
Famille · Araceae
Taro
Colocasia esculenta
Oreille d'éléphant · Colocase
Synonymes : Arum esculentum, Arum colocasia, Caladium esculentum, Colocasia antiquorum, Colocasia esculenta var. antiquorum, Colocasia esculenta var. illustris, Alocasia illustris, Colocasia formosana, Leucocasia esculenta
L’essentiel
- Culture
- Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -12 °C
- Lumière
- Lumière vive indirecte – Soleil direct
- Eau
- Arrosage fréquent
- Difficulté
- Intermédiaire
- Températures confortables
- 21–29 °C
- À éviter en dessous de
- 10 °C
- Hauteur en culture
- 90 cm – 1,8 m
- Rusticité
- Jusqu’à -12 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieur
Cultivé depuis des millénaires en Asie pour son corme comestible, le taro est aussi une superbe plante de feuillage aux immenses feuilles en forme de cœur. Il réclame chaleur, humidité et arrosages copieux, et passe l'hiver soit à l'intérieur, soit sous forme de corme mis au repos.
Identification et origine
Colocasia esculenta appartient à la famille des Araceae. Son aire d’origine s’étend du sous-continent indien (Inde, Bangladesh, Népal, Himalaya oriental, Assam) à la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, la péninsule Malaise et Sumatra, jusqu’au sud et au sud-est de la Chine et à Taïwan. Cultivé depuis des milliers d’années en Asie et en Polynésie, il s’est naturalisé dans de nombreuses régions tropicales et humides ; il est même jugé envahissant dans certaines zones humides au climat doux.
C’est une vivace herbacée, sensible au froid, qui forme une touffe à partir d’un corme souterrain. Ce corme bosselé, à peau brune et chair blanche ou rosée, est un aliment de base dans les tropiques. L’épithète esculenta signifie d’ailleurs « comestible ».
On le cultive surtout pour son feuillage. Les feuilles, en cœur ou en fer de flèche, aux nervures marquées, peuvent dépasser 60 cm de long sur des pétioles d’environ 1 m. Le pétiole s’attache sous le limbe, un peu en retrait de l’échancrure (feuille dite peltée), et les feuilles pendent légèrement vers le bas : c’est le meilleur moyen de le distinguer des Alocasia, dont les feuilles pointent vers le haut. En culture, la plante mesure généralement 90 cm – 1,8 m de haut et autant de large. Elle fleurit rarement : l’inflorescence, un spadice blanc ou jaune entouré d’une spathe jaunâtre ou verdâtre, reste souvent cachée sous le feuillage.
Parmi plus de deux cents cultivars, citons ‘Black Magic’ aux feuilles pourpre-noir mat, ‘Black Coral’ aux feuilles noires et brillantes, ‘Illustris’ aux limbes presque noirs veinés de vert vif, ‘Mojito’ tacheté de noir, ‘Fontanesii’ aux pétioles violacés, ou ‘Pink China’, réputé parmi les plus résistants au froid.
Lumière
Dehors, le taro pousse au mieux à mi-ombre ou sous une lumière filtrée, mais il supporte le plein soleil si l’eau ne manque pas. Les cultivars à feuillage foncé développent leur plus belle couleur au soleil. Choisissez un endroit abrité des vents forts, qui déchirent les grandes feuilles.
À l’intérieur ou sous serre, offrez-lui une lumière vive mais indirecte.
Arrosage
C’est une plante gourmande en eau : le substrat ne doit jamais sécher pendant la croissance. Vérifiez la motte du doigt et arrosez dès que la surface commence à perdre sa fraîcheur. Le taro tolère un sol presque marécageux et peut même pousser au bord d’un bassin, la motte immergée sous une faible hauteur d’eau, à condition que le feuillage reste hors de l’eau.
Pendant la croissance, il consomme aussi beaucoup d’éléments nutritifs : apportez un engrais liquide équilibré au moins une fois par mois, ou plus souvent pour obtenir de très grandes feuilles. En hiver, si la plante reste en végétation à l’intérieur, gardez le substrat juste frais. Une plante en semi-repos se garde plus au sec, et un corme en dormance doit rester sec.
Substrat
Il lui faut une terre riche en matière organique, humide en permanence mais pas asphyxiante : un sol limoneux ou argileux convient. Le pH idéal est légèrement acide à neutre, autour de 5,5 à 6,5. En pot, utilisez un terreau de qualité sans tourbe, enrichi de compost, dans un contenant lourd et stable d’au moins 45 cm de large et de profondeur, car la plante devient grande et lourde de feuillage.
Températures
Le taro aime la chaleur et l’humidité de l’air. Il pousse le mieux entre 25 °C et 29 °C et ne reste persistant qu’au-dessus de 21 °C environ. Il souffre dès que les températures restent durablement sous 10 °C. Le gel détruit le feuillage.
En pleine terre, il est cultivé dans les zones USDA 8a à 11b : dans les secteurs les plus froids de cette fourchette, paillez généreusement l’emplacement à l’automne pour protéger le corme. Ailleurs, deux solutions : rentrer la plante en pot avant que les nuits ne descendent vers 4 °C, ou conserver le corme au repos. Dans ce cas, après la première gelée, coupez le feuillage, déterrez le corme, laissez-le sécher quelques jours, puis stockez-le dans une caisse ouverte, légèrement recouvert de tourbe ou de copeaux secs, au frais entre 7 °C et 13 °C, sans jamais le laisser geler.
Rempotage
Au printemps, remettez les cormes en culture à l’intérieur, au chaud, en plaçant leur sommet juste au niveau de la surface du substrat : les premières feuilles mettent quelques semaines à apparaître. Sortez les plantes ou installez-les en pleine terre seulement après les dernières gelées, quand le temps s’est réchauffé. Une plante gardée en pot toute l’année se rempote au début de la croissance, dans un contenant un peu plus grand, avec un terreau neuf et riche.
Taille
Aucune taille n’est nécessaire. Au fil de la saison, la plante produit sans cesse de nouvelles feuilles tandis que les plus anciennes jaunissent : coupez-les à la base pour garder une touffe nette. Pour faire hiverner une plante en végétation à l’intérieur, vous pouvez ne conserver que les deux feuilles les plus jeunes.
Multiplication
La division est la méthode la plus simple. Pendant le repos, séparez les petits cormes latéraux qui se forment autour du corme principal, ou découpez une touffe en éclats munis chacun d’un bourgeon et de racines. Replantez-les au chaud dans un substrat humide.
Le semis est possible, mais on obtient bien plus vite une grande plante à partir d’un gros corme. Les cormes de taro vendus dans les épiceries asiatiques peuvent aussi être plantés, s’ils n’ont pas été traités contre la germination.
Problèmes fréquents
- Croissance lente, feuilles petites : manque de chaleur, d’eau ou d’engrais, ou pot trop petit.
- Plante qui languit au début de l’été : températures encore trop fraîches ; elle repartira avec la chaleur.
- Feuilles qui jaunissent puis se dessèchent : renouvellement normal des vieilles feuilles, coup de froid, substrat qui a séché, ou entrée en repos en fin de saison.
- Feuilles déchirées : exposition au vent.
- Corme qui pourrit pendant l’hiver : stockage trop humide ou trop froid.
- Ravageurs : à l’intérieur et sous serre, surveillez les acariens (araignées rouges), les pucerons et les aleurodes. Dehors, la plante a peu d’ennemis et les cerfs comme les lapins la délaissent.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : vérifiez toujours ensemble la température, l’humidité du substrat, la lumière et l’état des racines.
Toxicité
Toutes les parties de la plante crue sont toxiques pour les chiens, les chats et les chevaux, ainsi que pour l’humain. Elles contiennent des cristaux insolubles d’oxalate de calcium qui provoquent une irritation immédiate et douloureuse de la bouche, un gonflement des lèvres et de la langue, une salivation abondante, des difficultés à avaler et des vomissements. La sève peut aussi irriter la peau et les yeux : portez des gants pour manipuler la plante. Le corme et les feuilles ne deviennent comestibles qu’après une cuisson prolongée. En cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Colocasia esculenta — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 26 octobre 2026)
- Elephant Ears (Colocasia, Alocasia, and Xanthosoma) — University of Wisconsin–Madison, Division of Extension (Wisconsin Horticulture) (consulté le 26 octobre 2026)
- Fun with Elephant Ears in the Garden — Clemson Cooperative Extension, Home & Garden Information Center (consulté le 26 octobre 2026)
- Bulbs Well-Suited as Houseplants — Iowa State University Extension and Outreach, Yard and Garden (consulté le 26 octobre 2026)
- Giant Elephant Ears Accent the Garden — University of Illinois Extension (consulté le 26 octobre 2026)
- Colocasia esculenta, taro — Royal Horticultural Society (consulté le 26 octobre 2026)
- Tropileg — Taro, Songe — INRAE, Ephytia (consulté le 26 octobre 2026)
- Elephant Ears (Colocasia esculenta) — Toxic and Non-Toxic Plants — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 26 octobre 2026)
- Colocasia esculenta (L.) Schott — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 26 octobre 2026)
- Colocasia esculenta (L.) Schott — International Plant Names Index — IPNI (consulté le 26 octobre 2026)

