
Famille · Asparagaceae
Sansevière
Dracaena trifasciata
Langue de belle-mère
Synonymes : Sansevieria trifasciata
L’essentiel
- Culture
- Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -1 °C
- Lumière
- Faible lumière – Lumière vive indirecte
- Eau
- Arrosage rare
- Difficulté
- Facile
- Températures confortables
- 15–24 °C
- À éviter en dessous de
- 10 °C
- Hauteur en culture
- 60 cm – 1,2 m
- Rusticité
- Jusqu’à -1 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes facilesPlantes pour peu de lumière
Longtemps nommée Sansevieria trifasciata, la sansevière est aujourd’hui classée dans le genre Dracaena. Ses feuilles dressées et charnues, qui stockent de l’eau, en font l’une des plantes d’intérieur les plus tolérantes et les plus durables, à condition de lui donner de la lumière et de ne jamais l’arroser trop.
Identification et origine
Dracaena trifasciata (famille des Asparagaceae) est le nom botanique accepté. Des études moléculaires ont rattaché les Sansevieria au genre Dracaena, mais Sansevieria trifasciata reste un synonyme courant dans le commerce. L’espèce est originaire d’Afrique tropicale, du Nigeria et du Cameroun jusqu’à la RD Congo et la Tanzanie, où elle pousse en milieux rocheux et secs.
C’est une vivace persistante sans tige apparente, qui forme des touffes dressées. Ses feuilles rigides, charnues, plates et pointues partent en rosette d’un épais rhizome. Longues jusqu’à 1,2 m et larges de 5–10 cm, elles sont barrées de bandes transversales vert sombre et vert gris, d’où l’épithète trifasciata (« à trois bandes »). La touffe atteint 60 cm – 1,2 m de haut dans la nature, rarement plus de 60 cm en pot.
Les sujets adultes peuvent fleurir au printemps : petites fleurs tubulaires blanc verdâtre à crème, collantes et parfumées (notes de vanille ou de jasmin), en grappes, suivies de baies orange. En intérieur, c’est rare et réservé aux plantes très éclairées et bien nourries.
Parmi les cultivars courants : ‘Laurentii’, à bordure jaune doré ; ‘Hahnii’, rosette naine « nid d’oiseau » d’environ 15 cm, et sa version bordée d’or ‘Golden Hahnii’ ; ‘Moonshine’, vert argenté pâle ; ‘Bantel’s Sensation’, rayé de blanc ; ou encore ‘Black Gold’ et ‘Silver Queen’.
Lumière
Elle pousse le mieux en lumière vive, filtrée ou indirecte, et accepte quelques heures de soleil direct. Protégez-la du soleil brûlant de midi en été, qui marque les feuilles.
Sa réputation de plante d’ombre est à nuancer : dans un coin sombre, elle survit sur ses réserves mais ne pousse presque plus et ne fleurit pas. Les feuilles s’y allongent et les panachures perdent leur contraste ; au soleil, la plante reste plus compacte. Évitez les changements brusques : passée d’un coin sombre au plein soleil, elle peut brûler. Sortie l’été, elle préfère un emplacement ombragé.
Arrosage
L’excès d’eau est de loin la première cause d’échec ; ses feuilles charnues lui font supporter des semaines, voire des mois, de sécheresse.
N’arrosez pas selon un calendrier mais selon le substrat : enfoncez un doigt dans le pot et attendez qu’il soit sec en profondeur. Arrosez alors abondamment, sans verser d’eau au cœur de la rosette, puis videz la soucoupe.
Le rythme dépend de la lumière, de la chaleur et du pot. De l’automne à la fin de l’hiver, la croissance ralentit fortement : donnez juste assez d’eau pour éviter que les feuilles se rident, sauf dans une pièce très chaude. Des feuilles plissées signalent une vraie soif ; une base molle, un excès d’eau.
L’air sec d’un logement lui convient : ne la vaporisez pas, évitez les salles de bains embuées et préférez une pièce aérée sans courant d’air froid.
Substrat
Il doit être très drainant : terreau pour cactées sans tourbe, ou deux parts de terreau à base de terre pour une part de gravillons. Un terreau universel additionné d’environ un tiers de perlite ou de sable convient aussi ; le pH peut être neutre à alcalin.
Le pot doit être percé. Les grands sujets basculent facilement : un pot lourd en terre cuite, plus large que haut, les stabilise, et sa paroi poreuse limite l’excès d’eau.
Températures
Les températures d’intérieur ordinaires, autour de 15–24 °C, lui conviennent, et elle apprécie la chaleur. Au sec, elle tolère des périodes fraîches vers 10 °C, mais mieux vaut ne pas la laisser durablement sous 13 °C. Éloignez-la des courants d’air froids et des radiateurs.
Elle ne supporte pas le gel : en pleine terre toute l’année, elle n’est cultivable qu’en zones USDA 10a à 12b. Dans ces climats, ses rhizomes s’étendent et elle est jugée à haut risque d’invasion dans certaines régions : cultivez-la en pot ou en bordure fermée.
Rempotage
La croissance est lente et la plante aime être à l’étroit : un rempotage tous les cinq ans environ suffit souvent, tous les trois ans pour les formes naines comme ‘Hahnii’. Entre-temps, renouvelez chaque année la couche superficielle du substrat.
Rempotez au printemps, quand les racines et les feuilles remplissent le pot ou le déforment ; des rhizomes vigoureux peuvent même faire éclater la terre cuite. Choisissez un pot à peine plus grand : trop de substrat reste humide et favorise la pourriture.
Au printemps et en été, un engrais liquide à demi-dose environ une fois par mois suffit ; rien en automne ni en hiver.
Taille
Aucune taille n’est nécessaire. Coupez à la base, avec un outil désinfecté, les feuilles abîmées ou molles, de préférence au printemps, sans retirer plus d’un quart du feuillage à la fois. Ménagez les pointes : une feuille dont la pointe est cassée peut cesser de s’allonger. Portez des gants, la sève irritant la peau.
Multiplication
Le plus simple est de détacher les rejets qui apparaissent autour de la touffe, une fois enracinés et munis de quatre ou cinq feuilles. Au rempotage de printemps, vous pouvez aussi diviser la touffe en sections de rhizome portant chacune des feuilles et des racines ; les grandes divisions peuvent demander un tuteur au début.
Pour le bouturage de feuille, coupez une feuille adulte en tronçons de 5–10 cm, laissez sécher les coupes un à deux jours, puis enfoncez chaque tronçon à moitié dans un substrat à peine humide, en respectant le sens de pousse (une encoche en haut évite les erreurs). Gardez-les sous un sac transparent, au chaud, idéalement sur une chaleur de fond d’environ 18 °C, en lumière vive indirecte : les pousses apparaissent en deux mois environ.
Les boutures de feuille d’un cultivar panaché comme ‘Laurentii’ donnent en général des plantes entièrement vertes ; pour garder la panachure, préférez la division ou les rejets.
Problèmes fréquents
- Base des feuilles molle, brunâtre, odeur de pourri : pourriture due à l’excès d’eau, surtout au frais ; les feuilles jaunissent puis s’effondrent.
- Feuilles qui s’affaissent ou se plient : excès d’eau, manque de lumière, ou sécheresse très prolongée. Un effondrement sans excès d’eau peut aussi venir de larves d’otiorhynque qui rongent les racines.
- Feuilles ridées : manque d’eau prolongé.
- Feuilles longues, pâles, panachure terne : manque de lumière.
- Taches brunes ou décolorées : coup de soleil après un changement d’exposition brutal, ou froid près d’une fenêtre en hiver.
- Ravageurs : cochenilles farineuses cachées à la base des feuilles, acariens par temps chaud et sec.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : examinez arrosage, lumière, température et racines avant d’agir.
Toxicité
Toutes les parties de la plante sont toxiques pour les chiens et les chats (saponines) : nausées, vomissements parfois sanglants, diarrhée, abattement, perte d’appétit, salivation excessive, pupilles dilatées chez le chat. Elle est aussi toxique pour l’humain en cas d’ingestion, avec une sévérité faible, et sa sève irrite la peau. Tenez-la hors de portée des enfants et des animaux ; en cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Dracaena trifasciata — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 22 septembre 2026)
- How to grow sansevierias — Royal Horticultural Society (consulté le 22 septembre 2026)
- Snake Plant (Sansevieria trifasciata) — Toxic and Non-Toxic Plant List — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 22 septembre 2026)
- Dracaena trifasciata — Plants of the World Online — Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le 22 septembre 2026)
- Dracaena trifasciata (Prain) Mabb. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 22 septembre 2026)
- Dracaena trifasciata — Plant Finder — Missouri Botanical Garden (consulté le 23 septembre 2026)
- Snake Plant (Dracaena) — Plant Information Service research guide — New York Botanical Garden, LuEsther T. Mertz Library (consulté le 23 septembre 2026)
- Snake Plant: A Forgiving, Low-maintenance Houseplant — Penn State Extension (consulté le 23 septembre 2026)
- Yard and Garden: Caring for Sansevieria — Iowa State University Extension and Outreach (consulté le 23 septembre 2026)
- How to Propagate Houseplants by Leaf Section Cuttings — Iowa State University Extension and Outreach (consulté le 23 septembre 2026)
- 1337 – Snake Plant — PlantTalk Colorado — Colorado State University Extension (consulté le 23 septembre 2026)
- Sensational Sansevieria — University of Connecticut Home & Garden Education Center (consulté le 23 septembre 2026)
- Sansevieria trifasciata — UF/IFAS Assessment of Non-native Plants — University of Florida, IFAS (consulté le 23 septembre 2026)
- Master Gardener Volunteers on… sansevieria: invasive, nuisance, or reliable addition to the garden? — UF/IFAS Extension Sarasota County (consulté le 23 septembre 2026)

