Lierre commun grimpant sur un tronc d’arbre : feuilles juvéniles vert foncé à trois ou cinq lobes et nervures claires, tiges fines accrochées à l’écorce.
Photo : kallerna — CC BY-SA 4.0

Famille · Araliaceae

Lierre commun

Hedera helix L.

Lierre grimpant

Synonymes : Hedera communis, Hedera helix var. vulgaris, Hedera poetarum, Hedera poetica

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -34 °C
Lumière
Faible lumière – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Températures confortables
10–21 °C
Hauteur en culture
6–24 m
Rusticité
Jusqu’à -34 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes facilesPlantes pour peu de lumière

Liane persistante originaire d’Europe, le lierre commun grimpe grâce à ses racines crampons et couvre murs, troncs et sols ombragés. En pot, il fait une plante retombante facile, à condition de lui offrir de la fraîcheur, une lumière vive sans soleil direct et une surveillance contre les acariens. Toute la plante est toxique.

Identification et origine

Hedera helix appartient à la famille des Araliaceae. Il est originaire de presque toute l’Europe, de l’Irlande et de la Scandinavie méridionale au bassin méditerranéen (péninsule Ibérique, Italie, Balkans, Grèce et îles), et vers l’est jusqu’à l’Ukraine, la Russie d’Europe, le Caucase du Nord et la Turquie. Planté partout comme ornement, il s’est naturalisé en Amérique du Nord, en Argentine, au Mexique, en Australie et en Nouvelle-Zélande ; il est considéré comme envahissant dans une grande partie des États-Unis, où il étouffe la flore des sous-bois et monte dans les arbres jusqu’à les faire dépérir.

C’est une liane ligneuse persistante qui s’accroche à tout support grâce à des racines adventives (crampons) nées sur les tiges. Elle connaît deux stades. Le stade juvénile, le plus courant, est rampant ou grimpant : ses feuilles vert foncé, luisantes, portent trois à cinq lobes, et il ne fleurit pas. Une fois bien installé, en général au bout d’une dizaine d’années, le lierre passe au stade adulte : les rameaux deviennent buissonnants et sans crampons, les feuilles entières, ovales à losangiques. Ces rameaux portent à la fin de l’été et en automne des ombelles de petites fleurs vert jaunâtre riches en nectar, puis des baies noires qui mûrissent pendant l’hiver et le printemps suivant. Un lierre grimpant peut atteindre 6–24 m de hauteur avec le temps ; en couvre-sol, il reste à 15–23 cm mais s’étale sans limite. Les cultivars se comptent par centaines : feuilles miniatures, en patte d’oiseau, en cœur, frisées, panachées de blanc, de crème ou de jaune (‘Glacier’, ‘Goldchild’, ‘Duckfoot’, ‘Needlepoint’…).

Lumière

En intérieur, la plupart des cultivars poussent le mieux en lumière vive mais sans soleil direct, qui peut brûler les feuilles : près d’une fenêtre à l’est, à l’ouest ou au nord, ou un peu en retrait d’une fenêtre au sud. Il tolère une lumière plus faible, mais pousse alors plus lentement et les formes panachées reverdissent : si les panachures s’estompent, rapprochez-le de la lumière. Il accepte aussi un éclairage artificiel. Au jardin, il pousse aussi bien en plein soleil qu’à l’ombre profonde.

Arrosage

Arrosez abondamment, puis laissez sécher les premiers centimètres de terreau avant l’arrosage suivant, sans jamais laisser la motte se dessécher complètement. Plus la pièce est chaude, plus le substrat sèche vite : c’est l’observation, pas le calendrier, qui dit quand arroser. Videz toujours la soucoupe : un lierre qui reste dans l’eau finit par pourrir des racines. L’eau de pluie est idéale, mais l’eau du robinet convient. En pleine terre, il tolère la sécheresse une fois installé, mais garde un plus beau feuillage dans un sol régulièrement frais.

Substrat

Un bon terreau pour plantes d’intérieur ou un terreau universel sans tourbe, éventuellement à base de terre franche, dans un pot bien drainé. Le lierre n’est pas gourmand : un engrais pour plantes vertes une fois par mois pendant la croissance suffit, et aucun lorsqu’il cesse de pousser, dans la chaleur de l’été ou au frais. Un jaunissement entre les nervures peut signaler une carence ; dans ce cas, apportez un engrais liquide universel en respectant la dilution indiquée. Au jardin, il tolère presque tous les sols non détrempés et préfère les sols riches et plutôt calcaires.

Températures

Le lierre aime la fraîcheur : en intérieur, il se plaît entre 10–21 °C le jour, avec des nuits un peu plus fraîches. La chaleur sèche des appartements chauffés favorise les acariens ; des températures fraîches et un air plus humide limitent ces ravageurs, au prix d’une croissance plus lente. Il préfère une humidité modérée mais tolère l’air sec d’une maison : un plateau de gravier humide aide. Aérez bien et ne serrez pas les pots les uns contre les autres. Au jardin, il est rustique en zones USDA 4a à 9b ; dans les régions froides, une situation abritée du vent et du soleil d’hiver lui convient mieux.

Rempotage

Un lierre peut souvent rester un an ou deux dans son pot d’achat. Rempotez-le quand il devient instable, que les racines remplissent le pot ou sortent par les trous, ou que la motte sèche trop vite. Le nouveau pot ne doit dépasser l’ancien que de 3 cm environ de diamètre : un pot trop grand garde le terreau humide trop longtemps et provoque la pourriture des racines. S’il devient trop encombrant, il peut aussi être planté au jardin.

Taille

Commencez à le former jeune : pincez souvent l’extrémité des tiges pour obtenir une plante touffue, et raccourcissez les pousses trop longues quand il se dégarnit. Coupez à la base les rameaux redevenus entièrement verts sur un cultivar panaché, ou à feuilles « ordinaires » sur un cultivar à feuilles particulières. Il se palisse facilement sur un arceau ou une structure métallique pour former une topiaire, à condition de tailler souvent. Au jardin, taillez l’excédent au milieu du printemps ; un vieux lierre peut être rabattu sévèrement au début du printemps, il repart du vieux bois. Une taille régulière le maintient au stade juvénile, sans fleurs ni baies. Portez des gants et des manches longues : la sève irrite la peau.

Multiplication

Très facile. Les boutures de tiges ou d’extrémités s’enracinent souvent dans un simple verre d’eau. On peut aussi piquer à la fin de l’été des tronçons de tige semi-aoûtés portant au moins deux feuilles dans un substrat drainant, couvrir d’un sac plastique et garder à la lumière sans soleil direct, puis retirer le sac dès que de nouvelles pousses apparaissent. Le marcottage marche tout aussi bien : épinglez une tige sur un pot de terreau humide et sevrez-la une fois enracinée. Au sol, les tiges s’enracinent d’elles-mêmes aux nœuds, et les oiseaux dispersent les graines.

Problèmes fréquents

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez l’arrosage, la chaleur, la lumière et le revers des feuilles avant de traiter.

  • Acariens (araignées rouges) : un problème majeur en intérieur, à rechercher régulièrement, favorisé par l’air chaud et sec. Douchez régulièrement le feuillage, augmentez l’humidité et gardez la plante au frais.
  • Pucerons sur les jeunes pousses, cochenilles farineuses, cochenilles et aleurodes : supprimez les parties très atteintes, lavez la plante en plongeant le feuillage tête en bas dans de l’eau additionnée de savon insecticide, la terre protégée par un film.
  • Taches foliaires bactériennes ou fongiques : peu graves ; retirez les pousses atteintes et évitez de mouiller le feuillage.
  • Pourriture des racines : substrat qui draine mal, arrosages trop fréquents, pot trop grand.
  • Perte des panachures : manque de lumière, ou rameaux revenus au vert.
  • Jaunissement entre les nervures : carence nutritive possible.
  • Au jardin : chancres, pourriture des tiges et oïdium ; le lierre s’insinue aussi dans les gouttières et abîme peintures, joints fragiles et bardages s’il n’est pas surveillé.

Toxicité

Toxique pour les animaux et pour l’humain. Toutes les parties de la plante contiennent des saponines triterpéniques (hédéragénine), concentrées surtout dans les feuilles, plus toxiques que les baies, ainsi que des composés polyacétyléniques. Chez le chien, le chat et le cheval, l’ingestion provoque des troubles digestifs : salivation, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée. Chez l’humain, l’ingestion peut causer une sensation de brûlure dans la gorge, des vomissements et des douleurs abdominales, et dans les cas graves des hallucinations, un délire ou des convulsions. Le simple contact avec la sève provoque chez certaines personnes rougeurs, démangeaisons et cloques. Portez des gants pour le manipuler, tenez-le hors de portée des enfants et des animaux, et en cas d’ingestion contactez un centre antipoison ou un vétérinaire.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 septembre 2026.

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