Rameaux de cyprès chauve en automne : feuillage plumeux virant au roux et à l’orangé, parsemé de cônes ronds vert bleuté.
Photo : Agnieszka Kwiecień, Nova — CC BY-SA 4.0

Famille · Cupressaceae

Cyprès chauve

Taxodium distichum (L.) Rich.

Cyprès de Louisiane · Cyprès des marais

Synonymes : Cupressus disticha, Cupressus laeta, Cuprespinnata disticha, Schubertia disticha, Taxodium distichum var. typica

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -34 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage fréquent
Difficulté
Facile
Hauteur en culture
15–21 m
Rusticité
Jusqu’à -34 °C
Toxicité
Aucune toxicité signalée
Guide de culture en bonsaï →Emplacement, substrat, ligature et soins saisonniers

Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes facilesPlantes non toxiques pour les animaux

Le cyprès chauve est un conifère qui perd ses aiguilles en hiver, d’où son nom. Originaire des marécages du sud des États-Unis et du Mexique, il pousse aussi bien en sol ordinaire qu’au bord de l’eau, supporte le froid et vit très longtemps. Il réclame du soleil, un sol plutôt acide et de l’humidité.

Identification et origine

Taxodium distichum appartient à la famille des Cupressaceae. Son aire naturelle couvre l’est et le sud-est des États-Unis, du Delaware et du Maryland jusqu’à la Floride et au Texas, en remontant la vallée du Mississippi jusqu’à l’Illinois et l’Indiana, ainsi qu’une grande partie du Mexique et le Guatemala. Il y peuple les marécages, les bayous et les rives des cours d’eau, surtout dans les plaines côtières. Il est planté comme arbre d’ornement en Europe, où il s’est parfois naturalisé.

C’est un grand arbre de 15–21 m de haut pour 6–9 m de large, mais sa croissance reste modérée : il lui faut plusieurs décennies pour atteindre sa taille adulte. Jeune, il est pyramidal ; âgé, sa cime s’étale et s’aplatit de façon irrégulière, tandis que la base du tronc s’évase en contreforts cannelés. Il compte parmi les arbres les plus longévifs du monde.

En été, on le prendrait pour un résineux persistant. Ses aiguilles plates et souples, longues de 1–2 cm, sont disposées sur deux rangs le long de fins rameaux, ce qui donne au feuillage un aspect plumeux. Vert jaune au débourrement, assez tardif au printemps, puis vert tendre en été, il vire au roux, à l’orangé ou au brun cannelle en automne. Les petits rameaux tombent alors avec leurs aiguilles : l’arbre passe l’hiver nu.

L’écorce, fibreuse, brun rouge à gris clair, se détache en longues lanières étroites. Mâle et femelle sont portés par le même arbre : les fleurs mâles pendent en grappes au printemps, les cônes femelles sont des boules ridées de 2–3 cm de diamètre, vertes puis brunes à maturité. En sol détrempé ou au bord de l’eau, les racines produisent les fameux « genoux », des excroissances ligneuses coniques qui sortent du sol ou de l’eau et aideraient à aérer les racines.

On le confond souvent avec le métaséquoia (Metasequoia glyptostroboides), autre conifère caduc, dont les aiguilles sont opposées et non alternes. Parmi les cultivars : ‘Pévé Minaret’, arbuste nain d’environ 2,4 m de haut au feuillage fin ; ‘Cascade Falls’, compact et pleureur ; ‘Shawnee Brave’, étroitement pyramidal.

Lumière

Le cyprès chauve se plaît au plein soleil, avec au moins six heures de soleil direct par jour, et tolère la mi-ombre. Plus il reçoit de lumière, plus son feuillage est dense et sa coloration d’automne marquée. Il résiste bien au vent, ce qui en fait un bon arbre isolé dans les grands jardins exposés.

Arrosage

Rares sont les conifères aussi tolérants à l’excès d’eau : il supporte l’eau stagnante et les inondations prolongées, et prospère au bord des mares. Il s’accommode pourtant très bien d’un sol frais et bien drainé. Sa tolérance à la sécheresse reste moyenne : un jeune arbre doit être arrosé copieusement dès que la terre sèche en profondeur, surtout par temps chaud.

En bac ou en pot, sa soif est grande en été : vérifiez le substrat tous les jours et arrosez dès que la surface sèche, jusqu’à ce que l’eau s’écoule par le fond. Pour un pot qui sèche trop vite, une soucoupe peu profonde remplie d’eau sert de réserve. En hiver, l’arbre nu boit beaucoup moins, mais la motte ne doit jamais se dessécher complètement.

Substrat

En pleine terre, il accepte l’argile, les limons, le sable et les sols riches en matière organique. Il préfère nettement un sol acide : en terrain calcaire, au pH élevé, ses aiguilles jaunissent par chlorose. En bac, utilisez un mélange qui retient l’humidité tout en laissant passer l’air, sans calcaire.

Températures

Le cyprès chauve est très rustique en pleine terre : il supporte les hivers continentaux les plus rudes, en dessous de -20 °C, et convient du nord des régions tempérées froides jusqu’aux climats doux. Il apprécie aussi les étés chauds de son aire d’origine.

En pot, la situation change : les racines, mal protégées, ne supportent guère le gel. Dans les régions aux hivers froids, abritez le contenant, enterrez-le ou placez-le dans un abri froid et lumineux, tout en laissant l’arbre au repos.

Rempotage

Il se transplante facilement, en conteneur ou en motte. En pleine terre, plantez-le en sol frais, de préférence acide, et arrosez régulièrement la première année.

En pot, ses racines poussent vigoureusement et grossissent vite : rempotez un jeune sujet environ tous les deux ans, en taillant les racines, et sans attendre si la motte se soulève hors du contenant. Un sujet plus âgé peut attendre trois à cinq ans. Les racines restent assez tendres pour être taillées sans difficulté.

Taille

En pleine terre, aucune taille n’est nécessaire : l’arbre prend seul sa silhouette conique, puis sa cime aplatie avec l’âge. Contentez-vous de retirer le bois mort ou abîmé.

Cultivé en bonsaï, il réagit très bien à la taille : il produit de nombreux bourgeons sur le tronc et les branches. Les techniques propres à cette culture sont détaillées dans le guide du cyprès chauve en bonsaï.

Multiplication

Le semis est la méthode habituelle pour l’espèce et se réussit assez facilement. Les cultivars se multiplient par boutures, afin de conserver leurs caractères. Le bouturage fonctionne d’ailleurs assez bien pour l’espèce elle-même.

Problèmes fréquents

Le cyprès chauve est généralement robuste et peu attaqué, surtout lorsqu’il est vigoureux : les arbres affaiblis sont les plus exposés. Un même symptôme peut avoir plusieurs causes ; observez l’arbre entier avant d’agir.

  • Aiguilles jaunes en été : souvent une chlorose liée à un sol trop calcaire ; un manque d’eau prolongé peut aussi en être la cause.
  • Aiguilles ternes, piquetées, fines toiles : acariens, dont l’araignée rouge à deux points, le principal ennemi par temps chaud et sec ; des acariens gallicoles peuvent aussi déformer les rameaux.
  • Rameaux qui sèchent : une maladie des rameaux (dépérissement) apparaît parfois.
  • Petits fourreaux suspendus : chenilles à fourreau (psychés) ; on rencontre aussi des chenilles de papillons propres au cyprès.
  • Dépérissement général : l’armillaire peut s’attaquer à l’arbre là où ce champignon est présent.

Rappel : la chute des aiguilles et des petits rameaux en automne est normale, ce n’est pas un dépérissement.

L’arbre résiste par ailleurs bien au feu, à la pollution, au vent et modérément au sel, et les cerfs le délaissent en partie.

Toxicité

Aucune toxicité n’est signalée : le cyprès chauve ne figure pas parmi les plantes toxiques répertoriées pour les chiens et les chats par les références vétérinaires. Évitez néanmoins que les enfants ou les animaux mâchent ses aiguilles ou ses cônes.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 14 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 14 octobre 2026.

Guide de culture en bonsaï

Cyprès chauve en bonsaï — Cultiver Taxodium distichum en bonsaï : plein soleil, beaucoup d’eau sans asphyxie, deux tailles par an, ligature au débourrement et rempotage.

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