une fois pour toutes, car elle réagit mal aux déplacements répétés.

Arrosage

C’est le point le plus délicat. La plante est très sensible aussi bien au manque d’eau qu’à l’excès, et elle répond dans les deux cas en perdant ses feuilles. Le but est un substrat légèrement et régulièrement humide, jamais détrempé, et qu’on ne laisse pas sécher complètement.

Avant d’arroser, enfoncez un doigt dans le terreau : lorsque les 2–3 cm supérieurs sont secs, arrosez à fond jusqu’à ce que l’eau s’écoule par les trous du pot, puis videz la soucoupe. Ne laissez jamais le pot tremper : les racines asphyxiées pourrissent. Un pot en terre cuite ou un petit pot sèchent plus vite : vérifiez-les plus souvent.

Les feuilles vous renseignent. Des feuilles qui noircissent orientent plutôt vers un excès d’eau, alors que des feuilles sèches et cassantes signalent plutôt un manque. Après un arrosage excessif, n’arrosez de nouveau qu’une fois le dessus du substrat bien sec.

La plante tolère l’air sec des maisons chauffées, mais elle apprécie qu’on brumise régulièrement son feuillage.

Substrat

Utilisez un terreau à base de terre, ou un terreau universel sans tourbe auquel vous ajoutez du sable ou du gravier horticole pour le drainage. En pleine terre, il aime un sol riche, limoneux, frais, bien drainé et de pH neutre. Le pot doit absolument être percé.

Fertilisez seulement pendant la croissance active, au printemps et en été, avec un engrais pour plantes d’intérieur. Arrêtez en automne et en hiver, et attendez l’apparition de nouvelles pousses avant de nourrir une plante qui vient d’être achetée, déplacée ou rempotée. Une carence en azote se manifeste par une coloration vert pâle à jaune, uniforme, qui touche d’abord les feuilles les plus âgées.

Températures

Le confort se situe autour de 21–24 °C le jour et 16–18 °C la nuit. En hiver, la plante ne doit pas descendre sous 10–15 °C ; restez de préférence vers le haut de cette fourchette, car elle aime une ambiance chaude. Elle ne supporte pas le gel.

En été, vous pouvez la sortir sur une terrasse ou un balcon abrité, à mi-ombre et protégé du vent, à condition de la rentrer avant les premières gelées d’automne. Ce changement d’ambiance peut, à lui seul, provoquer une chute de feuilles. En pleine terre, elle se cultive dans les zones USDA 10 à 12, au soleil ou à mi-ombre, dans un endroit protégé des vents forts.

Rempotage

Rempotez pendant la période de croissance active, au printemps ou en été, plutôt qu’en automne ou en hiver, quand la plante est au ralenti. Choisissez un pot proportionné à la taille de la plante et muni de trous de drainage. Le rempotage est un stress : cumulé à un déménagement ou à un arrosage excessif, il peut provoquer un véritable choc et une forte défoliation. Évitez donc de rempoter une plante qui vient d’arriver chez vous : laissez-la d’abord s’habituer à son nouvel emplacement pendant au moins un mois. Après l’opération, arrosez modérément et ne fertilisez pas avant la reprise de la croissance.

Taille

La taille sert à garder une plante compacte et à éviter qu’elle ne se dégarnisse à la base. Sur une jeune plante, pincez l’extrémité des tiges pour favoriser la ramification. Sur une plante plus âgée, raccourcissez les tiges trop longues pour la contenir dans l’espace disponible.

Multiplication

Multipliez-le par bouturage de tige en été, avec des boutures semi-ligneuses. Prélevez une extrémité de tige de 8–15 cm comportant au moins deux nœuds, retirez les feuilles de la moitié inférieure et trempez la base dans un peu d’hormone de bouturage, sans excès, car une dose trop forte ralentit l’enracinement. Plantez-la dans un mélange léger de vermiculite, de perlite ou de tourbe, jamais dans de la terre de jardin ou du compost. Placez-la en lumière vive mais indirecte ; un substrat maintenu vers 24–27 °C donne les meilleurs résultats.

Le marcottage aérien convient aux tiges plus grosses : entaillez la tige, entourez la blessure de mousse humide, couvrez de film plastique, puis, une fois les racines formées, coupez sous la motte racinaire et rempotez aussitôt.

Les graines se sèment dans un terreau léger, à peine recouvertes et maintenues humides.

Problèmes fréquents

  • Chute de feuilles : déplacement, rempotage, changement de lumière ou de température, mais aussi arrosage trop abondant ou insuffisant.
  • Feuilles noircies : excès d’eau ou pot sans trous de drainage.
  • Feuilles sèches et cassantes : manque d’eau.
  • Plante dégarnie, tiges étirées : lumière insuffisante ou absence de pincement.
  • Vieilles feuilles uniformément pâles ou jaunes : carence en azote.
  • Pourriture des racines : substrat constamment trop humide.
  • Ravageurs : pucerons, cochenilles farineuses ou à carapace et tétranyques (araignées rouges). Inspectez régulièrement le feuillage et les jeunes pousses.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez toujours l’humidité de la motte, la lumière et les changements récents avant d’agir. Une plante très dégarnie peut mettre longtemps à retrouver sa densité, et parfois ne la retrouve jamais tout à fait.

Toxicité

Aucune toxicité signalée. La plante ne figure pas parmi les plantes toxiques répertoriées pour les chiens et les chats, et elle n’est pas connue comme plante vénéneuse pour l’humain. En cas de malaise après ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 16 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 16 octobre 2026.

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