Touffe d’Euphorbia milii en pleine terre dans un jardin botanique : tiges dressées couvertes d’épines grises, bouquets de feuilles vert-jaune au sommet et petites inflorescences rouges.
Photo : Agnieszka Kwiecień, Nova — CC BY-SA 4.0

Famille · Euphorbiaceae

Épine du Christ

Euphorbia milii Des Moul.

Couronne d’épines

Synonymes : Euphorbia bojeri, Euphorbia breonii, Euphorbia milii f. lutea, Euphorbia milii var. breonii, Euphorbia splendens var. bojeri, Euphorbia splendens subsp. bojeri, Sterigmanthe bojeri, Tumalis bojeri

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -7 °C
Lumière
Soleil direct
Eau
Arrosage rare
Difficulté
Facile
Températures confortables
18–27 °C
À éviter en dessous de
16 °C
Hauteur en culture
30–90 cm
Rusticité
Jusqu’à -7 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes faciles

Originaire de Madagascar, Euphorbia milii est un petit arbuste succulent aux tiges couvertes d’épines, qui porte au bout des rameaux des feuilles vert vif et des inflorescences entourées de bractées rouges, roses ou jaunes. Robuste et très florifère en plein soleil, elle contient un latex irritant : manipulez-la avec des gants.

Identification et origine

Euphorbia milii appartient à la famille des Euphorbiaceae, celle du poinsettia, du ricin et du manioc. Elle est originaire de Madagascar. L’épithète milii honore le baron Milius, gouverneur de l’île Bourbon, qui l’introduisit en France en 1821. Son nom évoque la légende de la couronne d’épines de Jésus, qu’elle aurait servi à tresser, ce qui est peu probable.

C’est un arbuste succulent et ligneux, très ramifié. Ses tiges gris-brun, à cinq à sept angles, stockent l’eau et sont hérissées d’épines acérées de 1–3 cm. Les feuilles, vert vif, lisses, plus larges vers la pointe et longues d’environ 4–5 cm, ne poussent que sur les jeunes rameaux et tombent quand la tige vieillit : une plante âgée garde donc des tiges nues et des bouquets de feuilles aux extrémités.

Ce que l’on prend pour des fleurs sont des inflorescences typiques des euphorbes, les cyathes : de minuscules fleurs verdâtres entourées d’une paire de bractées colorées, rouge vif chez l’espèce, jaunes chez certaines formes. Les hybrides déclinent du blanc, du crème, du jaune, du rose et du rouge, parfois en fleurs doubles. En intérieur, la floraison court de la fin de l’hiver jusqu’à l’automne, et presque toute l’année sous climat tropical.

En pot, la plante reste vers 30–60 cm ; l’espèce atteint 90 cm et certaines formes plus grandes jusqu’à 1,5–1,8 m. Parmi les nombreuses sélections, les hybrides californiens dits « géants », comme ‘Rosalie’ ou ‘Vulcanus’, ont des tiges épaisses et de grandes bractées ; les hybrides thaïlandais portent des bouquets très fournis ; ‘Mini-Bell’ est une forme naine à petites fleurs rouges, et ‘Peppermint Candy’ a un feuillage panaché de blanc.

Lumière

C’est la clé de la floraison. Donnez-lui la place la plus ensoleillée de la maison, avec six à huit heures de soleil direct par jour, et tournez le pot chaque semaine pour un développement régulier. À mi-ombre, elle pousse mais fleurit beaucoup moins.

Elle peut passer l’été dehors : habituez-la progressivement au soleil extérieur pour éviter les brûlures et, sous climat très chaud, offrez-lui un peu d’ombre aux heures les plus brûlantes. La nuit, elle a besoin d’obscurité : un éclairage artificiel prolongé le soir peut empêcher la formation des fleurs.

Arrosage

Arrosez copieusement, jusqu’à humidifier tout le substrat, laissez l’eau s’écouler par le trou de drainage, puis videz la soucoupe. Attendez que la terre soit juste sèche avant d’arroser de nouveau. Un substrat qui reste mouillé peut tuer la plante, mais des racines laissées longtemps au sec font tomber les feuilles : cherchez l’équilibre. Elle fleurit mieux tenue plutôt au sec.

Les hybrides modernes, plus feuillus, demandent souvent des arrosages un peu plus fréquents que l’espèce. Après la floraison et pendant le repos hivernal, réduisez légèrement l’eau sans laisser la motte sécher durablement. L’air sec des maisons chauffées ne la gêne pas.

Substrat

Il doit être riche et surtout très drainant. Mélangez une part de perlite à deux parts de terreau organique sans engrais ajouté, ou utilisez un terreau pour cactus enrichi de perlite, de pierre ponce ou de sable grossier et d’un peu de compost. Dans un mélange trop compact, la plante prospère d’abord puis souffre de pourriture des racines.

Au printemps et en été, apportez légèrement un engrais équilibré une à deux fois par mois, jusqu’à la fin de la floraison. Évitez les engrais riches en azote, qui donnent beaucoup de tiges molles et peu de fleurs, et ceux qui contiennent du bore, auquel elle est sensible.

Températures

Elle aime la chaleur des maisons : entre 18–27 °C, elle pousse et fleurit bien. Gardez-la toujours au-dessus de 16 °C, à l’abri des courants d’air froids : dès que la température descend vers 10–15 °C, les feuilles tombent prématurément. Une légère baisse en automne et en hiver, sans passer sous ce seuil, l’aide à se reposer.

Dehors, la plante survit jusqu’à environ 2 °C mais ne supporte pas un sol froid et humide : rentrez-la bien avant les premières gelées. En pleine terre, elle se cultive en zones USDA 9a à 11b.

Rempotage

Rempotez au printemps, environ tous les deux ans ou quand la plante déborde de son pot, dans le contenant immédiatement supérieur : un peu à l’étroit, elle fleurit mieux. Portez des gants épais, protégez vos yeux et tenez la plante avec une manique pour éviter épines et latex. Une fois la plante adulte, renouvelez simplement chaque année la couche superficielle du substrat.

Taille

Une taille au printemps garde la plante compacte et la fait ramifier. Préférez un couteau propre au sécateur, que le latex encrasse, et aspergez les plaies d’eau froide pour arrêter l’écoulement. Supprimez d’abord les rameaux abîmés ou grêles, puis raccourcissez les autres juste au-dessus d’un bourgeon sain ou d’une ramification. Conservez au moins la moitié du feuillage : une plante trop dénudée récupère mal.

Multiplication

Le bouturage de tête est simple. Arrosez la plante la veille, puis prélevez au printemps ou en été l’extrémité de 8–15 cm d’une jeune tige feuillue, pas plus épaisse qu’un petit doigt. Rincez la coupe à l’eau froide ou trempez-la dans du charbon de bois en poudre, puis laissez la bouture sécher deux à trois jours à l’abri du soleil pour qu’elle cicatrise. Ne gardez que trois ou quatre feuilles.

Enfoncez-la d’environ 4 cm dans le mélange de terreau et de perlite légèrement humide, après l’avoir trempée, si vous le souhaitez, dans une hormone de bouturage. Placez le pot à la lumière vive, sans soleil direct, et n’arrosez que pour garder le substrat à peine humide. Les racines se forment en cinq à huit semaines au chaud. Le semis reste rare : les graines ne se forment guère sans pollinisation manuelle.

Problèmes fréquents

  • Feuilles qui tombent : vieillissement normal des tiges, mais aussi substrat resté trop sec, froid ou manque de lumière.
  • Pas de fleurs : lumière insuffisante, excès d’engrais, éclairage nocturne ou plante affaiblie.
  • Parties qui brunissent et pourrissent : excès d’eau ou substrat qui retient trop l’humidité ; coupez sans attendre les parties atteintes pour éviter la propagation.
  • Taches sur les feuilles, moisissure grise : humidité prolongée sur le feuillage ; retirez les feuilles et fleurs mortes.
  • Ravageurs : cochenilles farineuses surtout, plus rarement araignées rouges, cochenilles à carapace et thrips.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : croisez l’observation de la lumière, de l’arrosage, de la température et des racines.

Toxicité

Toute la plante contient un latex blanc riche en esters de diterpènes, toxique pour l’humain, avec une gravité généralement faible, et pour les animaux. Sur la peau, il provoque des irritations parfois sévères ; dans les yeux, il peut causer une cécité temporaire et léser la cornée. Ingéré, il irrite la bouche, avec des cloques sur les lèvres. Chez le chien et le chat, il entraîne salivation, perte d’appétit, vomissements ou diarrhée. Portez des gants et des lunettes pour la manipuler et placez la plante hors de portée des enfants et des animaux.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 4 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 4 octobre 2026.

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