
Famille · Tropaeolaceae
Capucine
Tropaeolum majus
Grande capucine
Synonymes : Cardamindum majus, Nasturtium indicum, Tropaeolum atrosanguineum, Tropaeolum elatum, Tropaeolum hortense, Tropaeolum hybridum, Tropaeolum pinnatum, Tropaeolum quinquelobum, Trophaeum majus
L’essentiel
- Culture
- ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -7 °C
- Lumière
- Soleil direct
- Eau
- Arrosage rare
- Difficulté
- Facile
- Hauteur en culture
- 30 cm – 3 m
- Rusticité
- Jusqu’à -7 °C
- Toxicité
- Irritante / toxique pour l’humain
Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes faciles
Venue des Andes, la grande capucine est une plante de jardin facile qui couvre le sol, retombe des jardinières ou grimpe sur un treillage, avec des fleurs éperonnées aux couleurs chaudes jusqu’aux gelées. Feuilles, fleurs et boutons se mangent et ont une saveur poivrée rappelant le cresson.
Identification et origine
Tropaeolum majus appartient à la famille des Tropaeolaceae. Originaire d’Amérique du Sud, elle est considérée comme une plante façonnée par la culture, issue du Pérou. Les conquistadors espagnols l’ont rencontrée au Pérou et au Mexique et l’ont rapportée en Espagne au XVIᵉ siècle. Elle s’est depuis naturalisée dans de nombreuses régions du monde, et peut devenir envahissante sous les climats doux. Les premiers herboristes anglais la nommaient « cresson des Indes », car son huile de moutarde rappelle celle du cresson. Le nom du genre, choisi par Linné, vient du grec tropaion et du latin tropaeum, « trophée » : la plante évoquait un trophée antique. Monet en avait bordé l’allée de sa maison de Giverny.
C’est une vivace tendre, cultivée presque partout comme plante annuelle. Suivant les cultivars, elle forme des touffes basses d’environ 30 cm de haut sur 60 cm de large, ou des tiges coureuses et retombantes qui couvrent le sol, les talus ou les murets et peuvent atteindre 3 m si on les palisse. Sa croissance est rapide.
Les feuilles, longuement pétiolées, sont rondes et peltées : le pétiole s’attache près du centre du limbe, comme le manche d’une ombrelle. Lisses et sans poils, d’un vert franc, elles mesurent 5–15 cm de diamètre et sont parcourues de nervures claires rayonnantes ; certains cultivars ont un feuillage marbré ou panaché de crème.
De la fin du printemps jusqu’aux gelées, elle porte de grandes fleurs de 5–6 cm, en entonnoir, à cinq pétales, prolongées vers l’arrière par un éperon qui contient le nectar. Leur couleur va du jaune à l’orange et au rouge, avec des teintes crème, saumon ou acajou chez certains cultivars ; elles peuvent être simples ou doubles et quelques-unes sont parfumées. Elles attirent les papillons, les abeilles et, en Amérique, les colibris, et se cueillent pour les bouquets. Le fruit se divise en trois parties contenant chacune une grosse graine, et la plante se ressème volontiers.
Parmi les cultivars courants : ‘Empress of India’, compact, au feuillage sombre et aux fleurs cramoisies ; la série ‘Alaska’, au feuillage marbré de blanc ; ‘Tom Thumb’, nain, de 15–23 cm ; ‘Peach Melba’, jaune crème taché d’orange ; ‘Jewel of Africa’, coureuse au feuillage panaché, qui grimpe jusqu’à 2,4 m ; ou ‘Moonlight’, aux fleurs jaune pâle.
Lumière
Plantez-la en plein soleil : c’est là qu’elle fleurit le plus. Elle tolère la mi-ombre, mais elle y fleurit beaucoup moins. Sous les étés très chauds, une ombre légère l’après-midi l’aide à passer les fortes chaleurs, qui rendent aussi ses feuilles et ses fleurs nettement plus piquantes.
Arrosage
La capucine préfère un sol plutôt sec et tolère la sécheresse ; un arrosage régulier pendant la belle saison la maintient toutefois en pleine floraison et adoucit la saveur des feuilles. Pendant la germination, gardez le semis humide sans le détremper.
Ensuite, observez la terre et arrosez lorsqu’elle s’est asséchée, au pied et sans mouiller le feuillage : des feuilles qui restent humides favorisent les maladies. En jardinière ou en suspension, le substrat sèche bien plus vite qu’en pleine terre ; vérifiez-le plus souvent par temps chaud.
Substrat
Elle pousse le mieux dans un sol pauvre à moyennement riche, léger et bien drainé, sableux ou limoneux, quel que soit son pH. N’ajoutez pas d’engrais, sauf en sol vraiment très pauvre : un sol riche ou des apports azotés produisent beaucoup de feuilles au détriment des fleurs.
Températures
La capucine craint le gel : la plante meurt aux premières fortes gelées, et en pleine terre elle ne se comporte en vivace que dans les zones USDA 9a à 11b. Ailleurs, on la sème chaque année une fois tout risque de gel écarté. La levée est d’autant plus rapide que le sol est réchauffé. Dans les régions chaudes à hiver doux, on peut la semer du printemps à l’automne, voire toute l’année.
Rempotage
La capucine supporte mal la transplantation : semez-la directement à sa place définitive, en pleine terre ou dans la jardinière, plutôt que de la repiquer. Si vous la démarrez à l’abri, utilisez des godets en tourbe ou en papier que l’on plante tels quels pour ne pas abîmer les racines.
En contenant, prévoyez un pot percé et un terreau léger, peu fertilisé. Les formes naines conviennent aux jardinières et aux bordures, les formes coureuses aux suspensions, aux murets et aux treillages. Comme ses tiges n’ont pas de vrilles, attachez-les au support pour les aider à grimper.
Taille
Retirez régulièrement les fleurs fanées, ou cueillez-les : la floraison s’en trouve prolongée. Si la plante s’essouffle ou s’étire en plein été, rabattez-la légèrement ; elle repart et fleurit jusqu’à la fin de la saison. Dans les potées composées, raccourcissez les tiges qui envahissent les plantes voisines, et éclaircissez la touffe pour que l’air circule.
Multiplication
Elle se multiplie par semis. Faites tremper les graines quelques heures ou une nuit pour améliorer la germination. Semez-les en place à 1 cm de profondeur, car elles ont besoin d’obscurité pour germer, en les espaçant de 25–30 cm, à la fin du printemps ou au début de l’été, une fois les gelées passées. Vous pouvez aussi les semer à l’abri, en godets biodégradables, quatre à six semaines avant la date habituelle des dernières gelées. La levée demande sept à dix jours, suivant la température du sol, et la croissance est rapide dès qu’il fait chaud. Les graines se forment environ quatre mois après le semis, et la plante se ressème souvent seule.
Problèmes fréquents
- Beaucoup de feuilles, peu de fleurs : sol trop riche, engrais en excès ou manque de soleil.
- Plante étirée qui s’essouffle en plein été : une taille légère la relance.
- Feuilles et fleurs très piquantes : chaleur ou manque d’eau.
- Colonies d’insectes sous les feuilles : pucerons ; surveillez aussi les aleurodes, les cochenilles farineuses et les acariens.
- Feuilles dévorées : chenilles de la piéride du chou.
- Galeries sinueuses dans les feuilles : mineuses, sans gravité pour la plante.
- Taches sur les feuilles, plante qui flétrit : taches foliaires et flétrissement bactériens, ou virus.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : examinez ensemble l’exposition, le sol, l’arrosage et le revers des feuilles avant de conclure. Si vous comptez la consommer, n’utilisez pas de pesticides sur la plante ni à proximité.
Toxicité
La capucine n’est pas toxique pour les chiens, les chats ni les chevaux, et aucune intoxication par ingestion n’est rapportée. Pour l’humain, les feuilles, les fleurs, les boutons, les jeunes fruits et les graines se mangent ; seules les racines ne se consomment pas. Introduisez les fleurs comestibles progressivement dans l’alimentation et ne consommez que des plantes non traitées. En revanche, le contact avec la plante peut provoquer une allergie cutanée chez les personnes sensibles : portez des gants pour la manipuler si vous y êtes sujet.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Tropaeolum majus — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 28 octobre 2026)
- Nasturtium, Tropaeolum species — University of Wisconsin–Madison Extension, Wisconsin Horticulture (consulté le 28 octobre 2026)
- Nasturtium — Herb Gardening — University of Illinois Extension (consulté le 28 octobre 2026)
- Writers Guild Article: Nasturtiums — University of Minnesota Extension (consulté le 28 octobre 2026)
- Nasturtiums — Gardening Solutions — University of Florida, IFAS Extension (consulté le 28 octobre 2026)
- How to grow, harvest and eat 12 tasty edible annual flowers in Colorado — Colorado State University Extension (consulté le 28 octobre 2026)
- Tropaeolum majus — Royal Horticultural Society (consulté le 28 octobre 2026)
- Nasturtium — Toxic and Non-Toxic Plants — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 28 octobre 2026)
- Tropaeolum majus L. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 28 octobre 2026)
- Tropaeolum majus — Plants of the World Online — Royal Botanic Gardens, Kew (consulté le 28 octobre 2026)


