
Famille · Oxalidaceae
Faux trèfle pourpre
Oxalis triangularis
Oxalis pourpre · Trèfle pourpre · Oxalis triangulaire
Synonymes : Oxalis regnellii, Acetosella regnellii, Oxalis papilionacea, Oxalis triangularis subsp. papilionacea, Oxalis palustris, Oxalis delta, Oxalis vernalis, Oxalis catharinensis, Oxalis oxyptera, Oxalis truncata
L’essentiel
- Culture
- Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -12 °C
- Lumière
- Lumière vive indirecte – Soleil direct
- Eau
- Arrosage modéré
- Difficulté
- Facile
- Températures confortables
- 16–21 °C
- À éviter en dessous de
- 10 °C
- Hauteur en culture
- 15–45 cm
- Rusticité
- Jusqu’à -12 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes faciles
Originaire d’Amérique du Sud, Oxalis triangularis forme une touffe de feuilles pourpres à trois folioles triangulaires qui se referment chaque soir comme des ailes de papillon. Facile en pot, il demande une lumière vive, un arrosage mesuré et un peu de compréhension lorsqu’il entre en dormance.
Identification et origine
Oxalis triangularis appartient à la famille des Oxalidaceae, celle des oxalis ou « surelles ». Son aire naturelle couvre une large partie de l’Amérique du Sud : le Pérou, la Bolivie, le Paraguay, presque tout le Brésil et le nord de l’Argentine. On le rencontre encore souvent sous son ancien nom, Oxalis regnellii, aujourd’hui considéré comme un simple synonyme.
C’est une vivace herbacée qui forme des touffes à partir de rhizomes très particuliers : couverts d’écailles charnues qui stockent l’eau et les réserves, ils ressemblent à de petits bulbes allongés. En culture, elle atteint 15–45 cm de haut pour 30–60 cm de large ; en fleur, la plupart des touffes en pot mesurent 15–30 cm.
Chaque feuille, longue de 3–8 cm, se compose de trois folioles en triangle, d’où l’épithète triangularis. Leur couleur va du vert au pourpre profond, parfois marbré. Le soir, par temps couvert ou lorsqu’on les touche, les folioles se replient vers le bas : ce mouvement, appelé nyctinastie, est parfaitement normal. Les fleurs à cinq pétales, blanches, rose pâle ou lavande, larges de moins de 3 cm, s’ouvrent en petits bouquets au-dessus du feuillage, du printemps à l’automne, et se ferment elles aussi la nuit.
Malgré son nom commun, ce n’est pas un trèfle : la plante n’a aucun lien avec le genre Trifolium, même si on la vend souvent autour de la Saint-Patrick. Parmi les cultivars courants : ‘Atropurpurea’ (feuillage presque noir marqué d’une tache en V plus claire), ‘Charmed Wine’ (pourpre foncé, fleurs blanches), ‘Ebony’ (pourpre noir), ‘Fanny’ (vert olive à centre argenté), ‘Francis’ (pourpre vif) et ‘Mijke’ (pourpre profond, fleurs mauves). Bien soignée, une même plante peut vivre des dizaines d’années.
Lumière
Il lui faut beaucoup de clarté. L’idéal est une fenêtre orientée à l’est, qui lui offre le soleil doux du matin, ou une fenêtre au sud derrière un voilage. Une exposition ouest convient si le soleil de l’après-midi n’y est pas trop violent. Le soleil brûlant de l’après-midi est en effet à éviter : il dessèche et brunit le bord des folioles.
Au jardin, placez-le au soleil ou à mi-ombre.
Arrosage
Pendant la croissance, gardez le substrat à peine humide, jamais détrempé. Laissez la surface sécher entre deux arrosages, puis arrosez et ne laissez pas d’eau stagner dans la soucoupe. Un sol constamment mouillé est le moyen le plus rapide de perdre la plante. Un pot percé est indispensable.
Observez la plante plutôt qu’un calendrier : des feuilles qui pâlissent et des tiges qui s’affaissent annoncent souvent l’entrée en dormance, et non un manque d’eau.
Pendant la croissance, une humidité de l’air supérieure à 50 % donne un feuillage plus beau : un plateau de graviers humides aide en saison de chauffage. Apportez un engrais équilibré, dilué, une fois par mois uniquement quand la plante pousse activement ; jamais pendant le repos.
Substrat
Choisissez un terreau à base de terre, plutôt limoneux, allégé de perlite pour un bon drainage. La plante tolère un sol sableux, limoneux ou calcaire et un pH acide, neutre ou alcalin, à condition que l’eau s’écoule bien. En pleine terre, un sol frais mais bien drainé lui convient.
Températures
Le faux trèfle pourpre aime la fraîcheur : en journée, visez 16–21 °C, sans dépasser 24 °C, avec des nuits nettement plus fraîches, autour de 10–13 °C. Des nuits fraîches prolongent la floraison. En pot, ne le laissez pas descendre sous 10 °C tant qu’il est en végétation, et tenez-le à l’écart des bouches de chauffage et de climatisation. Au-dessus de 24 °C, il perd volontiers ses feuilles et entre en dormance.
Au jardin, il se cultive en pleine terre dans les zones USDA 8a à 11b. Il perd alors son feuillage en hiver et repart au printemps ; il ne supporte que des gelées légères, jusqu’à environ -5 °C, et seulement dans les régions douces, en situation abritée. Ailleurs, sortez le pot au printemps une fois les gelées passées et rentrez-le à l’automne.
La dormance. Après quelques mois de croissance, souvent en été après la floraison, parfois en automne ou à la suite d’un coup de chaud ou de sécheresse, le feuillage décline. Cessez d’arroser, laissez les feuilles sécher et brunir, puis coupez-les. Placez le pot dans un endroit frais et sombre : un mois suffit souvent aux formes pourpres, mais le repos peut durer jusqu’à trois mois. Dès que de nouvelles pousses apparaissent, ramenez la plante à la lumière, reprenez les arrosages et l’engrais.
Rempotage
L’oxalis aime être un peu à l’étroit dans son pot. Rempotez-le une fois par an, à la sortie de la dormance, au moment de la reprise : un substrat neuf évite le tassement et l’accumulation de sels. Ne passez au pot supérieur, d’une seule taille, que si la touffe paraît vraiment serrée. Replantez les rhizomes juste sous la surface du terreau.
Taille
L’entretien se limite à un nettoyage léger. Retirez les vieilles feuilles qui jaunissent, signe d’un vieillissement naturel, et, en début de dormance, coupez le feuillage une fois qu’il est complètement sec.
Multiplication
La division est la méthode la plus simple, à pratiquer pendant la dormance ou au moment du rempotage. Dépotez la touffe : les nombreux petits rhizomes se séparent facilement. Replantez-les par petits groupes, juste sous la surface d’un terreau bien drainé, puis arrosez modérément à la reprise et placez-les à la lumière.
On peut aussi détacher les écailles charnues des rhizomes : chacune peut donner une nouvelle plante. Le semis est également possible, mais la division reste la méthode recommandée.
Problèmes fréquents
- Feuillage qui pâlit et tiges qui s’affaissent : entrée en dormance, déclenchée par la fin de la floraison, la chaleur ou la sécheresse ; suivez la procédure de repos.
- Plante qui dépérit alors que le terreau reste mouillé : excès d’arrosage ou pot sans trou de drainage.
- Bords des folioles brûlés : soleil d’après-midi trop fort.
- Vieilles feuilles qui jaunissent une à une : simple vieillissement naturel.
- Feuilles et fleurs repliées le soir : comportement normal, aucune intervention nécessaire.
- Ravageurs : la plante est peu attaquée, mais des pucerons ou des aleurodes peuvent s’y installer de temps en temps.
Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : croisez toujours l’observation de la lumière, de l’arrosage, de la température et de la saison.
Toxicité
Toutes les parties de la plante contiennent des oxalates de calcium solubles. Elle est toxique pour les chiens, les chats et les chevaux : l’ingestion peut provoquer de la salivation et des tremblements, des coliques chez le cheval et, rarement chez le chien et le chat, une atteinte des reins. Les effets graves ne surviennent en général qu’après l’ingestion de grandes quantités. Pour l’humain, la toxicité est faible et la plante ne provoque pas de dermatite de contact. En cas d’ingestion, contactez un vétérinaire ou un centre antipoison.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Oxalis triangularis — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 3 octobre 2026)
- Shamrocks, Oxalis spp. — University of Wisconsin–Madison Division of Extension, Wisconsin Horticulture (consulté le 3 octobre 2026)
- False Shamrock Houseplant (Oxalis triangularis) — Plant Information Service research guide — New York Botanical Garden, LuEsther T. Mertz Library (consulté le 3 octobre 2026)
- Shamrocks and St. Patrick’s Day — Clemson Cooperative Extension, Home & Garden Information Center (consulté le 3 octobre 2026)
- How to identify and care for false shamrock? — Oregon State University Extension Service (consulté le 3 octobre 2026)
- Oxalis triangularis, purpleleaf false shamrock — Royal Horticultural Society (consulté le 3 octobre 2026)
- Shamrock Plant — Toxic and Non-Toxic Plants — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 3 octobre 2026)
- Oxalis triangularis A.St.-Hil. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 3 octobre 2026)


