Monstera adansonii en pot blanc sur un guéridon sombre, avec ses feuilles vert foncé en cœur percées de trous ovales, palissée sur un tuteur.
Photo : Waithamai — CC BY 4.0

Famille · Araceae

Monstera adansonii

Monstera adansonii Schott

Synonymes : Monstera pertusa, Dracontium pertusum, Calla pertusa, Calla dracontium

L’essentiel

Culture
Intérieur (plante tropicale)
Lumière
Lumière moyenne – Lumière vive indirecte
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Températures confortables
18–25 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
90 cm – 2,5 m
Rusticité
Jusqu’à -1 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

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Cousine plus compacte du Monstera deliciosa, Monstera adansonii est une liane d’Amérique tropicale dont les feuilles en cœur sont percées de trous ovales. Elle pousse vite en intérieur, pourvu qu’elle reçoive une lumière vive tamisée, un air humide et un support pour grimper. Toutes ses parties sont irritantes si on les mâche.

Identification et origine

Monstera adansonii appartient à la famille des Araceae, celle des arums, du calla et des colocases. Elle est originaire des forêts tropicales humides d’Amérique : on la trouve du Nicaragua et du Costa Rica jusqu’au Panama, puis dans tout le nord de l’Amérique du Sud, de la Colombie et du Venezuela aux Guyanes, et vers le sud jusqu’en Équateur, au Pérou, en Bolivie et dans une grande partie du Brésil, ainsi qu’à Trinidad et dans les Petites Antilles. Elle s’est naturalisée à Porto Rico.

C’est une vivace herbacée persistante et grimpante : dans la nature, elle s’accroche aux troncs grâce à des racines aériennes et monte vers la lumière de la canopée. Ses feuilles en forme de cœur, vert moyen à vert foncé et luisantes, sont percées de trous ovales entre les nervures principales, ce qui lui vaut d’être comparée à du gruyère. À l’état sauvage, une feuille peut atteindre 45 cm de large ; en pot, elles restent nettement plus petites.

En intérieur, avec un support, la plante atteint 90 cm – 2,5 m de haut pour 30–90 cm de large ; sans tuteur, elle retombe joliment en suspension. Dehors, sous climat tropical, elle monte à 3–4 m. Sa croissance est rapide. La floraison, une spathe blanc crème entourant un spadice jaunâtre, n’apparaît qu’au printemps sur les plantes cultivées en plein air : en appartement, elle est rarissime.

On la confond souvent avec Monstera deliciosa, bien plus grande et aux feuilles beaucoup plus larges. Le cultivar ‘Archipelago’ a un feuillage panaché, tout comme ‘Mint’ ; ‘Monkey Mask’ est une autre sélection répandue.

Lumière

Offrez-lui une lumière vive mais indirecte : près d’une fenêtre orientée à l’est ou à l’ouest, ou au fond d’une pièce très claire. Le soleil direct brûle les feuilles.

Le manque de lumière se lit facilement : les nouvelles feuilles sortent plus petites, avec peu de trous ou aucun, et les tiges s’allongent entre les feuilles.

Arrosage

Laissez le substrat devenir presque sec avant d’arroser : en pratique, les 2–5 cm du dessus doivent être secs au toucher. Arrosez alors copieusement jusqu’à ce que l’eau s’écoule par le fond, puis videz la soucoupe : le pot ne doit jamais tremper longtemps. Pendant la croissance, la plante boit beaucoup ; en hiver, arrosez plus rarement et plus légèrement.

Utilisez si possible de l’eau de pluie ou de l’eau filtrée, à température ambiante, surtout si l’eau du robinet est calcaire. L’excès d’eau est la cause la plus grave de dépérissement : il provoque la pourriture des racines et peut faire s’effondrer la plante.

Cette liane aime l’air humide. Un humidificateur, une soucoupe de graviers humides sous le pot (le fond du pot au-dessus de l’eau) ou le regroupement de plusieurs plantes aident nettement en saison de chauffage. Essuyez les feuilles de temps en temps pour retirer la poussière.

Substrat

Il faut un mélange aéré, drainant et légèrement acide, au pH d’environ 5 à 6. Une bonne recette consiste à mélanger une part de terreau pour plantes de terre de bruyère sans tourbe et deux parts de substrat pour orchidées. Un terreau sans tourbe à base de terre, allégé avec de l’écorce, de la perlite ou un peu de charbon, convient aussi. Un mélange trop compact fait pourrir les racines.

Pendant la saison de croissance, du printemps à la fin de l’été, apportez une fois par mois un engrais liquide équilibré.

Températures

La plante se plaît entre 18 °C et 25 °C toute l’année. Éloignez-la des courants d’air froid, mais aussi des radiateurs, dont la chaleur sèche brunit le bord des feuilles. Ne la laissez jamais descendre sous 10 °C.

Elle peut passer l’été dehors, en pot, à l’abri du soleil direct, tant que les nuits restent douces. En pleine terre, elle n’est cultivable que dans les zones USDA 10a à 12b.

Rempotage

Une jeune plante peut rester un an ou deux dans son pot d’origine, puis se rempote tous les quelques ans, au printemps ou au début de l’été, ou lorsque les racines envahissent le pot. Choisissez un contenant à peine plus large que la motte, sans surdimensionner.

Installez alors un tuteur au centre du pot : treillis, piquet ou tuteur recouvert de mousse. Gardez la mousse humide pour que les racines aériennes s’y ancrent. Une plante qui grimpe produit des feuilles plus grandes, plus mûres et plus ajourées qu’une plante qui retombe.

Taille

Aucune taille n’est indispensable. Si la plante dépasse la place dont vous disposez, raccourcissez les tiges au printemps ; les nouvelles pousses portent d’abord des feuilles plus petites et moins trouées, le temps que la plante se rééquilibre. Portez des gants : la sève irrite la peau.

Multiplication

Le bouturage de tige est la méthode la plus simple, du printemps à la fin de l’été. Prélevez des boutures de tête, puis placez-les dans un verre d’eau, dans un endroit lumineux sans soleil direct, jusqu’à ce qu’elles aient formé un bon chevelu de racines ; empotez-les ensuite comme une jeune plante. Les boutures peuvent aussi s’enraciner directement en godet, de préférence avec une chaleur douce par le dessous, en été.

Le marcottage, y compris le marcottage aérien, fonctionne bien en automne : on fait raciner une tige encore attachée à la plante mère avant de la sevrer. Le semis se fait à 18–24 °C, dès la récolte des graines, rarissimes en culture.

Problèmes fréquents

  • Feuilles brûlées, taches sèches et pâles : soleil direct.
  • Bord des feuilles qui brunit : air trop sec, le plus souvent près d’un chauffage.
  • Peu ou pas de trous, tiges qui s’allongent : manque de lumière ou plante encore jeune.
  • Plante qui s’effondre, tiges molles à la base : pourriture des racines due à un excès d’eau ou à un substrat mal drainé.
  • Taches sur les feuilles : évitez de mouiller le feuillage et assurez une bonne circulation d’air ; rouille, oïdium et brûlures foliaires peuvent aussi apparaître.
  • Ravageurs : acariens (araignées rouges), cochenilles farineuses et à carapace, pucerons, aleurodes, thrips et moucherons du terreau. Les cochenilles laissent un dépôt collant et affaiblissent la plante.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez ensemble la lumière, l’humidité de la motte, la température et les racines avant d’agir.

Toxicité

La plante est toxique pour l’humain, le chien et le chat en cas d’ingestion, avec une gravité généralement faible. Toutes ses parties, feuilles, tiges, racines, sève et fleurs, contiennent des cristaux d’oxalate de calcium. Mâchées, elles provoquent une inflammation de la bouche, de la gorge et du tube digestif, une salivation abondante, des vomissements et une perte d’appétit ; la sève irrite la peau et les yeux. Portez des gants pour la manipuler, placez-la hors de portée des enfants et des animaux et, en cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 18 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 18 octobre 2026.

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