Tiges retombantes de Tradescantia zebrina débordant d’un pot en terre cuite, aux feuilles pointues rayées de vert et d’argent, bordées de violet.
Photo : Dandarmkd — CC BY-SA 4.0

Famille · Commelinaceae

Misère zébrée

Tradescantia zebrina Regel

Misère · Tradescantia zebrina

Synonymes : Commelina zebrina, Cyanotis zebrina

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -7 °C
Lumière
Lumière moyenne – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Températures confortables
18–24 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
15–23 cm
Rusticité
Jusqu’à -7 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

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Originaire du Mexique et d’Amérique centrale, la misère zébrée est une vivace rampante aux feuilles rayées d’argent et de vert, pourpres au revers. Très facile, elle pousse vite, s’enracine en deux semaines par bouturage et ne demande qu’une lumière vive pour garder ses couleurs ; sa sève peut toutefois irriter la peau.

Identification et origine

Tradescantia zebrina appartient à la famille des Commelinaceae. Son aire d’origine s’étend du Mexique à la Colombie, à travers toute l’Amérique centrale : Guatemala, Belize, Honduras, Salvador, Nicaragua, Costa Rica et Panama. Cultivée partout comme plante ornementale, elle s’est naturalisée dans de nombreuses régions tropicales et subtropicales du monde et elle est considérée comme envahissante en Floride, où sa plantation en pleine terre est déconseillée.

C’est une vivace herbacée tendre, au port rampant ou retombant. Ses tiges succulentes s’enracinent aux nœuds dès qu’elles touchent le sol. La plante ne dépasse guère 15–23 cm de haut, mais elle s’étale sur 30–60 cm, voire davantage. Ses feuilles alternes, charnues, ovales à lancéolées et pointues, embrassent la tige et mesurent 3–8 cm de long. Le dessus, vert à violacé, porte deux larges bandes argentées ; le revers est d’un pourpre magenta profond. De fins poils bordent les feuilles, dont la surface semble scintiller en pleine lumière.

Les fleurs, minuscules, comptent trois pétales lavande à pourpres et des anthères jaunes ; elles naissent entre deux bractées en forme de bateau. Elles apparaissent par intermittence en climat chaud mais rarement sur les plantes d’intérieur. L’épithète zebrina signifie « zébrée » ; le genre honore John Tradescant et son fils, jardiniers du roi Charles Ier d’Angleterre. On la trouve encore dans le commerce sous ses anciens noms Zebrina pendula ou Tradescantia pendula. Parmi les cultivars, ‘Quadricolor’ est rayé de crème, de rose, de violet et de vert, et ‘Burgundy’ a un feuillage pourpre foncé.

Lumière

En intérieur, donnez-lui une lumière vive, idéalement filtrée : c’est ce qui entretient les rayures argentées et les teintes pourpres. Elle supporte le soleil direct à condition d’être protégée du soleil de l’après-midi ; un soleil trop fort, surtout en climat chaud, délave ses couleurs.

Elle tolère l’ombre, mais à faible lumière les tiges perdent leurs feuilles du bas, s’allongent et les feuilles perdent l’essentiel de leur coloration. Si vous la sortez l’été, attendez la fin des gelées et habituez-la progressivement à la lumière extérieure pour éviter les brûlures ; dehors, une ombre légère lui convient le mieux.

Arrosage

Pendant la croissance, arrosez régulièrement et généreusement pour garder le substrat frais, tout en laissant sa surface sécher entre deux arrosages. Le pot doit toujours s’égoutter : un substrat détrempé en permanence provoque la pourriture des racines et des tiges.

De l’automne à la fin de l’hiver, pendant la période de repos, réduisez nettement les apports et laissez sécher environ les deux tiers du substrat avant d’arroser à nouveau. La plante apprécie une humidité de l’air moyenne à élevée. Évitez de mouiller le feuillage et de serrer les plantes les unes contre les autres, deux situations qui favorisent les taches foliaires.

Substrat

Un terreau à base de terre, léger et bien drainant, lui suffit ; une texture limoneuse ou sableuse et un pH acide à alcalin lui conviennent. Utilisez toujours un pot percé. Pendant la croissance, un engrais liquide équilibré une fois par mois entretient un feuillage dense.

Températures

Les températures d’intérieur comprises entre 18–24 °C lui conviennent parfaitement. Ne la laissez pas descendre sous 10 °C : c’est une plante tropicale qui ne supporte pas le gel.

Dehors toute l’année, elle ne se cultive que dans les climats sans gel correspondant aux zones USDA 9a à 11b, où elle forme un couvre-sol. Ailleurs, on l’utilise en suspension ou en jardinière pour l’été, ou on la sort simplement à la belle saison avant de la rentrer.

Rempotage

Cultivez-la en pot, en suspension ou au bord d’une étagère, d’où ses tiges peuvent retomber librement. Avec l’âge, la misère perd inévitablement ses feuilles du bas et se dégarnit : plutôt que de rempoter indéfiniment une vieille touffe, renouvelez-la régulièrement par bouturage. Quand un pot de boutures enracinées devient trop petit, transférez le groupe entier dans un contenant plus grand.

Taille

Elle supporte très bien les tailles sévères : rabattez-la franchement chaque année au tout début du printemps si elle est trop étalée. Pincez régulièrement l’extrémité des tiges pour obtenir une touffe plus dense et retirez les feuilles sèches à la base des tiges retombantes. Sur les formes panachées, supprimez les pousses redevenues entièrement vertes. Portez des gants, car la sève peut irriter la peau.

Multiplication

Rien de plus simple. Prélevez au printemps ou en été des boutures de tête d’environ 8 cm et plantez-en quatre à six ensemble dans un pot de 8 cm rempli d’un mélange drainant. Placez-les au chaud, en lumière vive filtrée, et gardez le mélange à peine humide : les racines apparaissent en deux semaines environ. Les boutures s’enracinent aussi très bien dans un verre d’eau, sans hormone de bouturage. Le marcottage fonctionne également, puisque les tiges s’enracinent aux nœuds au contact du sol.

Problèmes fréquents

  • Tiges dégarnies à la base : vieillissement normal, accentué par le manque de lumière. Rajeunissez la plante par bouturage.
  • Feuilles ternes, rayures peu marquées : manque de lumière ; à l’inverse, un soleil trop fort délave aussi les couleurs.
  • Tiges longues et grêles : lumière insuffisante ou absence de pincement.
  • Pourriture des tiges ou des racines : substrat maintenu détrempé.
  • Taches sur les feuilles : maladie fongique favorisée par le feuillage mouillé et les plantes trop serrées.
  • Ravageurs : pucerons, cochenilles farineuses, cochenilles à carapace, aleurodes, acariens (araignées rouges), thrips et otiorhynques.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : observez ensemble la lumière, l’arrosage et l’état des tiges avant d’intervenir.

Toxicité

Toxique, mais de faible gravité, pour les animaux comme pour l’humain : ce sont les feuilles et la sève, aqueuse et mucilagineuse, qui sont en cause. Mâchées ou avalées, elles peuvent irriter la bouche et l’estomac des chiens, des chats et des enfants. Le simple contact peut provoquer une irritation et une rougeur de la peau (dermatite) chez les personnes sensibles. Portez des gants pour la tailler ou la bouturer, placez-la hors de portée des animaux et des enfants et, en cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 septembre 2026.

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