Petites fleurs crème du tilleul à petites feuilles, aux longues étamines jaunes, entourées de boutons verts ronds et de feuilles vert foncé en cœur au bord finement denté.
Photo : Dinesh Valke — CC BY-SA 2.0

Famille · Malvaceae

Tilleul à petites feuilles

Tilia cordata Mill.

Tilleul des bois · Tilleul sauvage

Synonymes : Tilia angulata, Tilia betulifolia, Tilia bohemica, Tilia bracteolata, Tilia eriocarpa, Tilia foemina, Tilia hoffmanniana, Tilia hollandica, Tilia intermedia, Tilia jacquiniana, Tilia latebracteata, Tilia macrophylla, Tilia microphylla, Tilia nasczokinii, Tilia parvifolia, Tilia polyantha, Tilia rugosa, Tilia septemtrionalis, Tilia sibirica, Tilia sylvestris, Tilia tecksiana, Tilia ulmifolia

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -37 °C
Lumière
Lumière moyenne – Soleil direct
Eau
Arrosage modéré
Difficulté
Facile
Hauteur en culture
15–18 m
Rusticité
Jusqu’à -37 °C
Toxicité
Aucune toxicité signalée
Guide de culture en bonsaï →Emplacement, substrat, ligature et soins saisonniers

Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes facilesPlantes non toxiques pour les animaux

Grand arbre caduc d’Europe et d’Asie occidentale, le tilleul à petites feuilles se reconnaît à ses feuilles en cœur et à ses fleurs crème très parfumées, adorées des abeilles au cœur de l’été. Très rustique, peu exigeant sur la nature du sol et tolérant la taille sévère, il se plante en arbre d’ombrage, en haie ou en écran, et se prête aussi au bonsaï.

Identification et origine

Tilia cordata appartient à la famille des Malvaceae, celle des hibiscus et des mauves. Son aire d’origine couvre presque toute l’Europe, de l’Espagne, de la France et de la Grande-Bretagne à la Scandinavie, aux pays baltes, à l’Europe centrale et aux Balkans, puis s’étend vers l’est jusqu’à la Russie, au Caucase, à l’Iran, au Kazakhstan et à la Sibérie occidentale. Il s’est naturalisé dans plusieurs États des États-Unis et en Ouzbékistan. Son épithète, cordata, signifie « en forme de cœur », en référence à ses feuilles.

C’est un arbre de taille moyenne à grande, à la silhouette pyramidale puis ovale, qui forme une ombre dense. En culture, il atteint le plus souvent 15–18 m de haut pour 10,5–15 m de large, et dépasse parfois 20 m. Sa croissance est moyenne, bien plus lente sur un arbre stressé ; il lui faut vingt à cinquante ans pour atteindre sa taille adulte. Il émet parfois des rejets à sa base.

  • Feuilles : alternes, simples, en cœur avec une pointe au sommet, longues de 3–8 cm, au bord denté. Vert foncé et luisantes dessus, plus pâles dessous, elles sont glabres à l’exception de petites touffes de poils brun roux à l’aisselle des nervures, sur la face inférieure. Elles jaunissent à l’automne.
  • Fleurs : petites, jaune crème à jaune verdâtre, à cinq pétales, très parfumées. Elles pendent en bouquets de quatre à dix fleurs, attachés à une longue bractée en forme de languette, et s’ouvrent au milieu de l’été.
  • Fruits : de petites noix arrondies d’environ 1 cm, vert pâle puis beige clair, qui mûrissent en fin d’été en grappes pendantes.
  • Écorce : gris-brun et lisse sur le jeune arbre, elle se divise en plaques avec l’âge.
  • Rameaux et bourgeons : rameaux brun rouge, rouges dessus et vert olive dessous en hiver ; bourgeons lisses, rouge brillant, de moins de 0 cm, protégés par deux ou trois écailles.

Pour ne pas le confondre avec ses proches : le tilleul commun porte des poils blancs à l’aisselle des nervures, et le tilleul à grandes feuilles a toute la face inférieure de la feuille poilue.

Autrefois essence dominante des forêts, il est devenu rare dans les bois ; dans certaines régions d’Angleterre, sa présence signale une forêt ancienne. Son bois tendre, léger et au grain fin sert au tournage, à la sculpture et aux touches de piano ; on tirait aussi des cordes de son écorce. Le cultivar le plus répandu, ‘Greenspire’, supporte mieux la ville.

Lumière

Le tilleul à petites feuilles pousse en plein soleil comme à la mi-ombre, avec deux à six heures de soleil direct par jour. Il apprécie une exposition au sud, à l’ouest ou à l’est, à l’abri des vents froids. En bonsaï, un emplacement extérieur ensoleillé ou légèrement ombragé, bien aéré, lui convient ; il ne se garde pas longtemps en intérieur.

Arrosage

Il préfère un sol frais mais bien drainé. Il ne supporte ni les terrains détrempés ni les sécheresses sévères. Arrosez lors des périodes sèches, surtout les jeunes arbres : vérifiez l’humidité du sol en profondeur au pied de l’arbre et arrosez copieusement quand elle manque, plutôt que de suivre un calendrier.

En pot, arrosez généreusement dès que la surface du substrat est sèche, sans laisser d’eau stagner. En hiver, pendant le repos, arrosez moins, mais ne laissez jamais la motte se dessécher complètement.

Substrat

Il s’adapte à de nombreux sols : crayeux, argileux, sableux ou limoneux, acides, neutres ou alcalins, et tolère bien le calcaire. Il donne le meilleur dans une terre limoneuse, fertile, fraîche et bien drainée. Il supporte mal la pollution et les embruns salés : planté à tort le long des rues, il reste chétif, ses feuilles brûlent sur les bords et il résiste mal au vent. En pot ou en bonsaï, utilisez un substrat drainant.

Températures

L’arbre est rustique en zones USDA 3b à 7b ; il supporte sans difficulté les hivers de toute l’Europe du Nord. En pleine terre, il ne demande aucune protection. En pot, la motte est beaucoup plus exposée : en bonsaï, il résiste jusqu’à environ -12 °C, et les jeunes sujets se protègent des fortes gelées sous châssis froid ou avec un paillage. Il a besoin d’un repos hivernal au froid.

Rempotage

En pleine terre, c’est un arbre de parc ou de très grand jardin : prévoyez plus de 18 m d’espace libre. Il s’utilise en arbre d’ombrage isolé sur une pelouse, en haie ou en écran.

En pot et en bonsaï, rempotez les jeunes sujets tous les deux ans, au début du printemps, avant le débourrement ; les arbres âgés tous les trois ou quatre ans. La taille des racines reste modérée, afin de garder un système racinaire équilibré.

Taille

Conduit en arbre, il demande très peu de taille, mais il tolère très bien la taille sévère. C’est ce qui permet de le conduire en têtard, en recépage ou en rideau palissé, et de le tailler en haie ou en écran.

En bonsaï, des tailles fréquentes au printemps et en été maintiennent une croissance compacte et affinent la ramification : laissez les pousses développer trois ou quatre nœuds, puis ramenez-les à une ou deux feuilles. Ses petites feuilles réduisent bien en culture, ce qui en fait une bonne essence pour cet usage.

Multiplication

  • Semis : les graines ont besoin d’une stratification au froid. Placez-les en godets à l’extérieur au printemps pour qu’elles subissent cette stratification.
  • Bouturage : des boutures herbacées prélevées au début de l’été s’enracinent facilement, surtout avec un peu d’hormone de bouturage.
  • Greffage : greffe ou écussonnage en chip-budding sur un porte-greffe choisi avec soin ; c’est la méthode utilisée pour reproduire les cultivars.

Problèmes fréquents

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : des feuilles brûlées sur les bords peuvent venir de la sécheresse, du sel ou d’un emplacement trop exposé. Observez l’arbre avant de traiter.

  • Ravageurs : aucun problème grave en général. Le scarabée japonais peut squelettiser le feuillage, là où il est présent. On rencontre aussi pucerons, cochenilles, chenilles, tenthrèdes, mineuses, tigres, insectes foreurs et acariens à galles, dont celui des galles en clou. Les araignées rouges apparaissent par temps chaud et sec.
  • Maladies : oïdium, taches foliaires, fumagine, chancres, parfois suintants, pourriture des racines à Phytophthora et armillaire. La verticilliose est rare mais peut tuer l’arbre.

L’arbre est précieux pour la faune : ses fleurs nourrissent les abeilles, qui en tirent un miel réputé, et ses feuilles les chenilles de plusieurs papillons de nuit, dont le sphinx du tilleul.

Toxicité

Aucune toxicité n’est signalée : le tilleul à petites feuilles ne figure pas parmi les plantes toxiques pour les chiens et les chats répertoriées par les références vétérinaires, et le tilleul d’Amérique, espèce voisine, est classé non toxique pour ces animaux. Évitez néanmoins que les enfants ou les animaux mâchent ses feuilles ou ses rameaux.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 23 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 23 octobre 2026.

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