Cascade de tiges retombantes d’orpin de Morgane couvertes de petites feuilles charnues vert bleuté serrées, avec quelques fleurs fanées rouge sombre, sous son étiquette botanique, devant un mur de briques.
Photo : Polly Tunnel — CC BY-SA 4.0

Famille · Crassulaceae

Orpin de Morgane

Sedum morganianum E.Walther

Queue d’âne

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -1 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage rare
Difficulté
Facile
Températures confortables
16–24 °C
À éviter en dessous de
4 °C
Hauteur en culture
30 cm – 1,2 m
Rusticité
Jusqu’à -1 °C
Toxicité
Aucune toxicité signalée

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes facilesPlantes non toxiques pour les animaux

L’orpin de Morgane forme de longues tiges retombantes couvertes de petites feuilles charnues vert bleuté, serrées comme une tresse. Idéal en suspension, il demande une lumière vive, un substrat très drainant et des arrosages espacés, et il vit des décennies si on ne le bouscule pas.

Identification et origine

Sedum morganianum appartient à la famille des Crassulaceae, celle des orpins. Il est originaire du Mexique, notamment des régions du centre, du golfe et du sud-est du pays (Veracruz, Puebla, Chiapas), et s’est naturalisé en République dominicaine. Il est cultivé depuis longtemps comme plante ornementale pour son feuillage persistant très original.

C’est un sous-arbrisseau succulent persistant, frileux mais d’une grande longévité : en intérieur, une plante bien placée peut vivre plusieurs dizaines d’années. Les tiges poussent d’abord dressées, puis retombent et s’allongent jusqu’à 60 cm, parfois 90 cm – 1,2 m chez les vieux sujets ; chargées d’eau, elles deviennent lourdes. Les feuilles, longues de moins de 3 cm, sont épaisses, presque cylindriques et pointues. Disposées en spirale très serrée, elles se chevauchent et entourent complètement la tige, ce qui lui donne l’aspect d’une tresse. Leur couleur vert bleuté est due à une fine pruine argentée qui s’efface au toucher. Bien arrosées, elles sont rebondies ; en manque d’eau, elles se rident.

Tiges et feuilles sont fragiles : les feuilles se détachent au moindre choc. Installez la plante hors des passages, là où personne ne la heurtera. Sur les portions de tige dégarnies, de nouvelles ramifications peuvent apparaître.

En été, les plantes adultes portent parfois, au bout des tiges, des bouquets de une à six petites fleurs étoilées rose à rouge, d’environ 1 cm, à cinq pétales et étamines jaune vif. Riches en nectar, elles attirent abeilles et mouches. La floraison reste rare en intérieur : les tiges doivent mesurer au moins 25 cm, et un séjour dehors en été suivi d’un hiver plus frais la favorise. Le cultivar ‘Burrito’, dont le statut exact reste incertain, a des feuilles plus petites, plus arrondies et plus claires, sur des tiges plus courtes.

Lumière

Il pousse le mieux en pleine lumière, voire au soleil : un rebord de fenêtre recevant au moins quelques heures de soleil direct lui convient. En manque de lumière, les entre-nœuds s’allongent et les feuilles s’espacent, ce qui dégarnit les tiges. À l’inverse, une lumière trop brutale décolore le feuillage, qui jaunit au lieu de rester bleuté ; une teinte brun rougeâtre en été derrière une vitre au sud signale un coup de soleil.

Il peut passer la belle saison dehors, en suspension à l’abri du vent. Habituez-le progressivement à la lumière extérieure pendant une à deux semaines, et protégez-le du soleil le plus fort de la mi-journée pour éviter les brûlures.

Arrosage

Comme toute succulente, il supporte mal l’excès d’eau, surtout pendant le repos hivernal. Pendant la croissance, arrosez copieusement avec une eau tempérée lorsque le substrat est presque sec, laissez l’eau s’écouler, puis videz la soucoupe au bout d’un quart d’heure. Espacez les arrosages en automne ; en hiver, apportez juste assez d’eau pour que le substrat ne se dessèche pas complètement. Plus la pièce est fraîche et sombre, plus les arrosages s’espacent.

Les feuilles sont le meilleur indicateur : rebondies, tout va bien ; ridées, la plante a soif ; molles et flétries alors que le substrat est humide, elle reçoit trop d’eau. Inutile de brumiser : il n’a pas besoin d’air humide.

Substrat

Il lui faut un mélange très drainant : un terreau pour cactées, ou un terreau ordinaire largement allégé de perlite, de pierre ponce, de billes d’argile ou de petits graviers. Évitez le sable fin, qui colmate les pores du substrat au lieu de les ouvrir. Il préfère un pH neutre à légèrement alcalin. Choisissez un pot peu profond, toujours percé ; les suspensions et les vasques sur pied mettent en valeur ses tiges pendantes.

Ses besoins nutritifs sont modestes : un ou deux apports d’engrais dilué pendant la saison de croissance suffisent. Évitez les engrais riches en azote.

Températures

En intérieur, des journées entre 16–24 °C et des nuits plus fraîches lui conviennent ; un net écart de température entre le jour et la nuit lui est nécessaire pour bien pousser. Un hiver un peu plus frais, entre 10–20 °C, peut encourager la floraison. Il supporte des baisses ponctuelles jusqu’à 4 °C, mais pas le gel.

Sortez-le seulement quand les températures restent durablement au-dessus de 4 °C, et rentrez-le à l’automne dès que les nuits annoncées descendent sous ce seuil. Il apprécie l’air frais et renouvelé. En pleine terre, il n’est cultivable que dans les zones USDA 10a à 11b, dans un sol bien drainé, même pauvre ou caillouteux.

Rempotage

Il pousse très bien à l’étroit : ne le rempotez au printemps que lorsqu’il a complètement rempli son pot. Manipulez-le avec d’infinies précautions, car chaque contact fait tomber des feuilles. Après le rempotage, attendez environ une semaine avant d’arroser, puis arrosez avec parcimonie jusqu’à la reprise.

Taille

Aucune taille n’est nécessaire. Les feuilles tombées et les fragments de tiges cassées ne sont pas perdus : ils servent à la multiplication.

Multiplication

Rien de plus facile. Pour une bouture de tige, retirez les feuilles de la base d’un tronçon, laissez-le sécher un ou deux jours pour que la coupe cicatrise, puis enfoncez-le dans un substrat drainant à peine humide. Fixez les tiges longues ou lourdes avec une épingle ou un petit tuteur jusqu’à ce que les racines les ancrent. L’enracinement complet peut prendre plusieurs mois.

Les feuilles détachées s’enracinent aussi : posez-les sur un substrat drainant légèrement humide, mais comptez plus de temps qu’avec une tige pour obtenir une nouvelle plante. La division et le semis, au début du printemps à 15–18 °C, sont également possibles.

Problèmes fréquents

  • Base molle, tiges qui s’effondrent : pourriture du collet ou des racines, le plus souvent due à l’excès d’eau ou à un substrat qui draine mal.
  • Feuilles molles et flétries : substrat trop humide.
  • Feuilles ridées : manque d’eau.
  • Tiges dégarnies, feuilles espacées : manque de lumière.
  • Feuillage jaunâtre ou teinté de brun-rouge : lumière trop intense ou coup de soleil.
  • Chute massive de feuilles : chocs et manipulations.
  • Ravageurs : cochenilles farineuses sur les tiges, cochenilles à carapace, larves d’otiorhynque dans le substrat ; dehors, limaces et escargots.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : observez à la fois le substrat, la lumière et la température avant de conclure.

Toxicité

Aucune toxicité n’est signalée : l’orpin de Morgane est classé non toxique pour les chiens, les chats et les chevaux. Tiges et feuilles sont même comestibles, mais consommées en grande quantité elles peuvent provoquer des maux d’estomac.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 28 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 28 septembre 2026.

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