Touffes de misère pourpre aux longues feuilles pointues violettes, plantées sur un paillis, avec une étiquette « Purple Heart, Tradescantia pallida ‘Purpurea’ » dans un jardin botanique.
Photo : Michael Rivera — CC BY-SA 4.0

Famille · Commelinaceae

Misère pourpre

Tradescantia pallida (Rose) D.R.Hunt

Tradescantia pallida · Setcreasea

Synonymes : Setcreasea pallida, Setcreasea purpurea, Setcreasea jaumavensis, Setcreasea lanceolata, Tradescantia striata, Tradescantia velutina

L’essentiel

Culture
Intérieur ou extérieur selon le climatDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -1 °C
Lumière
Lumière vive indirecte – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Températures confortables
16–27 °C
À éviter en dessous de
10 °C
Hauteur en culture
15–30 cm
Rusticité
Jusqu’à -1 °C
Toxicité
Toxique pour chats et chiens

Dans les sélectionsPlantes d’intérieurPlantes d’extérieurPlantes faciles

Originaire du Mexique, Tradescantia pallida forme un tapis retombant de tiges charnues et de longues feuilles violettes, éclairé l’été de petites fleurs roses. Très facile à bouturer et tolérante à la sécheresse, elle demande surtout beaucoup de lumière pour garder sa couleur et un abri dès que les nuits fraîchissent.

Identification et origine

Tradescantia pallida appartient à la famille des Commelinaceae, celle des éphémères. Elle est originaire du Mexique, en particulier de la région du golfe du Mexique, du Tamaulipas jusqu’au Yucatán, où elle pousse comme couvre-sol. Elle s’est depuis naturalisée dans de nombreuses régions chaudes.

Décrite en 1911 sous le nom de Setcreasea pallida, elle a été rattachée au genre Tradescantia en 1975, mais les anciens noms Setcreasea pallida et S. purpurea restent très employés dans le commerce. L’épithète pallida signifie « pâle » : la forme sauvage a un feuillage gris-vert teinté de pourpre, assez terne. La plante cultivée presque partout est le cultivar ‘Purpurea’, parfois vendu sous le nom ‘Purple Heart’, dont les tiges et les feuilles sont d’un violet profond.

C’est une vivace persistante, rampante et retombante, de 15–30 cm de haut, dont les tiges s’étalent sur 30–60 cm ou davantage. Ces tiges épaisses et charnues sont fragiles : elles cassent facilement quand on les frôle, et elles s’enracinent au niveau des nœuds. Les feuilles alternes, lancéolées et pointues, mesurent 8–15 cm de long pour environ 3 cm de large ; couvertes de poils pâles, elles engainent la tige à leur base et se replient en gouttière.

Du milieu de l’été jusqu’en automne, et parfois à d’autres saisons, de petites fleurs roses à rose lilas s’ouvrent en bout de tige, entre deux bractées en forme de barque. Chacune compte trois pétales et des étamines jaune vif, mesure 1–4 cm de diamètre et ne s’ouvre que le matin d’une seule journée, mais d’autres prennent le relais.

Lumière

La couleur dépend directement de la lumière. En plein soleil, le feuillage prend son violet le plus intense ; à mi-ombre, la plante pousse encore, mais les feuilles verdissent et la couleur se délave. Dehors, offrez-lui donc au moins plusieurs heures de soleil direct par jour.

En intérieur, placez-la devant la fenêtre la plus lumineuse possible, en lumière vive. Derrière une vitre, le soleil brûlant de l’après-midi peut toutefois marquer les feuilles : une lumière filtrée à ce moment de la journée est préférable. Une plante qui verdit et dont les tiges s’allongent avec des feuilles espacées manque presque toujours de lumière.

Arrosage

La plante tolère bien la sécheresse grâce à ses tiges charnues, mais elle supporte aussi des arrosages fréquents tant que l’eau s’écoule bien. Pendant la croissance, arrosez modérément, quand les 2–3 cm supérieurs du substrat sont secs au toucher, puis videz la soucoupe.

En hiver, et notamment pour les potées rentrées à l’intérieur, réduisez nettement les arrosages : la croissance ralentit et un substrat détrempé au frais fait pourrir les racines. Une suspension au soleil sèche bien plus vite qu’un pot à l’ombre : vérifiez toujours le substrat.

Substrat

Choisissez un terreau riche, à base de terre et sans tourbe, qui reste légèrement frais tout en drainant bien. En pleine terre, elle s’accommode de sols argileux, limoneux ou sableux et d’un pH acide à alcalin, pourvu qu’ils soient bien drainés ; elle tolère aussi une certaine salinité.

Pendant la période de croissance, apportez un engrais environ une fois par mois. Pour les plantes hivernées à l’intérieur, cessez tout apport jusqu’à l’apparition de nouvelles pousses au printemps.

Températures

Comme les autres tradescantias tropicales et subtropicales, elle se plaît entre 16–27 °C. Elle ne supporte pas de descendre sous 10 °C : rentrez les potées bien avant les premières gelées, sans attendre que les nuits deviennent froides.

En pleine terre, elle est vivace dans les zones USDA 10a à 11b. Dans les climats un peu plus frais mais doux, la partie aérienne peut geler et la plante repartir de la souche au printemps ; ailleurs, on la cultive comme plante annuelle de massif ou comme plante d’intérieur. Elle supporte très bien la chaleur.

Rempotage

En pot, elle pousse vite et remplit rapidement son contenant. Rempotez au printemps, au moment où la croissance repart, dans un pot à peine plus grand et percé, avec un terreau à base de terre sans tourbe. Les jeunes boutures enracinées s’installent d’abord dans un petit pot de 15 cm au plus.

Avant de rentrer une potée pour l’hiver, vous pouvez la rabattre pour la rendre plus compacte.

Taille

Pincez régulièrement l’extrémité des tiges pour obtenir une plante dense et ramifiée. Après la floraison, raccourcissez les tiges défleuries : sans cela, la plante devient vite dégarnie et filandreuse. Retirez les tiges florales fanées au fur et à mesure.

En massif, abritez-la des vents forts qui brisent les tiges cassantes. Dans les régions chaudes, surveillez sa progression : elle se propage facilement et peut devenir envahissante dans les plates-bandes.

Multiplication

Le bouturage est la méthode la plus simple, et il réussit presque toujours. Au printemps ou en été, prélevez une extrémité de tige d’environ 15 cm, en coupant juste au-dessus d’un nœud. Enfoncez au moins un nœud dans un terreau léger, ou faites raciner la bouture dans un verre d’eau avant de l’empoter.

Pour une reprise plus sûre, placez le pot sous un sachet plastique, en lumière vive mais sans soleil direct. Quand une légère traction sur la tige rencontre une résistance, les racines sont formées : retirez alors le sachet progressivement, sur plusieurs jours, pour habituer la jeune plante à l’air ambiant. Des boutures peuvent aussi être hivernées à l’intérieur, sous un faible volume, pour être replantées l’année suivante. La division des touffes est également possible ; le semis, en revanche, est rare car les graines ne sont presque jamais disponibles.

Problèmes fréquents

  • Feuillage qui verdit, couleur délavée : manque de lumière.
  • Tiges longues et dégarnies : manque de lumière, ou absence de pincement et de taille après la floraison.
  • Tiges cassées : vent, passage fréquent, ou plante bousculée ; les morceaux se bouturent facilement.
  • Pourriture à la base : substrat détrempé, surtout en hiver au frais.
  • Feuilles abîmées après un coup de froid : exposition sous 10 °C.
  • Ravageurs : en intérieur, surveillez les cochenilles, à carapace ou farineuses, les pucerons, les acariens (araignées rouges) et les thrips ; l’otiorhynque peut s’attaquer aux racines. Dehors, les limaces, les escargots et les chenilles grignotent les jeunes pousses. La plante est en revanche généralement exempte de maladies.

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : observez ensemble la lumière, l’arrosage, la température et l’état des racines avant de conclure.

Toxicité

Sa toxicité est faible, mais réelle pour l’humain comme pour les chiens et les chats ; la substance en cause n’est pas identifiée. Toutes les parties de la plante sont concernées. L’ingestion peut irriter la bouche et l’estomac, et la sève des feuilles et des tiges peut provoquer rougeurs, irritations ou dermatite de contact chez les personnes sensibles comme chez les animaux, même si ces réactions restent peu fréquentes. Portez des gants pour tailler ou bouturer, placez les suspensions hors de portée des enfants et des animaux, et contactez un vétérinaire ou un centre antipoison en cas d’ingestion.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 28 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 28 octobre 2026.

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