
Famille · Cupressaceae
Thuya occidental
Thuja occidentalis
Thuya du Canada · Cèdre blanc · Arbre de vie
Synonymes : Thuja odorata, Thuja obtusa, Thuja procera, Thuja canadensis, Cupressus arborvitae, Thuja theophrasti
L’essentiel
- Culture
- ExtérieurDehors toute l’année si les minimales restent au-dessus de -40 °C
- Lumière
- Lumière vive indirecte – Soleil direct
- Eau
- Arrosage modéré
- Difficulté
- Facile
- Hauteur en culture
- 12,2–18,3 m
- Rusticité
- Jusqu’à -40 °C
- Toxicité
- Toxique pour chats et chiens
Dans les sélectionsPlantes d’extérieurPlantes faciles
Conifère des forêts fraîches et des marais de l’est de l’Amérique du Nord, le thuya occidental porte un feuillage en écailles disposé en éventails aplatis, au parfum marqué quand on le froisse. Très rustique, il supporte bien la taille et forme depuis des siècles des haies et des écrans persistants, à condition de ne jamais manquer d’eau.
Identification et origine
Thuja occidentalis appartient à la famille des Cupressaceae. Il est originaire du centre et de l’est du Canada et du nord-est des États-Unis, du golfe du Saint-Laurent au Manitoba et aux Grands Lacs, avec des populations isolées le long des Appalaches jusqu’au Tennessee et à la Caroline du Nord. Fréquent dans les marais, il prospère surtout sur sols drainés. Un jeune plant rapporté du Saint-Laurent par Jacques Cartier, probablement en 1536, aurait longtemps vécu à Fontainebleau : ce fut l’un des premiers arbres nord-américains cultivés en Europe, sous le nom d’« arbre de vie ».
Dans la nature, c’est un arbre de 12,2–18,3 m de haut pour 3–4,6 m de large, au tronc de 60–90 cm de diamètre. En jardin, il dépasse rarement 6,1–9,1 m. Sa croissance est lente à modérée. Sa silhouette est dense, conique à pyramidale ; le tronc, souvent tordu, se divise volontiers en plusieurs tiges. L’écorce grise à brun-rouge se détache en lanières étroites et fibreuses.
Les feuilles, des écailles d’environ 0 cm, forment des rameaux aplatis disposés en plans horizontaux. Vert foncé dessus, plus pâles dessous, elles portent chacune une petite glande résineuse et dégagent, froissées, une odeur forte proche de la tanaisie. En hiver, le feuillage de l’espèce prend souvent une teinte bronze ou brun jaunâtre. Contrairement au thuya géant, le dessous des rameaux ne montre pas de taches blanchâtres.
Les cônes, oblongs, mesurent 1–1 cm et comptent quatre à cinq paires d’écailles. D’abord vert jaunâtre, ils virent au brun cannelle pâle à la fin de l’été, puis s’ouvrent une à deux semaines plus tard et libèrent des graines ailées.
Parmi les nombreux cultivars, ‘Smaragd’ forme une colonne étroite de 3–4,6 m qui reste verte en hiver, et ‘Holmstrup’ atteint 1,8–2,4 m. ‘Danica’ et ‘Golden Globe’ sont des boules naines ; ‘Rheingold’, jaune orangé, se cuivre en hiver.
Lumière
Le thuya occidental pousse au mieux en plein soleil, avec au moins six heures de lumière directe par jour. Il tolère la mi-ombre, mais en ombre dense il devient lâche et clairsemé. Les jeunes sujets craignent les vents desséchants : un emplacement abrité, à l’est ou au nord-est, limite les brûlures hivernales.
Arrosage
C’est un arbre des sols frais, qui supporte mal la sécheresse. Observez la terre plutôt que le calendrier : quand elle commence à sécher sous la surface, arrosez copieusement, au pied plutôt que par aspersion. Pendant les périodes sèches, même un sujet installé a besoin d’eau ; un sujet planté récemment, aux racines encore superficielles, en réclame davantage. L’espèce tolère les sols humides, mais pas les sites secs et exposés au vent.
Continuez à surveiller l’humidité à l’automne, tant que le sol n’est pas gelé : une motte bien humide avant les fortes gelées réduit le dessèchement hivernal du feuillage. Un paillis de 5 cm sur sol argileux ou de 10 cm sur sol sableux, tenu à 10 cm du tronc, limite l’évaporation et les écarts de température du sol.
Substrat
Il préfère une terre profonde, limoneuse, fraîche et bien drainée. Il pousse aussi en sol argileux, sableux ou crayeux, avec un pH d’environ 6 à 8 et une préférence pour les sols neutres à alcalins. Il tolère les terrains pauvres et caillouteux, la pollution urbaine et le voisinage du noyer noir. En bac, choisissez une terre drainante qui reste fraîche et plutôt une forme naine.
Températures
Très rustique, il convient aux zones USDA 3a à 7b ; des cultivars comme ‘Danica’ supportent des froids inférieurs à -20 °C. Il tolère mal la chaleur extrême associée à la sécheresse. Son point faible est la brûlure hivernale : par temps ensoleillé et venteux, le feuillage perd de l’eau que des racines prises dans le sol gelé ne remplacent pas. Sur les côtés exposés, tendez une toile de jute sur des piquets de 1,2–1,5 m, à environ 60 cm du feuillage, sans emballer la plante serrée, et retirez-la au printemps. En pot, isolez le contenant en hiver.
Rempotage
Il se transplante facilement, en conteneur comme en motte. Plantez au début du printemps ou entre la fin de l’été et le début de l’automne. Son enracinement est superficiel et étalé : en haie, laissez à chaque sujet assez de place. Les petites formes en boule conviennent aux bacs, à condition de protéger le pot des gelées et de surveiller l’arrosage.
Taille
Hors haie, il n’a besoin d’aucune taille. Il supporte bien la tonte : une taille légère chaque année suffit à contenir une haie. Évitez de tailler à la fin de l’été ou au début de l’automne, car les repousses n’auraient pas le temps de s’endurcir. Après une brûlure hivernale, attendez le milieu du printemps : grattez l’écorce ; si le tissu est vert, le rameau peut repartir ; s’il est brun, coupez jusqu’à un rameau vivant, parfois loin dans la ramure.
Multiplication
Les cultivars se multiplient par boutures semi-ligneuses ou par marcottage ; dans les endroits humides, l’espèce se marcotte spontanément. Pour le semis, récoltez les cônes quand ils passent du jaune au brun, avant leur ouverture, et laissez-les sécher une à trois semaines. Certains conseillent un passage de un à deux mois au frais et humide, vers 1–5 °C, pour une germination plus régulière. Le semis d’automne est préféré ; couvrez à peine les graines, de 0–1 cm au plus.
Problèmes fréquents
Un brunissement peut avoir plusieurs causes : brûlure hivernale, sécheresse, sel, ombre, ravageur ou maladie. Un léger brunissement de l’intérieur de la ramure à l’automne est normal. Observez la répartition des dégâts avant d’agir.
- Cerfs et chevreuils : ils broutent volontiers le feuillage en hiver ; ‘Holmstrup’ est moins attaqué.
- Ravageurs : chenilles à fourreau, les plus courantes (retirez les fourreaux à la main), mineuse qui dessèche le bout des rameaux, acariens, cochenilles et pucerons des conifères.
- Maladies : chancres, dont le chancre à Coryneum, brûlure du thuya, dessèchement des pointes et pourridié-agaric.
- Dégâts physiques : neige lourde et verglas cassent facilement les branches de l’espèce ; les cultivars y sont moins sujets.
Toxicité
Le thuya occidental est toxique. Ses rameaux et ses cônes contiennent une huile essentielle riche en monoterpènes, dont la thuyone. Ingérés, ils provoquent douleurs abdominales, vomissements parfois sanglants et diarrhée ; en très grande quantité, surtout en infusion, troubles de la conscience, convulsions et atteintes du foie et des reins. Des contacts répétés irritent la peau, et la sève dans l’œil cause brûlure et rougeur : portez des gants pour tailler. Il est aussi toxique pour les animaux, même s’il manque sur certaines listes vétérinaires : ne leur laissez pas mâcher ses branches. En cas d’ingestion importante ou de symptômes, contactez un centre antipoison ou un vétérinaire.
Borne basse de la zone de rusticité citée : indicatif, à croiser avec l’exposition, le drainage et la durée du froid.
Ces repères sont des points de départ. Observez votre plante : l’arrosage dépend de la lumière, de la température, du pot et du substrat, et un même symptôme peut avoir plusieurs causes.
Sources
- Thuja occidentalis L. — World Checklist of Vascular Plants — Royal Botanic Gardens, Kew (via GBIF) (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja occidentalis L. — International Plant Names Index — IPNI (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja occidentalis (American Arborvitae, Eastern White-Cedar, Northern White-Cedar) — Plant Toolbox — North Carolina State University Extension (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja occidentalis — Plant Database — University of Connecticut (consulté le 22 octobre 2026)
- Eastern arborvitae (Thuja occidentalis) — The Morton Arboretum (consulté le 22 octobre 2026)
- Northern white-cedar — Thuja occidentalis — University of Minnesota (consulté le 22 octobre 2026)
- White-Cedar, Northern or E. Arborvitae — Tree Browser — Utah State University Extension (consulté le 22 octobre 2026)
- Arborvitae — Iowa State University Extension and Outreach (consulté le 22 octobre 2026)
- The Mighty Arborvitae — Penn State Extension (consulté le 22 octobre 2026)
- Winter Burn — University of Wisconsin–Madison Extension (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja occidentalis — Trees and Shrubs Online (International Dendrology Society) (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja L. — arborvitae (Woody Plant Seed Manual, Agriculture Handbook 727) — USDA Forest Service (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja occidentalis — white cedar — Royal Horticultural Society (consulté le 22 octobre 2026)
- Thuja occidentalis 'Danica' — white cedar 'Danica' — Royal Horticultural Society (consulté le 22 octobre 2026)
- Arbor vitae — BfR poisonous plants in the garden — German Federal Institute for Risk Assessment (BfR) (consulté le 22 octobre 2026)
- Toxic and Non-Toxic Plant List — Dogs — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 22 octobre 2026)
- Toxic and Non-Toxic Plant List — Cats — ASPCA Animal Poison Control Center (consulté le 22 octobre 2026)
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