
Famille · Lauraceae
Laurier-sauce
Laurus nobilis
Laurier noble · Laurier d’Apollon
Synonymes : Laurus angusta, Laurus nobilis f. lanceolata, Laurus nobilis f. latifolia, Laurus nobilis var. angustifolia, Laurus nobilis var. floribunda, Laurus nobilis var. flos-pleno, Laurus nobilis var. lanceolata, Laurus nobilis var. latifolia, Laurus nobilis var. longifolia, Laurus nobilis var. rotundifolia, Laurus nobilis var. undulata, Laurus nobilis var. variegata, Laurus papillosa, Laurus salicifolia, Laurus tenuifolia, Laurus undulata
L’essentiel
- Culture
- Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -12 °C
- Lumière
- Lumière vive indirecte – Soleil direct
- Eau
- Arrosage modéré
- Difficulté
- Intermédiaire
- Températures confortables
- 2–16 °C
- À éviter en dessous de
- -5 °C
- Hauteur en culture
- 2,4–3,7 m
- Rusticité
- Jusqu’à -12 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur
Originaire du pourtour méditerranéen, Laurus nobilis est un arbuste ou petit arbre persistant dont les feuilles aromatiques parfument la cuisine depuis l’Antiquité. Il supporte bien la taille et la culture en bac, mais craint les grands froids et l’eau stagnante.
Identification et origine
Laurus nobilis appartient à la famille des Lauraceae. Il est originaire du bassin méditerranéen : du sud de la France aux Balkans et à la Turquie, Proche-Orient et Afrique du Nord. Le nom Laurus est le nom latin du laurier et nobilis signifie « noble » ou « renommé ». Dans la Grèce antique, ses rameaux tressés en couronnes coiffaient les vainqueurs.
C’est un arbre ou un grand arbuste persistant, à croissance lente, au port conique, à un ou plusieurs troncs. Dans son milieu d’origine, il peut dépasser 18 m ; en culture, il reste plus petit, souvent entre 2,4–3,7 m, et il est fréquemment maintenu sous 2,4 m par la taille.
Les feuilles, épaisses et coriaces, elliptiques, d’un vert foncé luisant, mesurent 5–10 cm ; leur bord est souvent ondulé et elles dégagent un parfum puissant quand on les froisse. La plante est dioïque : les fleurs mâles et femelles naissent sur des pieds différents. Au printemps apparaissent de petits bouquets de fleurs jaune verdâtre, discrètes mais parfumées ; elles sont rares en pot. Seuls les pieds femelles portent, si un mâle est proche, des baies ovoïdes noir violacé d’environ 1 cm, à une seule graine.
Les feuilles parfument soupes, ragoûts, marinades et le bouquet garni ; elles se cueillent toute l’année, et les plus âgées sont les plus parfumées.
Lumière
Au jardin, placez-le au soleil ou à mi-ombre ; sous climat chaud, une ombre légère l’après-midi lui convient. En bac, il passe la belle saison dehors, en plein soleil après une période d’acclimatation progressive.
En hiver à l’intérieur, donnez-lui l’endroit le plus lumineux possible. À défaut, une lampe horticole allumée douze à seize heures par jour compense. Des pousses longues et grêles, aux feuilles plus petites, signalent un manque de lumière.
Arrosage
Le laurier aime une humidité régulière mais redoute l’excès d’eau. En pot, arrosez quand la surface du terreau commence à sécher au toucher, avant que la plante ne flétrisse, puis laissez s’égoutter : le substrat doit sécher légèrement entre deux arrosages sans jamais se dessécher complètement.
En hiver, la croissance ralentit : réduisez l’eau. Dans une pièce fraîche où il reste en repos, il suffit de garder la motte à peine humide. En pleine terre, un sujet bien installé n’a besoin d’eau que pendant les périodes sèches de sa première année. Des feuilles tachées ou jaunissantes signalent souvent des racines trop humides ou un besoin de rempotage.
Substrat
Il accepte les sols argileux, limoneux ou sableux, pourvu qu’ils soient bien drainés, et apprécie une terre riche et légèrement acide. En bac, utilisez un terreau à base de terre franche, sans tourbe, additionné de gravier horticole pour le drainage et la stabilité du pot. Le contenant doit être percé ; la terre cuite convient bien.
Du milieu du printemps à la fin de l’été, apportez un engrais liquide toutes les deux ou trois semaines aux sujets en bac, ou des granulés à libération lente. En pleine terre, un paillis de matière organique bien décomposée à la fin de l’hiver suffit.
Températures
Le laurier est rustique dans les zones USDA 8a à 10b. Il supporte en général -5 °C, et un peu plus froid dans un endroit abrité ; il est plus résistant en pleine terre qu’en pot. Le gel et les vents froids abîment le feuillage, surtout les jeunes pousses.
En pot, les racines peuvent geler à travers le contenant : emballez-le de toile de jute ou de papier bulle et surélevez-le sur des cales. Sous des hivers plus rudes, rentrez-le dans un garage clair, une véranda non chauffée ou une pièce fraîche. Entre 2–16 °C, il reste en repos et demande peu de lumière et très peu d’eau. Sortez-le au printemps, quand les nuits restent vers 10 °C ou plus, en l’habituant progressivement au soleil.
Rempotage
Rempotez au printemps tous les deux ou trois ans, dans un pot à peine plus grand. Les grands sujets peuvent retrouver le même pot : sortez la motte, retirez environ un tiers des racines, puis replantez avec du terreau neuf. Les années sans rempotage, remplacez les 5 cm supérieurs de substrat.
Taille
Le laurier supporte très bien la taille et se prête aux formes topiaires : pyramides, boules, tiges sur tronc, troncs tressés ou en spirale. Taillez les topiaires en été, au sécateur plutôt qu’à la cisaille, qui laisse des feuilles coupées en deux peu esthétiques ; coupez chaque pousse au-dessus d’un bourgeon orienté dans la direction souhaitée.
Les sujets âgés supportent une taille sévère mais repartent lentement : étalez-la sur deux ou trois saisons, en fin de printemps. Rabattez alors les extrémités abîmées par l’hiver.
Multiplication
Le laurier est lent et difficile à multiplier.
- Boutures : la méthode la plus rapide. Prélevez des boutures herbacées au début de l’été ou semi-ligneuses à la fin de l’été, et gardez le substrat humide. L’enracinement demande plusieurs mois, souvent de trois à neuf.
- Semis : les graines ne se forment que sur les pieds femelles. Semez-les dès la récolte en automne, débarrassées de leur pulpe ; faites tremper les graines sèches vingt-quatre heures dans de l’eau tiède. La germination est irrégulière et peut prendre de six à douze mois, au chaud.
- Marcottage : en automne, couchez une branche basse et fixez-la au sol ; l’enracinement peut demander un an.
Cultivars courants : ‘Aurea’, au feuillage jaune doré, plus lumineux au printemps ; la forme angustifolia, à feuilles étroites et ondulées vert pâle, elles aussi utilisables en cuisine ; ‘Saratoga’, un hybride mâle sans fruits, aux feuilles arrondies, résistant au psylle et à la cochenille.
Problèmes fréquents
- Feuilles épaissies, enroulées vers le bas, jaunes puis brunes : psylle du laurier. Il affaiblit rarement la plante et un traitement n’est pas nécessaire.
- Cochenilles et fumagine : les cochenilles, fréquentes sur les sujets d’intérieur, couvrent les feuilles d’un dépôt noir et freinent la croissance.
- Taches sur les feuilles : racines détrempées, temps humide ou vieux substrat ; rempotez au printemps.
- Feuilles jaunes : la chute de quelques vieilles feuilles est normale. En pot, une carence est possible, mais l’excès d’eau et le froid sont des causes plus fréquentes.
- Écorce fendue à la base des tiges : dégâts de froid. Si les parties au-dessus sont mortes, rabattez jusqu’au bois vert.
- Pourriture des racines, oïdium et anthracnose : plus rares.
Un symptôme peut avoir plusieurs causes : croisez l’arrosage, le drainage, la lumière et le froid récent.
Toxicité
Toxique pour les chiens, les chats et les chevaux : l’eugénol et d’autres huiles essentielles provoquent vomissements et diarrhée, et l’ingestion de nombreuses feuilles entières peut boucher l’intestin. Pour l’humain, la toxicité est faible, mais les feuilles ne se mangent pas : coupantes, elles peuvent blesser la bouche ou le tube digestif et faire s’étouffer. Retirez-les avant de servir. Contactez un vétérinaire en cas d’ingestion par un animal.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Laurus nobilis L. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 25 septembre 2026)
- Laurus nobilis L. — International Plant Names Index — International Plant Names Index (IPNI) (consulté le 25 septembre 2026)
- Laurus nobilis (Bay Laurel, Bay Leaf Tree, Bay Tree, Grecian Laurel…) — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 25 septembre 2026)
- Laurus nobilis — Plant Finder — Missouri Botanical Garden (consulté le 25 septembre 2026)
- Bay Tree Care and Uses — Royal Horticultural Society (consulté le 25 septembre 2026)
- How to grow Bay — Royal Horticultural Society (consulté le 25 septembre 2026)
- Bay Sucker: Identification and Control — Royal Horticultural Society (consulté le 25 septembre 2026)
- Sweet Bay, Laurus nobilis — Wisconsin Horticulture — University of Wisconsin–Madison Division of Extension (consulté le 25 septembre 2026)
- Bay Laurel — Herbs — University of Illinois Extension (consulté le 25 septembre 2026)
- Growing Herbs Indoors — Penn State Extension (consulté le 25 septembre 2026)
- Can I grow herbs indoors over the winter? — Iowa State University Extension, Yard and Garden (consulté le 25 septembre 2026)
- Indoor Herb Gardens Over Winter, Old Seeds, Safe Ice Removal and Borage — University of New Hampshire Extension (consulté le 25 septembre 2026)
- Bay Laurel — Gardening Solutions — University of Florida, IFAS Extension (consulté le 25 septembre 2026)
- Laurel (HGIC 1069) — Clemson Cooperative Extension, Home & Garden Information Center (consulté le 25 septembre 2026)
- Laurus nobilis — Landscape Plants — Oregon State University, Department of Horticulture (consulté le 25 septembre 2026)
- Bay Laurel — UC Master Gardeners of Santa Clara County, UC ANR (consulté le 25 septembre 2026)
- Laurus nobilis 'Saratoga' — Bay Laurel — UC Master Gardener Program of Sonoma County, UC ANR (consulté le 25 septembre 2026)
- Spotlight on Bay Laurel, Laurus nobilis — UC ANR, Solano County Master Gardeners (consulté le 25 septembre 2026)
- Bay Laurel — Toxic and Non-Toxic Plants — ASPCA (consulté le 25 septembre 2026)
