Futaie de séquoias à feuilles d’if dans le Grizzly Creek Redwoods State Park, en Californie : énormes troncs droits à l’écorce brun-rouge profondément fibreuse, sous un feuillage vert clair.
Photo : Jason Hollinger — CC BY 2.0

Famille · Cupressaceae

Séquoia toujours vert

Sequoia sempervirens (D.Don) Endl.

Séquoia à feuilles d’if · Séquoia de Californie

Synonymes : Taxodium sempervirens D.Don, Condylocarpus sempervirens Salisb. ex Carrière, Gigantabies taxifolia J.Nelson, Schubertia sempervirens (Lamb.) Spach, Sequoia pyramidata Carrière, Sequoia religiosa C.Presl, Sequoia taxifolia K.Koch, Steinhauera sempervirens (D.Don) Voss, Taxodium nutkaense Lamb. ex Endl.

L’essentiel

Culture
ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -18 °C
Lumière
Lumière moyenne – Soleil direct
Eau
Arrosage fréquent
Difficulté
Intermédiaire
Hauteur en culture
18–61 m
Rusticité
Jusqu’à -18 °C
Toxicité
Aucune toxicité signalée
Guide de culture en bonsaï →Emplacement, substrat, ligature et soins saisonniers

Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes non toxiques pour les animaux

Conifère persistant de la côte pacifique, le séquoia toujours vert est l’arbre le plus haut du monde et peut vivre plus de deux mille ans. Il réclame un sol frais, acide et profond, un air humide et des hivers doux ; sa vigueur et sa capacité à rejeter de souche en font aussi un sujet recherché en bonsaï.

Identification et origine

Sequoia sempervirens appartient à la famille des Cupressaceae. Il est originaire d’une étroite bande côtière qui va du sud-ouest de l’Oregon au centre de la Californie, et s’est naturalisé en France, en Grande-Bretagne, en Italie et aux Baléares. Dans son aire naturelle, il ne s’éloigne guère à plus d’une soixantaine de kilomètres de l’océan : il dépend des brouillards d’été, qui limitent l’évaporation et compensent la sécheresse d’un climat aux hivers frais et pluvieux et aux étés secs. Il pousse surtout sur les terrasses alluviales et les plaines côtières, du niveau de la mer jusque vers trois cents mètres d’altitude, rarement plus haut. C’est l’arbre emblème de la Californie.

Les records sont spectaculaires : les vieux arbres atteignent couramment soixante à cent mètres, et le plus haut jamais mesuré dépasse cent quinze mètres. Le tronc, souvent large de trois à plus de quatre mètres, s’évase en contreforts à la base et porte fréquemment des broussins, ces excroissances arrondies garnies de bourgeons. Le plus vieil individu connu avait environ deux mille cinq cents ans. En culture, comptez plutôt 18–61 m de haut pour 4,5–7,5 m de large, avec une croissance rapide, de l’ordre de 90 cm par an chez un jeune arbre.

L’écorce brun-rouge, fibreuse et profondément sillonnée, peut atteindre 30 cm d’épaisseur ; elle protège les grands arbres du feu. Le feuillage est double. Sur les pousses de tête et les rameaux fertiles, les aiguilles sont courtes, triangulaires et plaquées contre la tige. Sur les rameaux latéraux, elles sont linéaires, plates et raides, disposées sur deux rangs, vert vif dessus et marquées dessous de deux bandes blanches ; elles mesurent de 0 cm à 3 cm. Les cônes femelles, ovoïdes et brun-rouge, mesurent 1–4 cm et mûrissent dès leur première année.

Ne le confondez pas avec le séquoia géant de la Sierra Nevada, plus massif mais moins haut, ni avec le métaséquoia, son cousin chinois qui perd ses aiguilles en hiver. Quelques cultivars existent : ‘Adpressa’, nain à pointes blanches, ‘Albospica’ aux jeunes pousses blanches, ‘Kelly’s Prostrate’ au port rampant, ou ‘Yurok Prince’, un arbuste de 60 cm – 1,2 m.

Lumière

Le séquoia pousse en plein soleil comme à mi-ombre, avec seulement deux à six heures de soleil direct par jour. C’est l’un des conifères qui tolèrent le mieux l’ombre : jeune, il s’installe sans difficulté sous le couvert d’autres arbres. En bac, la pleine lumière donne une pousse plus compacte, mais protégez-le du soleil brûlant des étés chauds.

Arrosage

Il aime une terre constamment fraîche, supporte un sol parfois détrempé mais pas la sécheresse. Hors de son climat brumeux, un jeune arbre a besoin d’arrosages copieux pendant les étés secs : vérifiez la terre en profondeur et arrosez dès qu’elle commence à sécher, sans suivre de calendrier.

En pot, ne laissez jamais la motte se dessécher. Contrôlez la surface chaque jour pendant la belle saison : il faut souvent arroser chaque jour ou tous les deux jours, beaucoup moins en hiver. Un substrat gorgé d’eau en permanence fait toutefois pourrir les racines. Par air sec, bassinez le feuillage en même temps.

Substrat

Il préfère un sol profond, riche en matière organique, acide et bien drainé, idéalement d’un pH inférieur à 6. Il redoute les sols secs et compactés. En bac, choisissez un mélange qui retient l’eau tout en s’égouttant bien.

Températures

Le séquoia est rustique en zones USDA 7a à 9b. En pleine terre, sa limite de résistance au froid se situe entre -12 °C et -7 °C selon les arbres et la durée du gel. Un sujet en pot est bien plus fragile : ses racines souffrent dès que la température descend sous 0 °C, et le gel peut faire mourir des branches entières. Abritez-le en hiver dans un local froid et lumineux ou une serre non chauffée. Il supporte les fortes chaleurs, au-delà de 38 °C, s’il est ombré, mais craint les embruns salés.

Rempotage

En pleine terre, prévoyez une place à sa mesure : un arbre adulte demande plus de 18 m d’espace dégagé. Son enracinement est profond et très étendu, sans pivot.

En pot, ses racines vigoureuses remplissent vite le contenant et soulèvent la motte. Rempotez environ tous les deux ans, au milieu ou à la fin du printemps, quand les bourgeons gonflent, en taillant nettement les racines. Ne mettez jamais la motte entièrement à nu : laissez toujours une partie de l’ancienne terre autour des racines. Après le rempotage, protégez l’arbre du soleil fort et du vent.

Taille

En pleine terre, il ne demande guère de taille : avec l’âge, il perd naturellement ses branches basses et, en peuplement dense, s’élague seul. Supprimez simplement le bois mort ou cassé.

En bac, il produit de très nombreux bourgeons, surtout autour des plaies de taille. Retirez ceux qui sont inutiles dès qu’ils apparaissent. Ne taillez que les rameaux déjà lignifiés : une coupe sur une pousse encore tendre fait redémarrer la croissance à la base de la branche. Intervenez au printemps avant le départ de la végétation, en été une fois la pousse durcie, ou en fin d’automne.

Multiplication

  • Semis : aucun traitement préalable n’est nécessaire. Semez sur un substrat minéral humide, à mi-ombre. Le taux de germination reste faible, autour de dix pour cent, car beaucoup de graines sont vides. Les jeunes plants n’ont pas de poils absorbants : leur terre ne doit jamais sécher. Ils peuvent pousser de 46 cm dès la première saison.
  • Boutures : les boutures prélevées sur de jeunes plants de deux ou trois ans s’enracinent très bien ; celles d’arbres âgés reprennent mal. Les boutures de racines et les grosses boutures de branches réussissent aussi.
  • Marcottage aérien : une méthode fiable.

Dans la nature, il se régénère surtout par des rejets qui partent de la souche, de la base du tronc ou des broussins, et peuvent grandir de 2,1 m en une saison.

Problèmes fréquents

Un même symptôme peut avoir plusieurs causes : un brunissement des aiguilles peut venir du gel, d’un coup de sec, d’un excès d’eau ou d’un champignon. Observez l’arbre et ses conditions de culture avant de traiter.

  • Insectes : ils causent rarement des dégâts notables.
  • Chancre des rameaux : il peut encercler et faire mourir tiges et branches.
  • Pourritures du cœur du bois : surtout sur les vieux arbres blessés.
  • Pourriture des racines : en pot, dans un substrat qui reste détrempé.
  • Araignées rouges : en pot, sous un climat sec.
  • Taches rouges sur le feuillage : une maladie fongique qui peut apparaître en culture en pot et se soigne avec un simple fongicide.
  • Sol tassé : le piétinement autour du tronc abîme les racines.
  • Rongeurs : ils peuvent écorcer les jeunes plants.

Toxicité

Aucune toxicité n’est signalée pour les chiens et les chats : le séquoia toujours vert ne figure pas parmi les plantes toxiques répertoriées pour ces animaux. Évitez néanmoins que les enfants ou les animaux en mâchent des parties.

Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.

Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.

Sources

Dernière révision : 29 octobre 2026. Nom accepté vérifié dans la World Checklist of Vascular Plants (Kew) le 29 octobre 2026.

Guide de culture en bonsaï

Séquoia toujours vert en bonsaï — Séquoia toujours vert en bonsaï : plein soleil, abri contre le gel, arrosage abondant, ébourgeonnage, ligature lignifiée et rempotage tous les deux ans.

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