Ginkgo au port élancé au feuillage entièrement jaune d’or en automne, sous un ciel bleu, au jardin botanique de Berlin-Dahlem.
Photo : A.Savin — CC BY-SA 3.0

Famille · Ginkgoaceae

Ginkgo

Ginkgo biloba L.

Arbre aux quarante écus

Synonymes : Salisburia adiantifolia, Salisburia biloba, Salisburia ginkgo, Salisburia macrophylla, Pterophyllus salisburiensis, Ginkgo macrophylla

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -40 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Hauteur en culture
15–24 m
Rusticité
Jusqu’à -40 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes faciles

Le ginkgo est un grand arbre caduc aux feuilles en éventail, seul survivant d’une lignée vieille de centaines de millions d’années. Rustique, résistant à la pollution, à la sécheresse et à la chaleur, il demande surtout du soleil, un sol drainé et le choix d’un sujet mâle pour éviter ses graines malodorantes.

Identification et origine

Ginkgo biloba appartient à la famille des Ginkgoaceae. On le surnomme « fossile vivant » : le ginkgo existe, apparemment sans grand changement, depuis des centaines de millions d’années. À l’état sauvage, il est originaire du sud-est de la Chine ; il a été introduit ailleurs en Chine, au Japon et en Corée.

C’est un arbre caduc, très longévif, de forme pyramidale ou conique dans sa jeunesse, qui devient plus irrégulier et plus étalé avec l’âge. Il atteint couramment 15–24 m de haut. Sa croissance est lente, surtout les premières années après la plantation.

Ses feuilles en éventail, souvent échancrées au centre en deux lobes, d’où l’épithète biloba, mesurent 5–8 cm de long et jusqu’à 12 cm de large. Leurs nervures se divisent en fourche. Elles sont groupées par trois à cinq sur de courts rameaux, ou isolées sur les pousses longues. Vert vif en été, elles prennent en automne une teinte jaune d’or éclatante, puis tombent rapidement en formant un tapis doré. L’écorce gris-brun se creuse de crêtes et de sillons avec l’âge.

Le ginkgo est un gymnosperme, comme les conifères : il ne produit ni fleurs ni vrais fruits. Les sexes sont séparés sur des arbres différents. Les arbres mâles portent de petits cônes à pollen ; les arbres femelles portent des ovules au bout d’un pédoncule, qui deviennent des graines charnues de 2–4 cm, jaune orangé, dont la pulpe dégage une odeur très désagréable à maturité. Elles tombent en automne et salissent le sol.

Il existe de nombreux cultivars mâles, sans graines : ‘Autumn Gold’, à port conique et belle couleur d’automne ; ‘Princeton Sentry’ et ‘Fastigiata’, étroits et dressés ; ‘Sky Tower’, compact et colonnaire ; ‘Jade Butterfly’, nain, aux feuilles serrées ; ‘Mariken’, nain, qui ne dépasse guère 90 cm – 1,2 m. Sa silhouette sculpturale en fait aussi un sujet apprécié en bonsaï.

Lumière

Le ginkgo pousse au mieux en plein soleil, avec au moins six heures de soleil direct par jour. Il tolère une mi-ombre légère, mais un emplacement bien ensoleillé favorise une croissance régulière et une couleur d’automne intense. Toutes les expositions lui conviennent, et il supporte les sites venteux.

Arrosage

Une fois installé, le ginkgo résiste bien à la sécheresse. Les premières années, en revanche, il reprend lentement et pousse plus vite s’il reçoit assez d’eau : arrosez profondément quand la terre est sèche sur plusieurs centimètres, puis laissez-la ressuyer avant l’arrosage suivant.

Ne noyez pas l’arbre : un sol constamment détrempé lui nuit, même s’il supporte des excès d’eau occasionnels. Gardez le pied dégagé du gazon sur un bon rayon autour du tronc pendant l’installation.

Substrat

Le ginkgo est peu exigeant sur la nature du sol. Il pousse dans les terres argileuses, limoneuses, sableuses ou calcaires, acides à alcalines, même compactées, à condition qu’elles soient bien drainées. Évitez seulement les sols mal drainés où l’eau stagne. Un apport d’engrais modéré au printemps peut accélérer la croissance d’un jeune arbre.

Il tolère la pollution urbaine, le sel de déneigement et les embruns modérés, ce qui en fait un excellent arbre d’alignement.

Températures

Le ginkgo est très rustique : il est cultivé dans les zones USDA 3a à 9b et supporte des froids intenses. Il résiste aussi à la chaleur, même si les étés les plus torrides des régions chaudes et sèches lui conviennent mal.

Rempotage

Le ginkgo se transplante facilement. Plantez-le dans un trou large, à la même profondeur que dans son conteneur, puis arrosez copieusement. Privilégiez un arbre greffé issu d’un cultivar mâle : il est impossible de reconnaître le sexe d’un jeune semis, et un arbre femelle peut mettre vingt ans ou plus avant de produire ses premières graines.

Laissez-lui la place nécessaire : les arbres femelles sont plus étalés que les mâles. Dans un petit jardin, choisissez une forme étroite ou naine.

Taille

Le ginkgo ne demande presque aucune taille. Chez un jeune arbre, une taille de formation précoce aide à conserver une seule flèche centrale ; il arrive en effet qu’une grosse branche se développe au point de former un second arbre sur le tronc. Taillez de préférence au printemps, et limitez-vous ensuite au bois mort et aux branches mal placées. Le bois est solide et résiste bien aux tempêtes.

Multiplication

Les cultivars se multiplient par greffage : c’est la méthode utilisée pour garantir un arbre mâle. On peut aussi bouturer des rameaux semi-ligneux.

Le semis est simple, mais l’on ne saura le sexe de l’arbre obtenu qu’à sa première fructification. Récoltez les graines en automne sous un arbre femelle, avec des gants, et débarrassez-les entièrement de leur pulpe irritante avant de les semer.

Problèmes fréquents

  • Odeur forte et sol souillé en automne : graines d’un arbre femelle. Seule solution durable : planter un cultivar mâle.
  • Croissance très lente après la plantation : normal pendant quelques années ; un arrosage suffisant et un peu d’engrais aident.
  • Irritation de la peau : contact avec la pulpe des graines.
  • Silhouette déséquilibrée : branche charpentière trop vigoureuse, à corriger par une taille de formation.
  • Dépérissement : rarement, pourridié. Le ginkgo est par ailleurs pratiquement exempt de ravageurs et de maladies graves et résiste à la verticilliose.
  • Couleur d’automne brève : les feuilles tombent rapidement, c’est un trait de l’espèce.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : tenez compte du sol, de l’arrosage et de l’âge de l’arbre avant de conclure.

Toxicité

Seules les graines posent problème. Leur pulpe contient des alkylphénols et de l’acide ginkgolique : son jus irrite la peau au contact, et la consommer provoque une irritation des lèvres, de la bouche et de la gorge, des douleurs d’estomac, des nausées et de la diarrhée. La toxicité pour l’humain est faible et ne devient sérieuse qu’en cas d’ingestion importante ; l’amande, débarrassée de sa pulpe, lavée puis bouillie ou grillée, est d’ailleurs consommée. Les graines sont aussi toxiques pour les animaux de compagnie. Portez des gants pour les ramasser et, en cas d’ingestion, contactez un médecin, un vétérinaire ou un centre antipoison.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 9 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 9 octobre 2026.

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