
Famille · Rosaceae
Aubépine épineuse
Crataegus laevigata
Aubépine à deux styles
Synonymes : Mespilus laevigata, Crataegus oxyacanthoides, Mespilus oxyacanthoides, Crataegus palmstruchii, Crataegus spinosa, Crataegus sorbifolia, Mespilus sorbifolia, Crataegus coriacea, Crataegus subinermis, Crataegus ariifolia, Crataegus cuneatotrifida, Mespilus digyna, Mespilus intermedia, Oxyacantha matthioli, Oxyacantha obtusata, Oxyacantha vulgaris, Crataegus oxyacantha var. laevigata, Crataegus oxyacantha subsp. laevigata, Crataegus laevigata subsp. palmstruchii
L’essentiel
- Culture
- ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -34 °C
- Lumière
- Lumière vive indirecte – Soleil direct
- Eau
- Arrosage modéré
- Difficulté
- Facile
- Hauteur en culture
- 4–8 m
- Rusticité
- Jusqu’à -34 °C
- Toxicité
- Irritante / toxique pour l’humain
Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes faciles
Arbuste ou petit arbre épineux d’Europe, l’aubépine épineuse se couvre au printemps de bouquets de fleurs blanches, parfois roses ou rouges, puis de petits fruits rouges, les cenelles. Très rustique et peu exigeante sur le sol, elle forme de belles haies défensives et se cultive aussi en bonsaï.
Identification et origine
Crataegus laevigata appartient à la famille des Rosaceae, celle des pommiers, des poiriers et des sorbiers. Elle est originaire de l’ouest et du centre de l’Europe : son aire s’étend de l’Espagne, de la France, de la Corse et de la Sicile à la Grande-Bretagne, au Danemark, à la Norvège, à la Suède, aux pays Baltes, à la Biélorussie, à l’Ukraine et à la Russie d’Europe. Elle s’est naturalisée en Irlande et dans l’État de Washington.
C’est un grand arbuste dense et épineux qui peut devenir un petit arbre au houppier arrondi. En culture, il atteint 4–8 m de haut et autant de large, parfois davantage, en vingt à cinquante ans.
- Feuilles : caduques, vert foncé, brillantes, longues de 2–6 cm, divisées en trois à cinq lobes arrondis et peu profonds, finement dentés.
- Épines : nombreuses sur les rameaux, longues de 1–3 cm, parfois absentes. En hiver, elles naissent au même point que les bourgeons, ce qui distingue l’aubépine du prunellier, dont les bourgeons sont portés par les épines.
- Fleurs : blanc crème, parfois roses ou rouges, larges de 2–2 cm, à anthères rouges, groupées par douze au plus en corymbes, au printemps. Coupées, elles dégagent une odeur forte et désagréable.
- Fruits : les cenelles, petites pommes ovoïdes rouges de 1–1 cm, mûrissent à l’automne et persistent souvent sur l’arbre en hiver.
- Écorce : gris-brun, devenant rugueuse et très décorative avec l’âge.
On la confond souvent avec l’aubépine monogyne (Crataegus monogyna). L’aubépine épineuse a des feuilles découpées sur moins de la moitié de la distance jusqu’à la nervure centrale, deux styles dans chaque fleur et deux graines dans chaque fruit, alors que l’aubépine monogyne a des feuilles profondément lobées et une seule graine. Elle fleurit aussi une à deux semaines plus tôt. Les deux espèces s’hybrident pour donner Crataegus × media, auquel appartient désormais le célèbre ‘Paul’s Scarlet’, aux fleurs doubles rouge clair. Parmi les cultivars de l’espèce, ‘Crimson Cloud’ porte des fleurs simples rouges à cœur blanc, et ‘Gireoudii’, nain et lent, ne dépasse pas 4 m.
Lumière
Elle pousse au soleil comme à mi-ombre, quelle que soit l’orientation, en situation exposée ou abritée. Le plein soleil reste toutefois la meilleure exposition. Elle supporte les vents froids et convient aux jardins de ville et du bord de mer.
Arrosage
Une fois installée, l’aubépine est robuste et tolère aussi bien les sols humides que les périodes plus sèches. Après la plantation, surveillez en revanche l’arrosage pendant les périodes sèches des trois premières saisons de croissance. Plutôt que de suivre un calendrier, vérifiez l’humidité du sol en profondeur avant d’arroser.
En pot, et surtout en bonsaï, elle a besoin de beaucoup d’eau pendant la croissance : si les racines se dessèchent, la pointe des feuilles brunit.
Substrat
Elle s’accommode de presque tous les sols, calcaires, argileux, limoneux ou sableux, acides, neutres ou alcalins, frais mais drainés ou bien drainés. Elle préfère un sol frais et fertile. Évitez seulement les terrains souvent gorgés d’eau, où les racines risquent de pourrir.
Températures
C’est une plante très rustique, cultivée de la zone USDA 4a à la zone 8b, qui supporte les hivers continentaux les plus rudes, sous -20 °C. En pot, la motte est plus exposée au froid que les racines en pleine terre : protégez-la des fortes gelées et de l’excès de pluie hivernale.
Rempotage
Plantez les sujets à racines nues pendant le repos de la végétation, de la fin de l’automne à la fin de l’hiver ; les plantes en conteneur se plantent à tout moment. Tuteurez un jeune arbre pendant un an et demi à trois ans, le temps qu’il s’enracine. L’aubépine n’est pas gourmande : un engrais complet à la fin de l’hiver aide les jeunes plantations, puis devient inutile une fois l’arbre établi.
En bonsaï, rempotez tous les deux ou trois ans au printemps, avant le départ de la végétation, en taillant au plus un tiers des racines.
Taille
Un arbre demande peu de taille : supprimez les branches cassées, mal placées ou malades, de préférence en plein repos hivernal. Une haie se taille deux fois ou plus de la fin du printemps à l’été, avec une dernière coupe au début de l’automne ; si vous devez la rabattre de plus de moitié, étalez le travail sur deux ou trois ans. L’aubépine supporte bien les tailles sévères et repart sur le vieux bois. Portez des gants épais à cause des épines.
Multiplication
- Semis : récoltez les cenelles encore vertes à la fin de l’été, faites-les tremper plusieurs jours dans l’eau tiède pour ramollir la chair, puis extrayez les graines en écrasant les fruits contre un tamis. Semez en terrine dehors : le froid de l’hiver lève la dormance, mais la levée est irrégulière la première année. Gardez le semis un second hiver, d’autres graines germeront.
- Greffe : les cultivars se vendent greffés sur de jeunes aubépines de deux ou trois ans ; l’écussonnage en été est aussi possible.
- Bouturage : très difficile chez l’aubépine ; préférez le semis.
Problèmes fréquents
- Feu bactérien : cette bactérie, Erwinia amylovora, touche les Rosaceae à pépins de la fin du printemps à l’automne. Les fleurs flétrissent, les extrémités des rameaux semblent brûlées et un chancre se forme. Coupez rapidement les parties atteintes bien en dessous de la zone malade, en désinfectant l’outil entre chaque coupe, et brûlez les déchets.
- Rouille : la rouille du genévrier et de l’aubépine fait apparaître au printemps de petites taches jaunes qui virent à l’orange ; en été, de petits tubes se forment au revers des feuilles. Son cycle exige deux hôtes, l’aubépine et un genévrier, sur deux ans. Une forte attaque fait jaunir et tomber les feuilles et peut toucher les fruits et les jeunes pousses.
- Taches foliaires et oïdium : les taches sombres à centre gris, parfois accompagnées d’un jaunissement, sont disgracieuses mais rarement mortelles. L’espèce y est sensible : une forte attaque peut presque défolier l’arbre au début de l’été. ‘Paul’s Scarlet’ est très sensible, ‘Crimson Cloud’ réputé plus résistant. L’oïdium apparaît surtout par temps sec.
- Ravageurs et autres maladies : pucerons et chenilles, rarement nuisibles, et phytoptes qui épaississent et enroulent le bord des feuilles sans gravité ; l’armillaire, la galle du collet et le plomb parasite peuvent aussi l’atteindre. Les lapins et les cerfs peuvent brouter les jeunes plants.
Un même symptôme, comme un rameau desséché, peut avoir plusieurs causes : sécheresse, feu bactérien ou champignon.
Toxicité
L’aubépine épineuse n’est pas toxique pour les chiens, les chats et les chevaux. Les cenelles sont décoratives et ne sont pas destinées aux animaux. Chez l’humain, les graines contiennent des substances toxiques : retirez-les si vous consommez les fruits, qu’on utilise en gelées et en chutneys. Les épines, acérées, peuvent blesser la peau.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Crataegus laevigata (Poir.) DC. — The World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 21 octobre 2026)
- Crataegus laevigata (Poir.) DC. — International Plant Names Index (IPNI) (consulté le 21 octobre 2026)
- Crataegus laevigata, Midland hawthorn — Royal Horticultural Society (consulté le 21 octobre 2026)
- How to grow hawthorn — Royal Horticultural Society (consulté le 21 octobre 2026)
- Fireblight — Royal Horticultural Society (consulté le 21 octobre 2026)
- Crataegus × media 'Paul's Scarlet' (d) — Royal Horticultural Society (consulté le 21 octobre 2026)
- Midland Hawthorn (Crataegus laevigata) — Woodland Trust (consulté le 21 octobre 2026)
- Crataegus laevigata — Landscape Plants — Oregon State University (consulté le 21 octobre 2026)
- Hawthorn, English — TreeBrowser — Utah State University Extension (consulté le 21 octobre 2026)
- Crataegus laevigata, English Hawthorn — Plant Database — University of Connecticut (consulté le 21 octobre 2026)
- Cedar-Hawthorn Rust — University of Illinois Extension (consulté le 21 octobre 2026)
- Toxic and Non-toxic Plants: English Hawthorn — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 21 octobre 2026)
Guide de culture en bonsaï
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