Buisson arrondi de laurier-rose couvert de fleurs roses, sur un sol sec et caillouteux, avec des montagnes en arrière-plan en Turquie.
Photo : Zeynel Cebeci — CC BY-SA 4.0

Famille · Apocynaceae

Laurier-rose

Nerium oleander L.

Oléandre · Nérion

Synonymes : Nerium indicum Mill., Nerium odorum Aiton, Nerium odoratum Lam., Nerium kotschyi Boiss., Nerium mascatense A.DC., Nerium latifolium Mill., Nerium japonicum L.Gentil, Oleander vulgaris Medik., Oleander indica (Mill.) Medik., Nerion oleandrum St.-Lag.

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -12 °C
Lumière
Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
À éviter en dessous de
-5 °C
Hauteur en culture
1,2–2,5 m
Rusticité
Jusqu’à -12 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

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Arbuste persistant des lits de rivières méditerranéens, Nerium oleander fleurit généreusement de la fin du printemps à l’automne. Facile en grand pot sur une terrasse ensoleillée, il doit être abrité des fortes gelées et manipulé avec précaution : toutes ses parties sont très toxiques.

Identification et origine

Nerium oleander appartient à la famille des Apocynaceae. Son aire naturelle s’étend du pourtour méditerranéen, de l’Espagne et du Maroc jusqu’à la Grèce et la Turquie, à travers le Proche-Orient et la péninsule Arabique, jusqu’en Afghanistan, au Pakistan, en Inde et en Birmanie. Il y pousse dans des lits de rivières asséchés en été. On le trouve aujourd’hui naturalisé dans de nombreuses régions chaudes du monde. L’épithète oleander évoque l’olivier (Olea), dont ses feuilles rappellent la forme.

C’est un arbuste persistant arrondi, à croissance rapide. Ses feuilles étroites, linéaires-lancéolées, mesurent 10–18 cm de long pour moins de 3 cm de large ; opposées ou verticillées par trois ou quatre, elles montrent une nervure centrale bien marquée. Les fleurs à cinq pétales, de 3–4 cm, souvent parfumées, sont groupées en bouquets à l’extrémité des rameaux ; elles se déclinent en rose, blanc, rouge, pourpre, saumon ou jaune pâle, simples ou doubles. Les fruits sont de longues gousses qui s’ouvrent sur un côté.

En pleine terre sous climat doux, il atteint 1,5–6 m de haut. En bac, il mesure plutôt 1,2–2,5 m. Il existe des variétés naines de 60 cm – 1,2 m, comme ‘Petite Pink’ (rose pâle) ou ‘Petite Salmon’. Parmi les cultivars courants : ‘Calypso’ (rouge cerise, simple, très résistant au froid), ‘Hardy Pink’ (supporte mieux le froid), ‘Sister Agnes’ (blanc pur), ‘Mrs. Roeding’ (rose double) et ‘Variegatum’, au feuillage panaché.

Lumière

Le plein soleil est indispensable à une belle floraison. À mi-ombre, la plante s’étire, devient dégingandée et fleurit peu. Sur un balcon ou une terrasse, choisissez l’exposition la plus ensoleillée, idéalement au sud et à l’abri du vent. En hivernage, il lui faut au minimum une lumière modérée ; une pièce fraîche et très lumineuse lui convient encore mieux.

Arrosage

Une fois bien installé en pleine terre, le laurier-rose résiste remarquablement à la sécheresse : il ralentit sa croissance sans souffrir visiblement. En pot, la réserve d’eau est limitée : arrosez régulièrement pendant la croissance et la floraison, mais laissez le substrat sécher entre deux arrosages. Enfoncez un doigt dans la terre : tant qu’elle est fraîche, attendez.

En hivernage, au frais, la plante ne boit presque plus : n’arrosez que très peu, juste assez pour que la motte ne se dessèche pas complètement.

Substrat

En pleine terre, le laurier-rose s’accommode de sols argileux, limoneux, sableux ou caillouteux, acides comme calcaires, et même pauvres. Il tolère aussi les embruns et l’eau saumâtre, ce qui en fait un arbuste de choix en bord de mer.

En bac, il réussit mieux dans une terre fertile et bien drainée : utilisez un terreau à base de terre franche, sans tourbe, dans un contenant bien percé. En pleine terre, un seul apport d’engrais par an suffit.

Températures

Le laurier-rose est cultivé en pleine terre dans les zones USDA 8a à 10b. Les températures inférieures ou égales à 0 °C peuvent l’abîmer. Une plante en bac tolère quelques gelées légères ; vous pouvez la laisser dehors à l’automne tant que le thermomètre ne descend pas sous -5 °C, puis la ressortir dès que le temps le permet au printemps. Un hivernage court lui réussit le mieux.

Pour l’hiver, deux solutions : un local frais autour de 4–9 °C, avec une lumière modérée et très peu d’eau, ou une pièce fraîche et ensoleillée, avec des arrosages réduits. Sous une véranda ou en serre, aérez bien.

Rempotage

Cultivez-le dans un grand contenant bien drainé, rempli d’un terreau fertile à base de terre franche. Un sujet devenu trop grand pour son abri d’hiver se contient par la taille plutôt qu’en passant à un bac toujours plus volumineux. Le laurier-rose se prête aussi à la conduite sur tige : le port en boule sur un tronc court est courant en jardinerie et convient bien aux bacs.

À chaque manipulation, portez des gants et des manches longues : la sève peut irriter la peau de certaines personnes.

Taille

Au sortir de l’hiver, supprimez le bois mort et les rameaux abîmés par le gel. Une taille légère après la floraison, de la fin de l’été à l’automne, améliore la silhouette. Les fleurs apparaissent sur les pousses de l’année : ne taillez pas après le début de l’automne, sous peine de supprimer les futurs boutons. Sous abri, une taille de restriction se pratique en fin d’hiver ; la plante supporte une taille sévère si elle devient trop encombrante.

Arrachez les rejets de la base quand ils sont encore jeunes : ils détournent l’énergie de la plante et réduisent la floraison. Supprimez les fleurs fanées pour éviter la formation des gousses. Ne brûlez jamais les déchets de taille : la fumée est toxique.

Multiplication

Le bouturage de tige est l’une des méthodes recommandées. Prélevez en été des boutures semi-ligneuses, sur des tiges de l’année dont la base commence à durcir ; les boutures prélevées à la fin de l’été reprennent bien. Le marcottage aérien, qui fait raciner une branche encore attachée à la plante mère, se pratique au printemps.

Le semis est également possible. Portez des gants à chaque étape, car la sève est irritante.

Problèmes fréquents

  • Peu de fleurs : manque de soleil, taille trop tardive qui a supprimé les pousses florifères, ou rejets trop nombreux à la base.
  • Rameaux morts ou abîmés au sortir de l’hiver : dégâts de gel ; supprimez-les.
  • Cochenilles et cochenilles farineuses : amas cireux ou petites carapaces sur les tiges et le revers des feuilles, souvent accompagnés de fumagine, un dépôt noir qui se développe sur le miellat.
  • Pucerons sur les jeunes pousses, et acariens (araignées rouges) sous abri.
  • Chenilles : dans les régions chaudes où elle est présente, la chenille du laurier-rose peut défolier une plante en une ou deux semaines.
  • Taches foliaires : retirez et détruisez les feuilles atteintes.
  • Dépérissement : pourridié (Armillaria), plus rarement. Le laurier-rose est aussi un hôte à haut risque de la bactérie Xylella fastidiosa : n’introduisez que des plantes saines.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : croisez toujours l’observation de la lumière, de l’arrosage, du froid subi et des ravageurs.

Toxicité

Le laurier-rose est très toxique pour l’humain comme pour les chiens, les chats et les chevaux. Toutes ses parties, fraîches ou sèches, contiennent des glycosides cardiotoniques, notamment la nérioside et l’oléandroside. Leur ingestion provoque nausées, vomissements, douleurs abdominales, diarrhée parfois sanglante, vertiges, ralentissement ou troubles du rythme cardiaque, dilatation des pupilles, somnolence, et peut être mortelle ; mâcher une ou deux fois une feuille ou un rameau suffit à justifier une hospitalisation. Chez l’animal, on observe salivation, douleurs abdominales, diarrhée, coliques et abattement.

La fumée de la plante brûlée est elle aussi dangereuse, et la sève peut provoquer des réactions cutanées. Plantez-le loin des aires de jeux et des animaux, portez des gants pour le manipuler et, en cas d’ingestion, contactez immédiatement un centre antipoison ou un vétérinaire.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 29 septembre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 29 septembre 2026.

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