Lantana camara en été : bouquets de petites fleurs jaunes, orangées et roses parmi des feuilles ovales dentées et rugueuses.
Photo : PumpkinSky — CC BY-SA 4.0

Famille · Verbenaceae

Lantanier

Lantana camara L.

Lantana · Lantana camara

Synonymes : Camara vulgaris

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -18 °C
Lumière
Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
30 cm – 1,8 m
Rusticité
Jusqu’à -18 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

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Originaire des Antilles, du Mexique et de l’Amérique tropicale, le lantanier fleurit sans relâche de l’été aux premières gelées en bouquets multicolores qui attirent les papillons. Facile en massif comme en pot, il est toxique pour les animaux et peut devenir envahissant sous climat chaud.

Identification et origine

Lantana camara appartient à la famille des Verbénacées, celle des verveines. Son aire d’origine couvre le Mexique, l’Amérique centrale, les Antilles et le nord de l’Amérique du Sud, de la Colombie et du Venezuela jusqu’à l’Équateur, au Guyana et au nord du Brésil.

C’est un petit arbuste persistant sous climat doux, ligneux mais étalé, souvent plus large que haut. Selon le cultivar et le climat, il mesure de 30 cm à 1,8 m de haut pour 90 cm – 1,5 m de large. Les tiges sont de section carrée et parfois munies de petites épines. Les feuilles, opposées ou verticillées, sont ovales, dentées, rugueuses au toucher et longues de 8–15 cm ; froissées, elles dégagent une odeur forte.

Les petites fleurs tubulaires à cinq lobes forment des bouquets bombés d’environ 5 cm. Elles changent de couleur en vieillissant : un même bouquet réunit souvent jaune, orange, rose, rouge ou pourpre. La floraison va du milieu de l’été jusqu’aux gelées et attire papillons, colibris et autres pollinisateurs. Elle est suivie de petites drupes charnues qui virent au bleu métallique puis au noir violacé, appréciées des oiseaux.

Sous les climats tropicaux, il s’est échappé des jardins et il est devenu une mauvaise herbe envahissante. Préférez les cultivars stériles, qui produisent peu ou pas de graines.

Lumière

Le plein soleil est indispensable : au moins six heures de soleil direct par jour, idéalement huit. C’est la lumière qui fait fleurir le lantanier. À l’ombre ou à mi-ombre, la plante s’étire, fleurit peu et devient sensible à l’oïdium, ce feutrage blanc sur les feuilles.

Il supporte très bien la chaleur, l’humidité de l’air et même les embruns du bord de mer.

Arrosage

Après la plantation, gardez le sol légèrement humide quelques semaines, le temps que les racines s’installent. Une fois installé, le lantanier tolère la sécheresse, mais une période sèche prolongée réduit la croissance et la floraison.

Le bon repère : arrosez quand les 3–5 cm supérieurs du sol sont secs au doigt, puis mouillez abondamment toute la motte. En pot et en pleine chaleur, le substrat peut sécher en une journée : vérifiez-le tous les jours en été. Arrosez au pied, sans mouiller le feuillage, pour limiter les maladies.

L’excès d’eau est plus dangereux que le manque : un sol détrempé fait chuter la floraison et finit par provoquer la pourriture des racines. Un pot doit toujours être percé.

Substrat

Le lantanier accepte presque tous les sols à condition qu’ils soient bien drainés, idéalement légèrement acides, avec un pH autour de 6 à 6,5 et une bonne teneur en matière organique. Dans une terre lourde, incorporez du compost ou du sable pour améliorer le drainage. Il tolère aussi les sols pauvres et salins.

En pot, un terreau de rempotage du commerce convient. Il réussit souvent mieux en bac qu’en pleine terre, grâce au meilleur drainage.

Côté engrais, restez sobre : un engrais équilibré à la plantation, puis éventuellement une dose légère au cœur de l’été. L’excès réduit la floraison.

Températures

C’est une plante de chaleur : ne la sortez qu’une fois le sol réchauffé au-dessus de 16 °C, au moins deux semaines après la dernière gelée. Même les variétés rustiques repartent tard au printemps.

En pleine terre, le lantanier se comporte en vivace des zones USDA 7 à 11. Quelques cultivars comme ‘Miss Huff’, ‘Ham and Eggs’ ou ‘Chapel Hill Yellow’ résistent jusqu’en zone 7b. Ailleurs, on le cultive comme une annuelle ou on l’hiverne à l’abri.

Pour garder un sujet en pot d’une année sur l’autre, le plus simple est de le laisser entrer en repos : placez-le dans une pièce à 10–16 °C, peu éclairée, et arrosez juste assez pour que la motte ne se dessèche pas complètement. Le garder en croissance à l’intérieur est possible, mais la faible lumière hivernale l’affaiblit. Ne le laissez pas descendre sous 10 °C.

Rempotage

Plantez ou rempotez au printemps, lorsque la plante sort de son repos et que les températures remontent. Choisissez un contenant percé, juste un peu plus grand que la motte, rempli de terreau drainant. En massif, espacez les pieds d’environ 30 cm, davantage pour les variétés vigoureuses qui s’étalent largement.

Il pousse vite : prévoyez-lui une place où il pourra s’étendre sans étouffer ses voisins.

Taille

En été, rabattez légèrement l’extrémité des tiges et supprimez les bouquets fanés : la plante relance aussitôt de nouvelles fleurs. Un pied couvert de baies fleurit moins : une coupe légère le relance.

Une plante trop envahissante peut être réduite d’un tiers en cours de saison ; arrosez-la et donnez-lui un peu d’engrais, elle refleurira vite.

Les sujets vivaces en pleine terre se taillent sévèrement au printemps, à 15–30 cm du sol, pour éliminer le vieux bois et éviter qu’ils ne se dégarnissent. Évitez en revanche toute taille sévère en automne : elle réduit la résistance au froid.

Multiplication

Le bouturage est la méthode la plus utilisée. Prélevez une tige sans fleurs d’environ 15 cm, retirez les feuilles de la moitié inférieure et placez-la dans un verre d’eau. Les racines apparaissent en quelques semaines ; la bouture peut alors être mise en terre.

La division et le semis sont possibles, mais beaucoup de cultivars sont des hybrides avec Lantana montevidensis, et les cultivars stériles ne donnent pas de graines.

Parmi les cultivars courants : ‘Miss Huff’, orange, corail et or, vigoureux et stérile ; ‘New Gold’, bas et étalé, jaune d’or et stérile ; ‘Chapel Hill Yellow’, compact et rustique ; ‘Radiation’, rouge orangé, haut de 1,2–1,5 m ; ‘Samantha’, au feuillage panaché ; et les séries compactes Bandana et Little Lucky.

Problèmes fréquents

  • Feuilles collantes puis noircies (fumagine) : souvent des aleurodes, petites mouches blanches sous les feuilles.
  • Feuilles grisâtres, piquetées, qui brunissent et tombent : punaises réticulées du lantana.
  • Feuilles ternes, fines toiles : acariens, surtout sur une plante trop sèche ou hivernée à l’intérieur.
  • Feutrage blanc : oïdium, favorisé par l’ombre et le manque d’aération.
  • Plante qui flétrit malgré un sol humide : pourriture des racines due à un sol mal drainé ou à des arrosages trop fréquents.
  • Peu de fleurs : trop d’ombre, excès d’engrais ou nombreuses baies en formation.
  • Feuilles grignotées : chenilles.

Un symptôme peut avoir plusieurs causes : observez l’ensemble des conditions de culture (lumière, arrosage, drainage, aération) avant de conclure.

Toxicité

Le lantanier est toxique pour les chiens, les chats et les chevaux. Il contient des triterpénoïdes pentacycliques, les lantadènes A et B, présents dans les feuilles, les fleurs, les baies et la sève. L’ingestion peut provoquer vomissements, diarrhée, respiration difficile et faiblesse ; l’atteinte du foie concerne surtout le bétail (bovins, moutons, chèvres, chevaux).

Il est aussi dangereux pour l’être humain, en particulier pour les enfants : les baies, surtout vertes, sont à tenir hors de leur portée, et une consommation en quantité est la plus à craindre. Le feuillage peut irriter la peau des personnes sensibles : portez des gants pour la taille. En cas d’ingestion, contactez un centre antipoison ou un vétérinaire.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 22 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 22 octobre 2026.

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