Houx crénelé ‘Helleri’ au jardin botanique de Christchurch : arbuste bas et étalé aux petites feuilles ovales vert clair, planté dans un paillis d’écorces avec son étiquette botanique.
Photo : Daderot — CC0

Famille · Aquifoliaceae

Houx crénelé

Ilex crenata Thunb.

Houx du Japon · Houx japonais

Synonymes : Celastrus adenophyllus, Eurya myrtilloides, Ilex crenata var. convexa, Ilex crenata f. convexa, Ilex crenata f. helleri, Ilex crenata var. fastigiata, Ilex crenata var. microphylla, Ilex crenata var. nummularia, Ilex euryifolia, Ilex helleri, Ilex luzonica, Ilex nummularia, Ilex thomsonii, Ilex yuana, Prinos crenatus

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -29 °C
Lumière
Lumière moyenne – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Intermédiaire
Hauteur en culture
1,5–3 m
Rusticité
Jusqu’à -29 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens
Guide de culture en bonsaï →Emplacement, substrat, ligature et soins saisonniers

Dans les sélectionsPlantes d’extérieur

Arbuste persistant d’Asie orientale aux petites feuilles luisantes sans épines, le houx crénelé ressemble davantage à un buis qu’à un houx classique. Dense, lent et très docile à la taille, il forme haies, bordures et topiaires, à condition de disposer d’un sol acide, frais et parfaitement drainé.

Identification et origine

Ilex crenata appartient à la famille des Aquifoliaceae, celle des houx. Il est originaire du Japon, de Corée, de Chine (y compris Hainan), de Taïwan, de Sakhaline et des Kouriles, mais aussi de l’est de l’Himalaya (Népal, Tibet, Assam), du Myanmar et du Viêt Nam. Il s’est naturalisé localement en Europe et aux États-Unis. Au Japon, on l’appelle inu tsuge, « faux buis ».

C’est un arbuste persistant dense, aux nombreuses tiges rigides, de forme arrondie, ou plus rarement un petit arbre. Sa croissance est lente. En culture, il atteint le plus souvent 1,5–3 m de haut pour 1,5–2,4 m de large ; beaucoup de cultivars restent plus compacts, autour de 90 cm – 1,2 m. Avec le temps, il peut toutefois atteindre 4–8 m en dix à vingt ans.

Les feuilles alternes, elliptiques à obovales, mesurent 1–3 cm de long et jusqu’à près de 2 cm de large. Elles sont luisantes et vert foncé dessus, vert pâle et mates dessous, où l’on distingue de petits points sombres ou translucides. Leur bord est finement crénelé, d’où le nom de l’espèce, et dépourvu d’épines. Les jeunes rameaux verts et duveteux grisent en deux ou trois ans ; l’écorce reste lisse.

La plante est dioïque : chaque pied est mâle ou femelle. À la fin du printemps ou au début de l’été, de petites fleurs blanc verdâtre à quatre pétales, parfumées et discrètes, attirent les abeilles. Seuls les pieds femelles pollinisés portent ensuite de petites drupes noires et rondes de 1–1 cm, mûres au début de l’automne, qui restent sur l’arbuste tout l’hiver mais se cachent souvent sous le feuillage.

Presque tous les houx crénelés du commerce sont des cultivars, et l’on en compte plusieurs centaines :

  • ‘Convexa’ : feuilles bombées, femelle, très fructifère et assez rustique.
  • ‘Helleri’ : forme naine et étalée à petites feuilles, environ 1,2 m de haut pour 1,5 m de large, femelle à fructification rare.
  • ‘Hetzii’ : version naine de ‘Convexa’, 60–90 cm.
  • ‘Compacta’ et ‘Stokes’ : formes naines et denses, mâles.
  • ‘Sky Pencil’ : silhouette étroite et colonnaire sans taille, femelle.

On le confond volontiers avec le buis (Buxus sempervirens), qu’il remplace souvent en haie. Son feuillage est toutefois plus sombre et plus brillant, et il souffre moins des insectes et des maladies.

Lumière

Le houx crénelé pousse au soleil comme à mi-ombre, avec de deux à plus de six heures de soleil direct par jour. Une exposition ensoleillée donne une végétation plus compacte et davantage de fruits ; à l’ombre, la plante reste plus lâche. Un emplacement protégé des vents froids lui évite les dégâts hivernaux sur le feuillage.

Arrosage

Il préfère un sol frais en permanence, mais jamais détrempé : il supporte très mal les sols mal drainés, et les excès d’eau favorisent les pourritures racinaires. Une fois bien installé, il tolère mieux la sécheresse, sans pour autant aimer les terres très sèches.

Plutôt que de suivre un calendrier, observez le sol : arrosez copieusement quand le sol commence à sécher en profondeur, surtout la première année et lors des étés secs, puis laissez ressuyer. Un paillis organique garde l’humidité et les racines au frais. En bac, vérifiez la motte plus souvent, car elle sèche bien plus vite qu’en pleine terre.

Substrat

Il lui faut un sol bien drainé, riche en matière organique et légèrement acide. Il accepte les terres limoneuses, sableuses et même argileuses, du pH acide à neutre, ainsi que les sols pauvres et la pollution urbaine. En revanche, un sol calcaire provoque un jaunissement des feuilles. Sur un terrain lourd ou humide, plantez sur une butte ou en planche surélevée pour assurer l’écoulement de l’eau.

Températures

L’espèce est rustique en zones USDA 5a à 8b, soit des minimales hivernales jusque vers -29 °C. Elle supporte sans problème les hivers de toute l’Europe du Nord, de l’ordre de -20–-15 °C.

C’est plutôt la chaleur qui le limite : il prospère mieux sous des étés frais et humides, et pousse mal sous un climat à la fois très chaud et très humide. Les vents d’hiver abîment son feuillage ; un site abrité lui convient mieux.

Rempotage

En pleine terre, il se transplante facilement. Les sujets vendus en conteneur se plantent de préférence au début de l’automne, dans un sol préparé et drainant, puis se paillent.

En pot, choisissez un contenant percé et un mélange drainant et légèrement acide. Rempotez quand les racines remplissent le pot, au printemps, juste avant le départ de la végétation. La culture en bonsaï obéit à ses propres règles de rempotage, détaillées dans le guide consacré.

Taille

Le houx crénelé supporte des tailles répétées, même sévères, ce qui en fait un excellent sujet pour les haies, les bordures et les topiaires.

  • Entretien : une taille légère suffit pour garder une forme naturelle. Taillez les haies au début du printemps.
  • Formes architecturées : dans les jardins japonais, il est soit laissé en port libre, soit taillé pour révéler la charpente de ses branches, en boules basses et larges (tamamono) ou en grandes masses ondulées reliées entre elles (o-karikomi).

Multiplication

  • Bouturage : la méthode la plus employée. Prélevez des boutures semi-ligneuses à la fin de l’été ou au début de l’automne, ou des boutures de bois sec au cœur de l’hiver, sur chaleur de fond.
  • Semis : possible, mais lent : la germination peut demander deux ans. Les semis ne reproduisent pas un cultivar.

Problèmes fréquents

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : un jaunissement peut venir d’un sol calcaire, d’un excès d’eau, d’une maladie des racines ou d’un ravageur. Vérifiez le drainage et le sol avant de traiter.

  • Pourriture noire des racines (Thielaviopsis basicola) : favorisée par un sol humide et froid. La plante reste chétive, les feuilles jaunissent entre les nervures, les racines noircissent et l’arbuste dépérit pendant les périodes sèches. Améliorez le drainage ou plantez en butte.
  • Phytophthora : le houx crénelé y est très sensible en sol mal drainé. L’armillaire peut aussi l’attaquer.
  • Nématodes : plusieurs espèces abîment les racines ; aucun traitement efficace n’existe sur une plante installée.
  • Acariens : un fin piqueté jaune puis une teinte bronzée trahissent l’araignée rouge, surtout active au printemps et à l’automne.
  • Cochenilles, pucerons et mineuses : les cochenilles jaunissent et font tomber les feuilles, les pucerons visent les jeunes pousses, la mineuse du houx creuse des galeries sinueuses.
  • Brûlure des feuilles du houx : maladie occasionnelle.

Dans l’ensemble, l’espèce reste peu sujette aux problèmes graves.

Toxicité

Le houx crénelé est toxique. Ses fruits contiennent des saponines : avalés, ils peuvent provoquer chez l’humain des vomissements et de la diarrhée, avec une toxicité jugée faible. Les houx sont aussi toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux : l’ingestion de feuilles ou de baies entraîne nausées, vomissements, diarrhée et abattement. La plante n’irrite pas la peau. Gardez les fruits hors de portée des enfants et des animaux.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 4 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 4 octobre 2026.

Guide de culture en bonsaï

Houx crénelé en bonsaï — Cultiver Ilex crenata en bonsaï : dehors toute l’année, hivernage du pot, arrosage à l’observation, pincement, ligature délicate et rempotage.

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